Research studies

Mauritania, a strategic obstacle in the regional power struggle between Morocco and Algeria

La Mauritanie, un verrou stratégique dans le jeu de puissance régionale entre le Maroc et l’Algérie

 

Prepared by the researcheAkki Fouad  – PhD student researcher in Public Law and Political Sciences – Faculty of Social, Economic, and Judiciary Sciences-Agdal. Mohammed V University-Rabat – Public Law and Political Sciences Research Laboratory

DAC Democratic Arabic Center GmbH

Journal of Strategic and Military Studies : Twenty-ninth Issue – December 2025

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
 ISSN  2626-093X
Journal of Strategic and Military Studies

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  • : 0009-0003-7661-9336
Published Accepted Received
31/12/2025 20/11/2025 18/10/2025

DOI : https://doi.org/10.63939/JSMS.2025-Vol8.N29.160-174

Akki Fouad. (2025). Mauritania; a strategic obstacle in the regional power struggle between Morocco and Algeria.  Journal of Strategic and Military Studies,, volume8  (issue29), pp 160- 174.

Abstract
From a dynamic geostrategic perspective, the aim of this article is to provide depth analysis of Mauritania’s place in the game of geopolitical rivalry and influence between Morocco and Algeria for regional leadership in the Maghreb, the Sahel and West Africa. Aware of the strategic importance of its geographical position and its decisive role in the African policy of these two antagonists, Nouakchott intends to play the subtle card of neutrality in its favor, both economically and politically. For the Kingdom of Morocco, the stakes represented by this lock are vital both its geoeconomic interests in the region and for the overall defense of its sovereignty and territorial integrity. For its part, Algeria, aware of the extent of the credibility of Moroccan economic and political initiatives in the Sahel-West Africa region, is trying to sabotage them by exerting pressure on Nouakchott or by cloning, but to no avail, the major Moroccan economic projects that are highly successful in Mauritania and the rest of Africa, particulary in the Sahel and in ECOWAS.
Keywords: Geopolitical rivalry; regional leadership; Morocco; Algeria; Mauritania.
© 2025, Akki, licensee Democratic Arab Center. This article is published under the terms of the Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International (CC BY-NC 4.0), which permits non-commercial use of the material, appropriate credit, and indication if changes in the material were made. You can copy and redistribute the material in any medium or format as well as remix, transform, and build upon the material, provided the original work is properly cited.

 

AKKI FOUAD  – Doctorant chercheur en Droit Public et Sciences Politiques – Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales-Agdal Université Mohammed V-Rabat – Laboratoire de Recherche en Droit Public et Sciences Politiques.

  • : 0009-0003-7661-9336
Publié le Accepté le Reçu le
31/12/2025 20/11/2025 18/10/2025

DOI : https://doi.org/10.63939/JSMS.2025-Vol8.N29.160-174

 

AKKI FOUAD. (2025). La Mauritanie, un verrou stratégique dans le jeu de puissance régionale entre le Maroc et l’Algérie. Journal of Strategic and Military Studies,, Volume 8 (Numéro29), pp 160- 174.
Résumé
S’inscrivant dans une perspective géostratégique dynamique, l’effet recherché de cet article est d’analyser en profondeur la place de la Mauritanie dans le jeu de rivalité géopolitique et d’influence que se livrent le Maroc et l’Algérie sur le leadership régional dans l’espace maghrébin, sahélien et ouest africain. Consciente de l’importance stratégique de sa position géographique et de son rôle déterminant dans la politique africaine de ces deux antagonistes, Nouakchott entend mettre en sa faveur, économiquement et politiquement, la carte nuancée de la neutralité. Pour le Royaume du Maroc, les enjeux que représente ce verrou sont vitaux tant pour ses intérêts géoéconomiques dans la région que pour la défense globale du pays en particulier la sanctuarisation de la souveraineté de son intégrité territoriale. L’Algérie de son côté, ayant senti l’ampleur de la crédibilité des initiatives économiques et politiques marocaines dans l’espace sahélo-ouest africain, tente de les saboter en faisant à la fois usage de pression sur Nouakchott et en clonant, mais en vain, les grands projets économiques marocains très structurants en Mauritanie comme dans le reste de l’Afrique notamment au Sahel et dans la CEDEAO.

Mots clés: Rivalité géopolitique ; leadership régional ; Maroc ; Algérie ; Mauritanie.

1-Introduction

La Mauritanie était, elle l’est aujourd’hui davantage et elle le sera pour longtemps, le centre de polarisation entre le Maroc et l’Algérie dans la rivalité au leadership dans la région maghrébine, au Sahel et dans l’Afrique de l’Ouest (Laredj, 2024). Sa position de trait d’union entre le Grand Maghreb Arabe et le monde sahélo-saharien lui confère, en effet, une place géostratégique incontournable dans la politique de compétition régionale de ses deux puissants voisins du nord. Cette posture de nœud géographique critique, se trouve amplifié de plus en plus par un contexte sous-régional d’instabilité politique, de menaces sécuritaires et des conditions socioéconomiques précaires dans l’espace du Sahel devenu champ de compétition par excellence entre Rabat et Alger.[1]

 Dans cet environnement, l’Algérie n’a pas hésité à faire usage de tous les attributs de puissance dont elle dispose pour nuire aux intérêts stratégiques du Royaume du Maroc, en armant et en soutenant, entre autres, les milices du Polisario. Le but étant de porter atteinte à la souveraineté territoriale du Maroc en cherchant à le séparer géographiquement de sa profondeur africaine. L’effet géostratégique recherché de cette politique d’hostilité chronique de l’Algérie vis-à-vis du Maroc est double : affaiblir durablement le Maroc, et permettre à Alger d’avoir un accès sur l’océan Atlantique via la création d’une entité fantoche au service de ses ambitions belliqueuses.

Pour le Maroc, les liens historiques, culturelles, géographiques, mais surtout économiques et sécuritaires présents et futurs, en font de la Mauritanie le centre de gravité de toute sa stratégie africaine au Sahel et dans l’Afrique de l’Ouest. Sur ce point précis, cette importance stratégique particulière pour la défense globale du Royaume, notamment la sanctuarisation de ses provinces sahariennes, trouve toute sa dimension géopolitique après l’Initiative Royale Sahélo-Atlantique[2]visant à désenclaver les pays de cet espace en leur donnant une ouverture sur la mer.

S’agissant de la Mauritanie qui cherche à se dégager de la trappe géostratégique des hostilités Algéro-Marocaine, sans se brouiller avec l’un ou provoquer une crise avec l’autre, elle semble choisir depuis plusieurs années une politique de neutralité et d’équilibre dans la gestion de ses relations avec ces deux voisins rivaux (Le Roux, 2024) Dans ce jeu subtil de rester à distance de la conflictualité entre le Maroc et l’Algérie, malgré sa reconnaissance du Polisario, la Mauritanie semble donner le primat à ses intérêts économiques et à sa stabilité politique.

La problématique centrale de la place de la Mauritanie dans la course entre l’Algérie et le Maroc au leadership dans le Maghreb et au Sahel, est multidimensionnelle. Elle questionne tant sur la nature et les aspects de la rivalité entre ses deux voisins que sur les conséquences qu’ils engendrent dans ces deux espaces géographiques. Elle soulève parallèlement le besoin d’étudier attentivement la position déterminante de Nouakchott sur l’équilibre des rapports de force dans cette compétition. Dès lors, deux questions principales se profilent : quels sont les enjeux réels qui déterminent cette rivalité entre Rabat et Alger avec son corollaire d’occasions ratées pour faire décoller toute la région ? Ensuite, dans quelle mesure la Mauritanie réussira-t-elle à maintenir sa politique de neutralité à la fois fragile, mais qui reste déterminante pour sa stabilité et son essor socioéconomique ?

En vue de cerner les contours de toutes ces questions, notre étude s’est appuyée sur l’examen de la littérature disponible portant sur la thématique tels que des livres de spécialistes sur la question, des travaux académiques et universitaires ainsi que des rapports et articles de recherche. Dans ce cadre, notre démarche méthodologique se basera sur une approche holistique, à la fois géopolitique, géoéconomique et aussi historique qui nous permettra de diagnostiquer dans toutes ses dimensions l’ensemble des soubassements de cette conflictualité. Pour ce faire, nous allons dans un premier temps analyser les principaux enjeux géostratégiques et géoéconomiques qui déterminent l’essence de la rivalité Algéro-Marocaine dans le paysage sahélo-saharien y compris la Mauritanie, ainsi que les répercussions qui en découlent ; ensuite dans un second volet, soumettre au prisme de la durabilité la position mauritanienne de neutralisme dans ses relations entre le Maroc et l’Algérie et les risques pour ces deux pays en cas de rupture de cet équilibre précaire.

2- Une rivalité Algéro-Marocaine aux enjeux multiples

Dans la géopolitique des Etats, l’espace dans sa dimension globale reste un déterminant capital dans la définition des stratégies entre Rabat et Alger. A ce titre comme le souligne Raymond Aron, il « peut être considéré tour à tour comme un lieu, théâtre et enjeu de la politique étrangère » (Aron, 2024). Ce postulat explique largement la volonté algérienne d’empêcher le Maroc de récupérer ses provinces sahariennes, en créant et en armant massivement les séparatistes du Polisario pour attaquer le territoire marocain. Cette action hostile qui fait fi des règles du bon voisinage, a été conjuguée à une stratégie de mobilisation sans précédent de toutes les ressources financières et actions diplomatiques de l’Algérie pour nuire aux intérêts vitaux du Maroc, notamment dans ses relations avec la Mauritanie. Trois enjeux géostratégiques se précisent de cette politique de rivalité maroco-algérienne : Ils sont d’ordre territorial, économique, mais aussi de défense et de sécurité.

2.1- Décryptage d’une stratégie territoriale algérienne d’isolement du Maroc

La géopolitique des frontières entre le Maroc et l’Algérie est fondamentale pour comprendre les tensions récurrentes entre les deux pays (Si Zoubir., 2022). Elle est étroitement liée à l’histoire de la conquête française de l’Algérie en 1830 (B. Lugan, 2025). La défaite en 1844, des armées marocaines alliées de l’émir Abdelkader par les troupes françaises à l’oued d’Isly dans la région d’Oujda, rendit nécessaire l’établissement d’un tracé frontalier entre le Maroc et l’Algérie. Le traité de Lalla Maghnia[3] de 1845 en fixa alors, les limites aux rives de l’oued Kiss situé sur la frontière dans la région de l’Orientale. Toutefois, au fil de la colonisation française, des provinces marocaines entières ont été rattachées à l’Algérie française de 1845 aux années 1950. Sur le plan juridique, en dépit de plusieurs incidents douloureux (Édouard Méric,1965) et une bonne foi affichée par le Maroc, le litige des frontières avec l’Algérie semblent prendre fin avec une délimitation définitive du tracé frontalier par une convention signée à Rabat en 1972, ratifiée par l’Algérie en 1973 puis bien plus tard par le Maroc en 1992.[4]

Pourtant, ceci n’a pas empêché l’Algérie de mener une politique agressive emprunte de rancune historique depuis son indépendance jusqu’à nos jours à l’encontre des intérêts du Maroc (Benjamin Stora, 2002). Son objectif géostratégique étant de chercher un accès à l’océan Atlantique indépendamment de la bonne volonté du Royaume du Maroc dont il est riverain sur plus de 3000 kms. Sur ce volet, « Toute l’histoire, courte et récente, de l’Algérie depuis 1962 a été et reste dominée par l’obsessionnel et envieux regard vers l’Atlantique » (Alaoui, 2024). C’est cette hantise de l’Atlantique qui définit toute la géopolitique d’Alger visant à isoler géographiquement le Maroc de son enracinement africain par une volonté obsessionnelle de créer une entité chimérique et une hostilité affichée à la récupération de ses provinces sahariennes du sud (Abderrahim Kader, 2020). Dans sa stratégie d’encerclement du Maroc, Alger n’a guère lésiné sur les moyens, tantôt en intervenant militairement de façon directe ou indirecte (Amgala1 et El Guergarate)[5], tantôt en faisant de fortes pressions politiques allant du soudoiement financier aux menaces implicites sur la Mauritanie pour éviter tout rapprochement constructif avec Rabat.

Un autre élément fondamental émerge dans l’obsession algérienne de couper physiquement le Maroc de son espace africain. C’est de faire masquer à son opinion publique interne une réalité territoriale historique qui consacre l’Algérie comme une création française (Lugan , 2024) datant de 1830. A cet égard, la rhétorique de la guerre de libération entretenue par la propagande algérienne et instrumentalisée politiquement à grand échelle par sa diplomatie ; n’est en fait, qu’un levier pour maintenir un système politique incapable de satisfaire les aspirations d’une population à la liberté et au développement socioéconomique (Michelle Pierre, 2025). Le corollaire de cette fuite en avant, se traduit par un isolement de plus en plus perceptible dans la région maghrébine et au Sahel. En réponse à cette agressivité nourrie par l’Algérie vis-à-vis du Maroc, force est de souligner que ce dernier, grâce à un soft power apaisant[6]basé sur des partenariats économiques et politiques crédibles aux niveaux maghrébin, africain et international, a su préserver l’essentiel de ses intérêts face aux manœuvres algériennes.

2.2- une politique marocaine de coopération économique régionale inclusive

Sur fond de rivalité au leadership économique dans la région, le Maroc dans sa politique géoéconomique de soft power, a massivement, investi économiquement et financièrement au Sahel et dans la CEDEAO (Mohamed Harakat, 2022), particulièrement en Mauritanie. Privilégiant, en effet, une politique de partenariats Sud-Sud fondée sur le principe gagnant/gagnant, le Royaume du Maroc est devenu le premier investisseur africain dans cette espace et le deuxième à l’échelle continentale après l’Afrique du Sud avec un volume dépassant les 800 millions de dollars en 2021.[7] A cet effet,  de puissants instruments incluant des banques et des entreprises ont été mobilisés pour piloter des projets ciblés et concrets à grand impact socioéconomique. L’ambition du Maroc à travers cette projection économique est double : se placer en acteur économique incontournable dans le continent en signant des centaines d’accords, notamment lors des visites Royales aux différents Etats africains, y compris des pays lusophones et anglophones (Zambie, Sierra Léone, Ouganda, Tanzanie, Angola et Guinée Equatoriale). Deuxièmement, réduire drastiquement l’ampleur de la pauvreté et de l’insécurité qui sévissent dans cette région d’Afrique.

 De même, s’agissant d’une question existentielle pour le Maroc de sanctuariser son intégrité territoriale, Rabat dans une vision claire de promouvoir le développement économique sud-sud dans l’ensemble du continent africain, a initié deux projets complémentaires de grande envergure par leur dimension géostratégique. D’abord, l’Initiative Royale Afrique-Atlantique qui est considérée comme un exemple original d’inclusion économique très adapté aux aspirations des pays enclavés du Sahel en leur accordant un accès à l’océan. Le second, est le gazoduc Africain Atlantique[8]longeant jusqu’au Royaume treize pays africains dont la Mauritanie sur plus de 5000 kms. Il sera connecté au Gazoduc Maghreb-Europe[9] (GME) et contribuera à la sécurisation de façon pérenne les approvisionnements énergétiques futurs du Royaume surtout après la décision unilatérale d’Alger de fermer le (GME)  traversant le Maroc. Actuellement, ce projet est l’enjeu d’une guerre farouche énergétique et géopolitique entre le Maroc et l’Algérie. Il est important de souligner que si ces deux méga-projets réunis placent la façade Afrique-Atlantique en un espace stratégique de sécurité et de développement économique, ils posent aussi des défis à l’Algérie qui s’emploie activement à les saboter.

Concernant l’Algérie, qui dans sa politique d’affrontement économique avec le Maroc ayant pour objectif l’avortement de ses initiatives continentales, elle livre une guerre économique tacite sur deux leviers capitaux :

– Le levier gazier par le biais du gazoduc Algérie-Nigéria en passant par le Niger. C’est un projet dont la genèse remonte aux années quatre-vingt et qui a été vivement relancé dès l’an 2022. Dans l’état actuel, il semble certain que ce projet gazier rencontre de sérieuses difficultés en raison du contexte géopolitique crisogène qui prévaut actuellement entre l’Algérie et les Etats de l’Alliance du Sahel : le Mali, le Burkina Faso et le Niger[10] (AES) ;

– Les voies de communications avec les pays du Sahel via la Mauritanie avec deux projets : La construction d’une zone franche conjuguée à la route Tindouf-Zouerate[11] qui demeure économiquement non rentable et difficilement réalisable dans une configuration de désert très hostile. Le second, concerne l’axe transsaharien long de 10000 kms supposé relier l’Afrique de l’Ouest aux ports algériens de la Méditerranée. Bien entendu, le but de toute cette stratégie, est de faire barrage à la dynamique économique marocaine Afrique-Atlantique d’échanges commerciaux avec l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, dont le cœur battant sont le port de l’Atlantique de Dakhla[12]et le corridor frontalier marocain El Guerguerate ; voire ultérieurement un autre corridor reliant la ville de Smara, via Amgala, à la localité de Bir Moghrein au nord de la Mauritanie.[13]

2.3- Une physionomie complexe de sécurité et de défense

Les relations complexes entre le Maroc et l’Algérie, ne sont pas uniquement spatiale et économique, elles sont également sécuritaires et de défense et se jouent dans l’espace sahélo- subsaharien (Mansouria Mokhefi & Alain Antil, 2012), particulièrement dans un pays comme la Mauritanie.[14] Elles touchent les problématiques de l’immigration clandestine, la menace terroriste jihadiste, le crime organisé et de plus en plus la sécurité des approvisionnements énergétiques dans la région. La décision unilatérale d’Alger de rompre les relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021 et son refus catégorique de coopérer avec Rabat sur les questions sécuritaires transnationales, en dépit de la main tendue du Maroc, rend toute approche consensuelle en le domaine pratiquement impossible. A cet égard, on relève deux stratégies diamétralement opposées développées par les deux protagonistes : une politique africaine du Maroc dans la région qui se construit sur une intégration régionale et une coopération multisectorielle crédibles ; une autre algérienne fondée sur le « tout militaire » peu porteuse de résultats concrets.

En effet, érigé en acteur incontournable, mais pondéré, dans le domaine de la défense et de la sécurité en Afrique, et compte tenu des enjeux géostratégiques que représentent les Etats sahélo-sahariens et l’Afrique de l’Ouest pour la pérennisation de sa sécurité et  de son intégrité territoriale, le Maroc a bâti un modèle soft power de coopération très efficace s’articulant autour de trois piliers interdépendants : un encadrement religieux pour faire face à la menace jihadiste et à la montée en puissance du chiisme, en prônant notamment un islam sunnite malékite tolérant au service des pays de cette région (Boubaker Sambe, 2011). Deuxièment, une participation inclusive accrue du Royaume dans le développement socioéconomique de ces pays en proie à une pauvreté et une instabilité endémiques. Enfin, une politique crédible de partenariats dans les domaines de la formation religieuse et de défense des cadres africains par le biais de structures académiques appropriées. Le but étant de faire bénéficier de l’expérience marocaine, les Etats africains sahélo-sahariens et renforcer leurs capacités respectives dans ces secteurs sensibles.

Face à la stratégie sécuritaire constructive et inclusive du Maroc dans la région, l’Algérie par logique inversée, a consacré la primauté de la solution militaire sur tout autre mode. Sur ce sujet, la lutte antiterroriste n’a pas éradiqué totalement le terrorisme de la «décennie noire[15]», mais l’a externalisé des frontières algériennes vers le Mali, le Niger et au nord de la Mauritanie. Les actions terroristes croissantes d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) dans l’espace Sahélien, se traduisent dans les faits par des enlèvements d’étrangers, de trafics d’armes et de drogues, voire de connexion avec d’autres organisations terroristes comme Boko Haram qui sévit au Nigéria (Seydou Kanté & El Hadji Ibrahima Faye, 2020). Elles montrent surtout l’échec de cette politique de (hard security). Parallèlement,  la volonté d’Alger de vouloir se placer en acteur seul et unique dans la lutte contre la terrorisme au Sahel en créant un Comité d’Etat Major Opérationnel Conjoint[16](CEMOC) installé à Tamanrasset, n’a point empêché la prise d’otages dans le site gazier d’In Amenas[17] dans le centre-est de l’Algérie. L’une des causes du raté cuisant de cette approche toute sécuritaire, n’est en fait que la mise à l’écart des autres partenaires, notamment la Mauritanie qui demeure épargnée dans une large mesure de l’insécurité qui prévaut dans la plupart de ses voisins immédiats (Lemarchand, 2023).

3- La neutralité de la Mauritanie soumise au duel Maroco-Algérien

Dans un contexte régional sous tension, la Mauritanie se positionne en acteur stratégique dans le duel Algéro-Marocain à l’influence vers l’espace sahélo-saharien (Mokhtar Ould Boye & Charles Michel, 2020). A ce titre, Nouakchott, bien qu’ayant reconnu les rebelles du Polisario, a constamment affirmé une ligne politique de neutralité dans le jeu de puissance disputé âprement par Alger et Rabat (El Walid, 2025). Par cette posture, ce pays fait montre d’un engagement en faveur d’une solution pacifique et de dialogue afin d’éviter toute escalade dans cette zone géographique sensible (Moussa Diaw, 2020). La neutralité positive qu’elle s’efforce de maintenir, paraît toutefois, de plus en plus difficile à tenir au regard des nouvelles mutations qui se dessinent pour la Mauritanie: d’une part en raison des récentes découvertes de ressources gazières[18]et le début de leur exploitation commune avec son voisin sénégalais ; et d’autre part des nouvelles mutations diplomatiques qui s’opèrent dans la région. Une situation qui impose de facto de nouveaux rapports de force et de choix stratégiques avec ses deux puissants voisins tant sur les plans politique et économique que sécuritaire.

3.1- Une neutralité à la merci de la coopération bilatérale avec Rabat et Alger

Dans le but de situer les relations mauritaniennes dans le contexte de la conflictualité Maroco-Algérienne, il est fondamental de souligner l’omniprésence de l’élément historique dans l’évolution en dents de scie des rapports qui ont jalonné le parcours de ce pays avec ses deux voisins rivaux (Centre d’Etudes Internationales, 2011). Se considérant sur une ligne de contact glissante entre le Maroc et l’Algérie, la Mauritanie semble prendre le choix irréversible de bannir la politique des axes en promouvant la stratégie de la neutralité. Une démarche qui la place en perpétuelle veille diplomatique, car chaque action politique de ce pays est sensiblement scrutée et interprétée par Alger et Rabat. Il reste, cependant, que c’est une stratégie diplomatique qui permet globalement à Nouakchott de maintenir à la fois des rapports équilibrés avec le Maroc et l’Algérie (Oumansour, 2024) en tissant notamment avec eux des partenariats économiques et commerciaux dont l’envergure demeure variable selon la conjoncture politique.

Concernant le Maroc et faute de mieux, il demeure vital à ce que la Mauritanie ne rallie pas les positions d’Alger et qu’elle maintient sa posture de neutralisme. A cet effet, en dépit de certaines étapes tumultueuses qui ont marqué les relations bilatérales, le pragmatisme et la clairvoyance ont toujours prévalu dans la définition des politiques des deux pays. L’histoire, la culture et la géographie sont autant de facteurs qui plaident pour des partenariats stratégiques qui s’étendent à toute la région sahélo-saharienne (Abderrahim Kader, 2018). La dernière rencontre au plus haut sommet de l’Etat[19] va dans le sens du raffermissement de la coopération économique et des échanges commerciaux entre les deux pays (contribution positive pour la concrétisation du gazoduc Africain-Atlantique et l’adhésion à l’Initiative Atlantique, interconnexion électrique et mise en place de la bourse de Nouakchott), ainsi que dans la sécurité régionale (lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic et migration illégale). Grâce à cette coopération renforcée, le Maroc s’est distingué non seulement comme le premier investisseur africain en Mauritanie avec un flux de plus de 300 millions de dollars (Seck, 2024), mais aussi en partenaire crédible en matière de coopération sécuritaire et de défense.

Quant à l’Algérie, et pour s’opposer à la stratégie marocaine de développement et d’extension de son soft power en Afrique et précisément au Sahel et en Mauritanie, elle n’a pas cessé de livrer une bataille géoéconomique déclarée en copiant systématiquement toutes les initiatives économique et énergétique du Maroc en direction du continent africain (Ketfi., 2024), et ce rien que pour les saboter. A ce titre, la volonté d’Alger d’isoler le Maroc de sa sphère maghrébine et sahélienne en cherchant à brouiller les relations Maroco- Mauritanienne comme c’est le cas avec la Tunisie, reste au cœur de toute la géostratégie algérienne dans la région. Néanmoins, à la lumière du refus mauritanien de participer à la nouvelle initiative maghrébine de l’Algérie visant la mise en place d’un nouveau cadre de concertation maghrébin, excluant le Maroc,[20]    se précise la confirmation de la neutralité de Nouakchott et la primauté de ses intérêts vitaux économiques et de sécurité.

3.2- Allons-nous vers un basculement de la Mauritanie en direction du Maroc ?

En dépit de la posture agressive de l’Algérie vis-à-vis du Maroc, qui se manifeste concrètement sur le terrain par des tentatives à caractère itératif d’interférence dans les rapports bilatéraux de Rabat avec ses associés régionaux au Sahel et spécialement avec la Mauritanie, il est de plus en plus perceptible pour beaucoup d’observateurs que Nouakchott a amorcé un nouveau virage diplomatique et économique sans précédent dans ses relations stratégiques avec le Maroc. C’est là, en fait, une nouvelle approche géopolitique opérée par la Mauritanie dans un climat de tension né de l’activisme algérien dans la sous-région sahélo-saharienne. Dans ce contexte, deux événements importants survenus en fin d’année 2024 dans les relations entre les deux pays, illustrent parfaitement cette nouvelle dynamique de rapprochement stratégique empreint de pragmatisme et d’intérêts mutuels entre le Maroc et la Mauritanie.

Il s’agit en premier lieu de la visite privée du président Mauritanien au Maroc où il a été reçu par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 20 décembre 2024. Bien qu’elle soit une visite personnelle, elle n’en demeure pas moins qu’elle constitue un nouveau jalon dans la coopération et du partenariat bilatéral, intégrant une gestion globale des défis communs aux deux pays. Sur ce volet précisément, il faut souligner trois segments principaux : d’abord les leviers critiques de la sécurisation de la région sahélo-saharienne, ensuite l’intégration de la Mauritanie au projet gazoduc Afrique-Atlantique en raison de sa position géographique et de son statut de pays nouvellement producteur de gaz. Et enfin l’exploitation des opportunités économiques colossales offertes par le littoral atlantique (Hami, 2024), particulièrement à l’aune de l’Initiative Royale Sahélo-Atlantique et du projet énergétique du gazoduc Africain-Atlantique fondés sur la stabilisation et la consolidation des échanges commerciaux entre les pays riverains de l’Atlantique en intégrant les Etats enclavés sahélo-sahariens.

En second lieu, et dans le contexte de rapprochement récent entre Rabat et Nouakchott, l’implication fort probable des Emirats Arabes Unis alliés traditionnels du Maroc et de la Mauritanie dans la région, pourrait amorcer la recomposition d’un nouveau groupement trilatéral : EAU, Mauritanie et Maroc (Ndiongue , 2025) pour aller de l’avant dans la concrétisation des projets socioéconomiques structurants en Afrique subsaharienne. Parallèlement, le fait que les Emirats soient engagés en tant que bailleur de fonds du projet de gazoduc Afrique-Atlantique et de l’initiative de désenclavement des pays du Sahel, contribuerait d’une part à aider la Mauritanie à se fixer durablement la boussole vers l’Ouest ( Atlantique Saharien), là où ira se construire les projets futurs de grande envergure aux côtés du Maroc ; et permettrait d’autre part à Abu Dhabi de s’amarrer davantage dans cet espace après celui de la Corne d’Afrique. Tous ces éléments géopolitiques et géoéconomiques réunis, feront inéluctablement de la Mauritanie un acteur influent dans la région.

3.3- Vers la mutation du neutralisme mauritanien en politique d’influence ?

La volonté affichée de la Mauritanie à s’insérer activement dans la dynamique de la coopération du développement économique, de paix et de stabilité dans l’espace Africain Atlantique lors des travaux de la 5ème réunion ministérielle du Processus des Etats Africains Atlantiques (PEAA) dans la capitale du Cap-Vert,[21] lui permet d’amorcer sur des bases solides une meilleure construction d’influence régionale et une intégration efficiente dans les réseaux économiques internationaux. Pensé en logique d’influence, ce nouveau repositionnement géopolitique ouvre la voie à la Mauritanie de sortir en douceur de la trappe du clivage de compétition entre ses deux voisins du Nord en se hissant en acteur pragmatique et déterminant dans le processus de stabilisation dans la région maghrébine et sahélo-saharienne. A ce titre, deux leviers potentiels serviraient à la Mauritanie pour jouer pleinement ce rôle en faisant valoir ses potentialités économiques très prometteuses et sa stabilité politique et sécuritaire qui fait défaut dans la zone.

Economiquement d’abord, la Mauritanie forte de ses richesses minières et récemment pétrolifères et gazières offshore, compte se positionner en moteur de la coopération économique de la façade atlantique africaine et en hub d’investissement dans l’Afrique de l’Ouest. Les explorations gazières concluantes en Atlantique et le début de leur exploitation commerciale en partenariat avec le voisin sénégalais, conjuguées à une volonté affichée de capitaliser sur l’Initiative Royale Atlantique et sur le projet gazier Africain Atlantique initiés par le Maroc, font de Nouakchott un pivot essentiel de la nouvelle géopolitique énergétique non seulement en Afrique, mais aussi à l’échelon internationale. Parallèlement, grâce à une politique de partenariats diversifiés, (Afrique du Nord, Golfe, Chine, Canada, Union Européenne et USA), la Mauritanie s’est engagée dans une politique ambitieuse d’investissements directs étrangers (IDE) en particulier dans des segments porteurs telles les mines, l’agriculture, la pêche et dernièrement les hydrocarbures. Autant donc de facteurs qui permettent à la Mauritanie de jouer pleinement la carte décisive de la stabilité dans la géopolitique du Maghreb, de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

Sur le registre de la stabilisation politique et sécuritaire, et dans un contexte où l’espace sahélien connait une crise sans précédent entre les pays de l’AES et le reste des Etats de la CEDEAO d’un côté,[22] et de l’autre côté entre le Mali et l’Algérie sur fonds d’incidents frontaliers qui mettent à mal le rôle d’Alger dans la région; la Mauritanie s’affiche comme le pays le plus stable (Bassou , 2025) et résilient face aux changements géopolitiques dans cet espace. Sur ce point précis, il faudrait noter la mise à profit par Nouakchott de sa diplomatie et de sa stabilité sécuritaire unique dans cette région pour se placer en intermédiaire influent au Sahel, à même de rétablir des mécanismes d’apaisement avec les différents partenaires dans la zone. L’enjeu est de taille pour la Mauritanie, car il y va de de la sécurité de son environnement immédiat en proie au terrorisme et à l’instabilité politique. C’est une nouvelle voie qui permettrait à ce pays de jouer un rôle pragmatique et réconciliant dans la sphère du Maghreb d’abord, et surtout du Sahel et dans la CEDEAO au vu de la situation de turbulences qui prévaut dans cette espace.

4- Conclusion 

Cette étude analytique de la place de la Mauritanie, comme verrou stratégique entre le Maroc et l’Algérie dans la course à l’influence dans la sous-région sahélo-saharienne et par extension à toute l’Afrique de l’Ouest, a mis en exergue toute l’importance stratégique de ce pays pour Rabat comme pour Alger. Confronté aux enjeux multidimensionnels : géopolitique, géoéconomique, sécuritaire et diplomatique, « Bilad Chinguit»[23] se trouve de facto au centre de la compétition entre ses deux rivaux et puissants voisins du Nord sur le leadership dans la région. Prise dans la trappe de cette rivalité qui perdure depuis plusieurs décennies et qui semble sans issue du moins à court terme, la Mauritanie a su non seulement maintenir sans dégâts un neutralisme qui lui a permis de maintenir une stabilité politique et sécuritaire dans son environnement proche en proie aux défis du terrorisme et du crime organisé ; mais aussi de s’engager à les éradiquer avec ses partenaires.

Pour le Maroc, qui dans sa stratégie globale de défense et de sanctuarisation de son intégrité territoriale, la Mauritanie demeure la clef de voute de toute son architecture géopolitique et géoéconomique vers le continent africain et spécialement le monde sahélo-saharien. Dans cette vision géostratégique, une dynamique économique et d’investissements multisectoriels se développe avec Nouakchott, mettant en œuvre des acteurs publics et privés avec des objectifs clairement définis. Ce soft power fondé sur une approche de partenariat économique sud-sud et privilégiant le principe gagnant/gagnant entre les deux pays, trouve toute sa dimension d’intégration régionale à l’aune de l’Initiative Royale Atlantique et du projet structurant du gazoduc Africain Atlantique.

Cette analyse, nous a permis également de décomposer les ressorts de la géopolitique régionale algérienne dont l’une des invariables reste incontestablement son hostilité délétère à l’égard du Maroc. Les raisons sont multiples. Historique d’abord, ensuite territoriale et spatiale par une opposition farouche à la souveraineté territoriale du Maroc. L’effet stratégique recherché est double : s’ouvrir sur l’océan Atlantique en créant une entité fantoche à sa solde, puis isoler géographiquement le Maroc de son ancrage africain dont la Mauritanie est le trait d’union incontournable. Enfin, géoéconomique en clonant toutes les initiatives stratégiques marocaines en Afrique particulièrement dans l’espace sahélo-saharien et ouest africain où le Maroc dispose de solides amarrages économique et sécuritaire.

Dans ce contexte de tension régionale et grâce à sa position géographique stratégique, force est d’admettre que la Mauritanie a su élaborer une vision diplomatique clairement affichée d’équilibre – certes fragile mais constante- entre ses deux voisins rivaux. Toutefois, pour plusieurs observateurs avertis et au regard des nouveaux développements diplomatiques entre Rabat et Nouakchott, il n’a pas été passé sous silence le fait que la Mauritanie semble avoir choisi la voie d’un rapprochement très renforcé avec le Maroc tant sur les plans économiques que sécuritaire. C’est là une nouvelle configuration géostratégique qui s’opère entre les deux pays et qui va au-delà des enjeux bilatéraux pour s’ouvrir à tout l’espace géographique afro-atlantique avec inclusion des pays de la sous-région du Sahel.

Liste Bibliographique

  • Livres
  1. 1. Abdellah Laroui. (2020) « L’Algérie et le Sahara Marocain », Ed. Centre culturel du livre.
  2. Abderrahim Kader. (2018), Géopolitique du Maroc, Ed. Bibliomonde.
  3. Abderrahim Kader. (2020), Géopolitique de l’Algérie, Ed. Bibliomonde.
  4. Benjamin Stora. (2002), Algérie, Maroc : histoires parallèles, des destins croisés, Ed. Maisonneuve & Larose.
  5. Bernard Lugan. (2025), Histoire des Algéries, des origines à nos jours », Ed. Ellipses.
  6. Boubaker Sambe. (2011), Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc, Ed. Phoenix Press International.
  7. Mansouria Mokhefi & Alain Antil. (2012), Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés, Ed. CNRS.
  8. Mohamed Harakat. (2022), Géopolitique et géoéconomie marocaine en Afrique, Ed. L’Harmattan.
  9. Mokhtar Ouled Boye & Charles Michel. (2020), Victoire dans les dunes. L’enlisement de la crise sahélienne n’est pas inéluctable : L’exemple mauritanien, Ed. L’Harmattan.
  10. Moussa Diaw. (1999), La politique étrangère de la Mauritanie, Ed. L’Harmattan.
  11. Michelle Pierre. (2025), Histoire de l’Algérie. Des origines à nos jours, Ed. Tallandier.
  12. Raymond Aron. (2024), Paix et guerre entre les nations, Ed. Calmann Levy, p.188.
  13. Seydou Kanté & El Hadji Ibrahima Faye. (2022), La géopolitique du Sahel : Analyse du terrorisme Djihadiste, Ed. L’Harmattan.
  14. Centre d’Etudes Internationales (2011), Maroc-Algérie, analyses croisées d’un voisinage hostile, Ed. Karthala.
  15. International Crisis Group. (29 novembre 2024), Gérer les tensions entre l’Algérie et le Maroc, Rapport Moyen-Orient et Afrique du Nord, N°247.
  • Articles :
  1. 1. Abdelhak Bassou. (2025), Le G5 Sahel est mort, vive le Sahel-Atlantique : sécuriser le développement pour développer la sécurité, Policy Brief-N° 09/25/ Policy Center for the New South, février.
  2. Amadou Seck. (2024), Mauritanie-Maroc : une task force pour accélérer les échanges commerciaux et les investissements communs, in le 360, 22 févier.
  3. Bassam Laredj. (2024), Mauritanie : un pays stratégique pour l’Algérie et le Maroc, IRIS/Observatoire du Maghreb, 4 septembre.
  4. Bernard Lugan. (2024) entretien en marge d’une conférence à l’Université EuroMed de Fès le 25 janv. 2024, in le 360, 29 janvier.
  5. Brahim Oumansour. (2024), L’Algérie, un rebond diplomatique, Paris, Editions Eyrolles, pp. 210-224.
  6. Gildas Lemarchand. (2023), La Mauritanie : exception sécuritaire dans le paysage sahélien, revue de Géopolitique Conflits, 1 août.

5.Guy-Alexandre Le Roux. (2024), La Mauritanie à la tête de l’Union Africaine : entre neutralité et médiation dans un continent sous tension, revue de Géopolitique Conflits, 19 novembre.

  1. Hassan Alaoui. (2024), Mauritanie : quand Alger se lance dans la folle aventure atlantique contre le Maroc, Maroc Diplomatique, 4 mars.
  2. Hassan Hami. (2024), Mauritanie, le pari de la transparence et de la stabilité, Magazine Maroc Diplomatique, 8 juillet.
  3. Lyes Si Zoubir. (Février-Mars 2022), Le Maghreb en danger, la guerre des sables, le Monde Diplomatique/ Manière de voir.
  4. Mouhamet Ndiongue. (2025), Axe Maroc-Mauritanie-Emirats : la fin de la neutralité mauritanienne sur le Sahara ? Magazine Maroc Diplomatique, 18janvier.
  5. Imad El Walid. (2025), Pourquoi la Mauritanie finira par rejoindre le Maroc ? Magasine Challenge, 7 janvier.
  6. Yasmine Ketfi. (2024), La rupture Algérie-Maroc : Un test majeur pour la coopération Euro-Méditerranéenne, IRIS/ Observatoire du Maghreb, mois de mai.

[1] International Crisis Group. (2024), Gérer les tensions entre l’Algérie et le Maroc, Rapport Moyen-Orient et Afrique du Nord, N°247, 29 novembre, page 23.

[2]Initiative prononcée dans le Discours Royal du 6 novembre 2023 à l’occasion du 48° anniversaire de la marche verte.

[3] Traité signé le 18 mars 1845 par le Comte de La Rüe pour la France et le Sid Ahmida Ben Ali pour le Maroc. Il fixa la frontière entre le Maroc et l’Algérie dans la zone tellienne.

[4] ONU. (2002), Convention relative au tracé de la frontière d’État établie entre le Royaume du Maroc et la république algérienne démocratique et populaire, texte authentique en arabe et français, texte en anglais. United Nations Publications, 30 juillet.

[5] -La bataille d’Amgala1 s’est déroulée les 27 et 29 janvier 1976 entre les FAR, et l’ANPA. Elle tire son nom de la même localité située à 40 Kms au sud de Smara. Cette bataille a vu l’implication directe des forces de l’armée nationale populaire algérienne qui s’est retirée à la frontière internationale après avoir subi de lourdes pertes.

-Le Maroc lança le 13 novembre 2020, une opération éclaire de sécurité conformément au droit international pour rétablir la libre circulation dans le passage frontalier d’ELGuergerate bloqué par les milices armées du Polisario à la solde d’Alger.

[6] Selon Global Soft Power Indice. (2025), le Maroc occupe le 50° rang mondial dans le dernier indice de la puissance douce, publié par Brand Finance.

[7] Selon la Coopération Financière Internationale (IFC) de la Banque mondiale(2021), citant des chiffres officiels du ministère marocain des Finances, les investissements directs marocains en Afrique ont dépassé les 800 millions de dollars.

[8] Annoncé en décembre 2016 par SA Majesté le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari, lors de la visite Royale à Abuja. A titre de rappel, Alger mène une action similaire depuis 2002 pour la réalisation d’un pipeline reliant les deux pays via le Niger.

[9] En service depuis 1996, Alger a officialisé unilatéralement sa fermeture le 31 octobre 2021 en pleine crise avec le Maroc.

[10] Création le 16 septembre 2023 de l’Alliance des États du Sahel (AES) comme bloc de défense mutuelle pour les trois nations dans le but de contrer une intervention éventuelle de la CEDEAO.

16Projet devant relier Tindouf à l’extrême sud-ouest de l’Algérie à la ville de Zouerate au nord de la Mauritanie, sur une longueur de plus de 800 kilomètres.

[12] Grand complexe portuaire situé à 70 kms au nord de Dakhla et qui sera considéré, une fois achevé comme hub maritime dans toute la région.

[13] Futur axe routier long de 95 kms qui s’inscrit dans une stratégie globale de développement des zones frontalières entre les deux pays.

[14] I C G, « Gérer les tensions entre l’Algérie et le Maroc », op.cit. P25.

[15] Il s’agit de la guerre civile algérienne de 19920 2002 qui a opposé les forces de l’ordre aux groupes islamistes armés(GIA et AIS). A causé des dizaines de milliers de morts.

[16] Crée en 2010 , et engloba l’Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie. Cette structure de commandement militaire a été chargée d’appliquer un nouveau plan de sécurité régionale qui n’a jamais vu le jour. Le Mali a quitté cette structure en avril 2024 à la suite d’un incident aérien frontalier impliquant l’Algérie.

[17] Attaque terroriste menée par un commando d’islamistes, perpétrée le 16janvier 2013. Il prit le contrôle du complexe gazier d’In Amenas exploité conjointement par la Sonatrach, British Petrolium et le norvégien Statoil.

[18] Il s’agit ici des découvertes gazières Grand Tortue Ahmeyim (GTA) opérées en 2014 par BP et Kosmos Energy à la frontière commune maritime de la Mauritanie et du Sénégal. Son exploitation a commencé le mois de janvier 2025. En plus du champ GTA, la Mauritanie dispose d’un important gisement gazier pro9pre, “BirAllah». Son exploitation devrait débuter en 2027 selon les autorités mauritaniennes.

[19] Il s’agit de la rencontre au Palais Royal de Casablanca le 20 décembre 2024 entre SA Majesté Le ROI Mohammed VI et le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouni.

[20] Faisant suite à une réunion dite “consultative ”qui s’est tenue le 22 avril à Carthage, entre le président tunisien Kaïs Saïed, le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le président du Conseil présidentiel libyen Mohamed Younès Menfi.

[21] La 5ème réunion du (PEAA) s’est tenue à Praia capitale du Cap-Vert. Ce processus est la consécration de la vision de SA Majesté le Roi visant à faire de l’espace Afrique Atlantique un havre de paix et de développement économique. La première réunion s’est tenue à Rabat le 08 juin 2022.

[22] Le 28 janvier 2024, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) quittent la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

[23] Cette appellation tire son nom de l’ancienne ville de Chinguetti au passé prospère et glorieux dans l’actuelle Mauritanie.

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