Research studies

Marketing touristique et développement du tourisme durable dans le Maroc Oriental

Tourism Marketing and Sustainable Tourism Development in Eastern Morocco

 

Prepared by the researcher  :   Zerouali Sanae  – Etudiante chercheure ; Laboratoire «Littérature générale et comparée, Interculturalité »; Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Oujda ; Maroc

Democratic Arab Center

Journal of African Studies and the Nile Basin : Thirteenth Issue – October 2021

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
ISSN  2569-734X

Journal of African Studies and the Nile Basin

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Résumé

Depuis les dernières décennies du 20 ème siècle, et surtout depuis le deuxième sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, la notion du développement durable est devenue indispensable dans le domaine de la gestion et de la recherche académique. Pour le tourisme, ce concept est la conséquence du développement du tourisme, suite aux répercussions négatives de cette activité (tourisme de masse), sur le patrimoine social, culturel et environnemental des destinations. Pour notre zone d’étude, il n’est pas encore temps de parler de cette conséquence, car le tourisme ne menace pas encore notre environnement. Au contraire, nous cherchons à développer le tourisme et à élargir son champ d’attractivité, par la mise en tourisme de toutes les potentialités potentielles et attirer plus de touristes. Cette perspective de rendre l’oriental une destination touristique, doit reposer sur une stratégie, qui concilie la performance économique, la gestion économe des ressources et le respect des hommes et des sociétés locales.

Dans le présent article, nous allons essayer d’analyser la contribution du marketing au développement d’un tourisme durable dans la région du Maroc Oriental. Car cette dernière regorge de potentialités touristiques, mais elle manque de moyens de communications touristiques, pour mettre en relation ces atouts et le tourisme (problématique). Pour traiter la question de la participation du marketing, dans le développement de l’activité touristique, nous avons opté pour un plan en deux points essentiels. Le premier sera consacré à l’élaboration d’un diagnostic des potentialités territoriales et des lieux à vocation touristique. Dans un deuxième temps, nous analyserons le concept du marketing, en tant que stratégie visant la promotion des produits et ressources territoriaux, ainsi que le concept du développement durable, dont l’objectif est de mettre toutes les ressources locales au service du tourisme. Tout ceci dans l’optique d’établir une stratégie du développement durable appliqué au tourisme, et d’inviter tous les acteurs, à participer ensemble, à prendre en compte la question de la durabilité du développement et du tourisme.

Abstract

Since the last decades of the 20th century, and especially since the second Earth Summit in Rio de Janeiro in 1992, the notion of sustainable development has become essential in the field of management and academic research. For tourism, this concept is the consequence of its development following the negative repercussions of this activity (mass tourism), on the social, cultural and environmental heritage of the destinations. For our study area, it is not time to talk about this consequence, because tourism does not yet threaten our environment. On the contrary, we tend to develop tourism and broaden the field of attractiveness, by raising all tourism potential and attracting more tourists. This prospect of making the Eastern region of Morocco a tourist destination must be centered on a strategy that reconciles economic performance, economical management of resources and respect for people and local societies.

In this article, I try to analyze the contribution of marketing to the development of sustainable tourism in the region of Eastern Morocco because the latter is full of tourist potential, but it lacks tourist communication means to connect these qualities and tourism (problematic) . To deal with the question of the participation of marketing in the development of tourism activity, I have opted for a plan with two essential points. The first is devoted to the development of a diagnosis of territorial potential and tourist sites. Secondly, I try to analyze the concept of marketing as a strategy aiming at promoting territorial products and resources, and the concept of sustainable development, the main objective is to put all local resources at the service of tourism. This view aims at establishing a strategy to sustainable development applied to tourism, and inviting all stakeholders to participate together, to take into account the issue of sustainability of development and tourism.

Introduction

Le tourisme qualifié de durable, consiste principalement à développer des pratiques, permettant aux entreprises touristiques de présenter sur le marché, une offre touristique solide, différenciée et équilibrée, tout en concourant à la préservation et à l’amélioration du capital environnemental et humain du territoire, nécessaire à l’attractivité et à la durabilité de la destination. Certes, les touristes d’aujourd’hui, ne se suffisent plus du balnéaire, et par conséquent, il faut leur diversifier la typologie touristique et leur proposer des offres différenciées, diversifiées et durables De cette manière, la problématique de la saisonnalité sera plus ou moins atténuée et les atouts de tout l’espace participeront ensemble au développement de l’activité touristique. Une autre conséquence parviendra de la mise en tourisme de tous les sous-espaces, est que de nombreux habitants bénéficieront de cette activité, via ses retombées financières. Ainsi, on parviendra à une contribution du marketing dans le développement du tourisme durable de l’oriental marocain.

  1. Diversité spatiale et complémentarité pour un tourisme durable

Cette première section est consacrée à l’analyse de la diversité spatiale et de sa participation au développement de l’activité touristique et de son implication en faveur du développement durable de l’Oriental marocain. Il convient donc, de déterminer les différentes composantes de cette région, dont la diversité de son espace peut constituer un élément déclencheur du tourisme, et dont les potentialités et atouts ne sont pas encore mis au service de ce secteur prometteur.

  • Complémentarité topographique apte à une typologie touristique diversifiée

Depuis sa création en 1971, la région de l’Oriental, n’a connu des changements, en termes de superficie, qu’en 2009, suite à l’intégration de la province de Guercif. Ainsi, elle passe de 82820 km2, à 90130 km2 soit 12,68 % de la superficie globale du pays. Toutefois, elle est limitée au Nord par la Méditerranée, à l’Est et au Sud par la frontière Maroco-Algérienne, à l’Ouest par les provinces de Taza et Al Hoceima.

Du point de vu topographique, elle se caractérise par un relief très diversifié, à plusieurs niveaux. Pour ce qui est des montagnes, la région dispose de plusieurs espaces montagneux, à savoir les monts du Gourougou au Nord, situés dans la province de Nador, à proximité de la lagune de Marchica et culminant à quelques 900 m d’altitude. Ils offrent un magnifique panorama donnant sur la Méditerranée (Grand Nador, Marchica, plaine de Bouareg et Melilla). Sa renommée vient du fait qu’ils appartiennent aux zones volcaniques, d’où la beauté et de l’étrangeté de ses reliefs. De grande qualité, le paysage offre, sur tous les versants de la montagne, des formes de reliefs assez rares. Ce qui en fait un espace récréatif remarquable pour les visiteurs locaux, nationaux et étrangers. Ils offrent aussi, la possibilité de la pratique du tourisme rural (tourisme de montagne et écotourisme), et par conséquent, ils peuvent créer des richesses pour la population locale, qui peut en bénéficier. Le vert de la forêt, qui recouvre le mont et le bleu de la Mer Méditerranée faisant face, créent un splendide tableau naturel qui mérite une attention particulière pour être visité et apprécié.

Au centre, nous avons le massif des Bni-Znassen caractérisé par sa structure atlasique, d’où sa richesse en patrimoine physique naturel (grottes, travertin, arganier) et culturel (sites archéologiques, folklore…). Ces richesses patrimoniales peuvent constituer une base pour le développement de plusieurs types de tourisme (spéléologie, écotourisme, tourisme de montagne…), et un levier pour un décollage économique et social. Aujourd’hui ; il est réputé pour les habitants des villes les plus proches (Oujda et Berkane), qui en font un lieu de loisir et de détente, surtout pendant le printemps (développement de l’excursionnisme).

Carte 1 : Cadre physique et potentialités touristiques dans la région de l’Oriental

Un peu au Sud de ce massif, nous trouvons les monts de Jerada (horst) qui constituent une barrière climatique empêchant les perturbations sahariennes de s’avancer vers le Nord. Cette chaine est connue aussi par sa richesse minière, en particulier le charbon, dont le grand terril constitue le symbole emblématique de la ville de Jerada. La richesse géologique de cette chaine et de ses environs ont conduit au montage d’un projet de parc muséologique minier de Jerada pour la préservation des collections géologiques. Ceci a permis à la ville de constituer un des sites pilotes des activités de recherche, de formation et d’innovation. A quelques 20 km à l’Ouest de la vile, les monts de Jerada abrite un site touristique (oasis), de grande importance, appelé Gueffait. Malgré ses eaux pérennes et son splendide paysage, son rayonnement est très restreint, d’où la nécessité de son aménagement en infrastructure de base et d’accueil et en adoptant une stratégie marketing pour une large communication auprès des visiteurs et des touristes.

Au Sud des monts de Jerada, le paysage s’ouvre largement et les altitudes baissent. C’est le domaine des Hauts Plateaux du Maroc Oriental qui constituent une unité géographique bien déterminée.  Ils s’étendent sur une superficie de 30000 km2, délimités au Nord par la chaine des Horsts (Monts de Jerada), au Sud par le haut Atlas Oriental, à l’Est par la frontière algéro-marocaine, et à l’Ouest par la cuvette de la moyenne Moulouya. Sa topographie, quoiqu’elle change d’un lieu à un autre, reste plus ou moins plane avec des altitudes variant entre 900 et 1500 m, ce qui diversifie le paysage et casse la monotonie. Ainsi, plusieurs dépressions et petits plateaux garnissent l’espace des Hauts Plateaux de l’Est marocain :

  • Le Chott de Tigri est un bassin fermé. Il est formé d’une série de terrasses circulaires emboitées et dont la plus basse entoure une dépression centrale qu’occupe une daya (carte 1). Le Foum Aggai, situé à l’Ouest du Tigri, est un dôme anticlinal érodé et ou les terrasses sont complétement détruites. Actuellement, le remplissage alluvial du fond de la cuvette est à peu près équilibré par le déblaiement éolien, et ce fond de cuvette est couvert de sables et de déblais divers.
  • Le Mekkam et Tamelelt, qui constituent deux unités topographiques bien distinctes. La première est un plateau aux bords escarpés, alors que la deuxième est une plaine incluse entièrement dans la montagne, dont elle tranche brutalement les chainons (carte 1). Sa topographie est sensiblement plane, située à peu près à 1000 m d’altitude. Le fond de cette dépression est couvert, sur la plus grande partie de son étendue, par des sables et par des dépôts argileux, souvent gypseux et salins.
  • Le Chott Gharbi qui est une dépression peu profonde, sèche en été, couverte de d’eau saumâtre en hiver, cette eau s’évaporant en saison sèche, la salure devient extrême, et finalement il se dépose du sel et du gypse.

Tout à fait au Sud de la région de l’Oriental, se tient une oasis toute particulière, par sa position stratégique, espace frontalier, et géographique en même temps (la plus proche oasis africaine de l’Europe). La ville de Fiquig est caractérisée par sa palmeraie, qui semble donner vie à cet espace désertique, par ces eaux, dont le système d’irrigation complexe remonte à des siècles très lointains (système des Khattarat). A ceci, s’ajoutent les monuments historiques qui méritent d’être valorisés et qui confère à cet espace une identité culturelle remarquable (patrimoine historique, architectural et archéologique à forte valeur culturelle). Avec ces richesses patrimoniales et sa situation, Figuig devrait constituer une destination touristique de choix, notamment en matière de tourisme écologique et culturel, tout en développant des circuits touristiques inter-états. Mais il parait que le voisinage joue actuellement une fonction particulière de barrière spatiale, du fait de l’instabilité politique, ce qui entrave le développement du tourisme frontalier[1].

  • Diversité climatique apte à créer plusieurs types de tourisme

Avec l’écran du Moyen Atlas au Nord et les monts de Jerada à l’Ouest, soustrait, dans une large mesure, la région aux influences maritimes, en particulier aux pluies d’origine atlantique ou méditerranéenne. Ainsi, s’explique les faibles précipitations qui ne dépassent que rarement les 200 mm dans les Hauts Plateaux du Maroc Oriental, avec une forte irrégularité dans le temps et dans l’espace. Les températures sont élevées en été (moyenne des maxima : 35-40°C) et basses en hiver (moyenne des minima : 0-4 °C). L’amplitude thermique annuelle est de l’ordre de 20 °C, signe d’une continentalité prononcée[2].

La région de l’Oriental est soumise aux influences de deux sortes de climats:

– au Nord sévit un climat méditerranéen influencé par les montagnes, notamment dans leurs versants Sud ;

 – et un climat continental au Sud soumis aux influences sahariennes. Cette disparité de climat entre le Nord et le Sud de la région se répercute sur la quantité des précipitations qui atteignent plus de 400 mm en moyenne par an au Nord, alors qu’au Sud, son niveau n’excède pas les 100 mm par an.

Vu la diversité des paysages, du climat et de la richesse patrimoniale, la région de l’Oriental peut constituer une destination touristique par excellence, du fait de la complémentarité de ses sous-espaces. Ainsi, le touriste peut pratiquer une large typologie en matière de tourisme (carte 1). Du Nord au Sud, le touriste est invité à pratiquer le balnéaire sur le littoral qui regorge des belles plages, le tourisme rural dans les montagnes (écotourisme, spéléologie, randonnées, agrotourisme), le tourisme thermal (Fezouane à Berkane, Benkachour à Oujda, Guetetir à Taourirt, Hammamet à Figuig, Chaâbi à Driouch), le tourisme minier (Touisset, Jerada, Oued El himer, Bouarfa), le tourisme steppique sur les Hauts Plateaux et le tourisme oasien ou saharien tout à fait au Sud de la région.

  1. Communication, marketing et développement durable du tourisme

2.1. Communication et marketing touristique pour la promotion du territoire

Aujourd’hui, le développement du tourisme doit s’intégrer dans la troisième révolution industrielle basée sur l’informatique, le numérique et les biotechnologies, afin de pouvoir véhiculer les informations et commercialiser les ressources territoriales. En d’autres termes, il faut opter de nouvelles formes, pour la vente des produits aux touristes. La tendance, pour le tourisme, est d’accélérer les phénomènes liés à la « marchandisation » des ressources locales, c’est ce qu’on appelle le marketing touristique.

Aujourd’hui, nous assistons à une concurrence acharnée entre les destinations touristiques, aux multiples dispositifs de communication touristique*; e-tourisme, m-tourisme… Ces nouvelles approches, nous amène à nous interroger sur la capacité et l’efficacité des moyens classiques de communication à se pérenniser dans le nouveau contexte du tourisme digital. Rien qu’en achetant des billets de voyage ou une réservation, nous nous rendons compte que les anciennes formes commencent à disparaitre laissant place aux formes émergentes caractérisées par la digitalisation.

En effet, la communication touristique aujourd’hui, est multiple et indispensable pour communiquer sur les territoires et leurs offres touristiques. Que ce soit de la part des acteurs du développement du territoire en question, ou de la part des touristes, qui deviennent eux-mêmes de plus en plus de véritables acteurs de la communication touristique. Mais pour communiquer, il faut avoir des données sur le territoire, ce qui nécessite une connaissance approfondie des potentialités, dont dispose tel ou tel espace. Car, pour commercialiser l’offre touristique, il faut la connaître, mettre en évidence des qualités distinctives vis-à-vis de la cible visée et stimuler la demande par des actions promotionnelles appropriées. Toutefois, il reste à évaluer l’impact des actions de communication touristique sur le territoire, ainsi que des retombées d’actions touristiques. Chose qui peut être jugée que par une étude de terrain.

Pour la pratique du marketing touristique, il faut que les acteurs de la communication touristique travaillent d’une manière collective et participative, afin d’élabore des stratégies marketing construites sur les richesses territoriales locales. C’est-à-dire, il faut faire du territoire une ressource à exploiter et à mettre en valeur, pour mieux la vendre aux touristes et aux visiteurs. Pour réussir cette stratégie, il faut mettre en relation directe les professionnels du tourisme (hébergeurs, restaurateurs et les services relatifs au tourisme), ainsi que les acteurs économiques du territoire (producteurs locaux), avec les publics touristiques. C’est la tendance du tourisme d’aujourd’hui caractérisé par la solidarité et le soutien des populations réceptrices. Une fois bien satisfaits, les touristes deviennent eux-mêmes des acteurs de communication touristique du territoire visité, puisqu’ils communiquent leurs expériences à leurs amis, et même faire de la publicité à travers des commentaires sur des sites web. De cette manière, les touristes participent à la constitution de l’image du territoire visité et élargissent son champ d’influence et son bassin touristique. Ainsi, la zone de destination crée une communauté sur les réseaux, sans faire appel à la presse et sans soutien d’entreprises et de partenaires. Grâce à ces communications, les nouveaux clients sont informés de la destination choisie avant et pendant leur séjour. C’est une belle stratégie gagnante et gratuite pour la zone d’accueil, qui a laissé l’initiative et la parole à ses ambassadeurs (touristes et visiteurs) en leur laissant le soin de promouvoir les richesses de régions visitées.

2.2. Développement durable du tourisme

Comme la typologie du tourisme s’est beaucoup diversifiée, les pratiques touristiques elles-aussi se sont bien développées, en passant des dispositifs classiques de communication à l’utilisation massive des nouveaux moyens de communications, qui sont devenus nécessaires sinon exigeantes. Le développement de l’internet, le e-tourisme, les techniques d’information et de communication (TIC), ont provoqué d’importantes mutations dans les méthodes de communication des différents acteurs. Ces transformations ont nécessité la formation des acteurs du tourisme pour l’acquisition et la maitrise des nouvelles techniques (déterminisme technologique), qui sont devenus des outils indispensables pour le marketing touristique.  Car les méthodes de travail dans les différents segments touristiques sont impactées par l’utilisation des TIC (pivot de la communication touristique).

La durabilité du tourisme repose donc, sur le concept du développement de l’activité touristique « Intégrer le développement durable à tous les niveaux de l’activité touristique constitue l’un des enjeux fondamentaux du tourisme de demain. Mais cela suppose que les professionnels du secteur s’engagent dans une démarche différente, et offrent des produits qui se démarquent de ceux proposés habituellement »[3].

Pour cerner les caractéristiques du tourisme qualifié de durable et responsable, nous allons commencer par définir le concept du « tourisme durable ». Pour ce faire, nous reprendrons la définition proposée par l’organisation mondiale du tourisme (OMT 2004), selon laquelle le développement durable du tourisme est toute forme de développement, d’aménagement ou activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales, et contribue de manière positive et équitable au développement économique et à l’épanouissement des individus qui vivent, travaillent ou séjournent dans ces espaces.

Comme, on peut le constater de la définition précédente, le tourisme n’a plus une seule forme. On peut même dire qu’il diversifie ses missions, puisqu’il ne concerne plus seulement le touriste lui-même, au contraire il est devenu un facteur déterminant en termes du développement économique, social et environnemental des destinations.

Ainsi, le tourisme, comme beaucoup d’autres secteurs, a connu de grands changements, en évoluant du tourisme de masse, qui a infecté le patrimoine des destinations touristiques, vers un tourisme d’individu ou de petits groupes, participatif et responsable du développement et de la durabilité du patrimoine, ce qui garantira un tourisme durable. Pour y arriver, tous les concernés par l’activité touristique (l’Etat, la commune territoriale, la société civile, la population locale…), sont appelés à valoriser les potentialités de leur territoire, pour la création des richesses et l’amélioration des conditions de vie des habitants. Sauf, il faut toujours assoir des pratiques touristiques, visant la préservation et à l’amélioration du capital environnemental et humain du territoire, nécessaire à l’attractivité et à la durabilité de la destination.

Dans ce sens et selon J – P. Lazato-Giotart et M. Balfet. 2004, « Le tourisme ne pourra évoluer harmonieusement que dans le cadre d’une vision de développement durable. Il doit, donc, être conçu et géré comme une activité globalement bénéfique pour les communautés d’accueil, dans le respect de leurs coutumes et traditions »[4].

Pour l’Organisation Mondiale du Tourisme « le développement touristique durable satisfait les besoins actuels des touristes et des régions d’accueil tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour l’avenir. Il est vu comme menant à la gestion de toutes les ressources de telle sorte que les besoins économiques, sociaux et esthétiques puissent être satisfaits tout en maintenant l’intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique, et les systèmes vivants »[5].

La prise en compte de la diversité des sous-espaces composant l’Oriental marocain, dans un processus de développement durable du tourisme nécessite la mobilisation des toutes les potentialités et toutes les ressources territoriales, physiques et humaines, existantes aptes à participer d’une manière dynamique au développement du tourisme.  Nous entendons par là, l’implication des habitants dans les projets du développement, en maitrisant l’activité touristique et en tirer les principaux bénéfices.

Pour ce qui est de l’objectif du développement touristique durable, il a été défini par l’Agenda 21, et dont les principes sont les suivants :

– Exploiter de façon optimum les ressources de l’environnement qui constituent un élément clé de la mise en valeur touristique, en préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité ;

– Respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil, conserver leurs atouts culturels bâtis et vivants et leurs valeurs traditionnelles et contribuer à l’entente et à la tolérance interculturelles ;

– Assurer une activité économique viable sur le long terme offrant à toutes les parties prenantes des avantages socioéconomiques équitablement répartis, notamment des emplois stables, des possibilités de bénéfices et des services sociaux pour les communautés d’accueil, et contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté[6].

Pour assurer la durabilité et le développement du tourisme, il faut que ce dernier soit solidaire, c’est-à-dire avoir une certaine préoccupation de la population réceptrice, ce qui l’invite à veiller sur la réussite des projets touristiques. En d’autres termes, ce genre de tourisme doit être profitable pour un grand nombre d’habitants des lieux visités, via une certaine répartition, plus ou moins juste, des retombées économiques pour les prestataires locaux. Nous pouvons donc, dire que le tourisme durable est un concept qui n’a rien de compliqué dans la pratique, puisqu’il n’exige pas de gros investissement pour l’infrastructure d’accueil et insiste sur la coopération mutuelle entre le touriste et l’habitant local. Il est simplement un tourisme conscient de son environnement naturel et sociétal, et qui souhaite offrir le meilleur à ses voyageurs et à ses destinations accueillantes.

Conclusion

Si la région de l’Oriental dispose de nombreuses potentialités touristiques, le tourisme, qui constitue une source importante du développement et de diversification économique, n’est pas encore développé, pour la création des richesses et l’amélioration des conditions de vie de la population locale, surtout celle du milieu rural. Ce dernier est encore marginalisé en termes de tourisme, et par conséquent, il n’est pas encore intégré dans la carte touristique régionale. Pour résoudre cette problématique, il faut encourager tous les acteurs du développement à la prise en compte la valorisation de tous les atouts touristiques, naturels et culturels, dans une optique de considérer le tourisme comme un levier de croissance économique et social. Pour y parvenir, une politique de marketing territorial est nécessaire pour la bonne communication des potentialités, qui peut constituer un élément influenceur sur les visiteurs en général et les touristes d’une façon particulière.

 En conclusion, nous pouvons dire que l’adoption du marketing touristique, pour un développement durable, est à notre avis la solution la plus efficace pour la marchandisation des richesses de notre zone d’étude et la commercialisation de ses produits matériels et immatériels. Il est nécessaire d’intégrer dans la stratégie globale du développement du territoire dans son ensemble, les modes de gestion, les processus de production, la communication et les modes de consommations. De cette manière, on participera à la préservation de l’environnement et à l’amélioration des conditions sociales des destinations touristiques.

Bibliographie

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  • El Harradji A. Aménagement, érosion et désertification sur les Hauts-Plateaux du Maroc oriental. In : Méditerranée, tome 86, 1-2-1997. Impact anthropique en milieu méditerranéen. pp. 15-23. DOI : https://doi.org/10.3406/medit.1997.2985 persee.fr/doc/medit_0025-8296_1997_num_86_1_2985
  • MARSO S. Contribution du marketing au développement du tourisme durable au Maroc. Revue Marocaine de Recherche en Management et Marketing N°8, Juillet-Décembre 2013, pp. 147-158
  • Paskoff Les Hautes Plaines du Maroc oriental : la région de Berguennt. Les Cahiers d’Outre-MerN° 37 – 10e année, Janvier-mars 1957. pp. 34-64. DOI : https://doi.org/10.3406/caoum.1957.4194.www.persee.fr/doc/caoum_0373-5834_1957_num_10_37_4194
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  • الزهرة كرماط وعدنان زروالي وفيصل فاتح. حكامة تدبير القطاع السياحي وجدلية التنمية الترابية بجهة الشرقي (مرتفعات جرادة ومنتزه كوروكو نموذجا). ضمن ندوة: الجكامة الترابية وأدوات تدبير المجال. منشورات كلية الآداب بوجدة، رقم 60. مطبعة إكسترا برينت وجدة. صص. 358-374
  • محمد أجعون وعلال زروالي وفيصل فاتح ويونس الورتي. تدبير الموارد السياحية والتنمية المستدامة، حالة ساحل إقليم الناظور أشغال ندوة “الحكامة الترابية وأدوات تدبير المجال” منشورات كلية الآداب والعلوم الإنسانية، وجدة رقم 60، مطبعة إكسترا برينت وجدة. 2019. صص 375-387.
  • محمد أجعون. الدينامية السياحية ورهان التنمية الترابية بالساحل المتوسطي المغربي، مجال السعيدية – الناظور نموذجا. أطروحة لنيل شهادة الدكتوراه في الجغرافيا، جامعة محمد الأول، كلية الآداب، وجدة. 2020.

[1] – Zerouali Ad. Atouts et potentialités touristiques à Figuig. In colloque national sur les changements climatiques et mutations spatiales : état des lieux et perspectives. 2019. Publication de la Faculté des Lettres Oujda, p.97-98

[2]– El Harradji A. Aménagement, érosion et désertification sur les Hauts-Plateaux du Maroc oriental. Méditerranée, tome 86, 1-2-1997. Impact anthropique en milieu méditerranéen. DOI : https://doi.org/10.3406/medit.1997.2985 www.persee.fr/doc/medit_0025-8296_1997_num_86_1_2985, p. 17.

* – la communication touristique sert à partager toutes les informations concernant un territoire afin d’en ressortir les potentialités touristiques et ainsi le mettre en valeur comme produit sur la vitrine du marché touristique. Cette communication touristique englobe la publicité, le graphisme de marque, la promotion, la relation publique et d’autres moyens.

[3] – Agence de développement touristique de la France. Tourisme et développement durable : de la connaissance des marchés à l’action marketing. Edition : Atout France. Document consulté le 7 Septembre 2021. Disponible sur : https://www.tourisme-durable.org › download

[4] – MARSO S. Contribution du marketing au développement du tourisme durable au Maroc. Revue Marocaine de Recherche en Management et Marketing N°8, Juillet-Décembre 2013, p. 149.

[5] – Arcuset L. La prise en compte de la diversité des acteurs dans un processus de tourisme durable. Economies et finances. Université de Grenoble, 2013. Français. ffNNT : 2013 GRENH015ff. fftel-00989600f, p. 15.

[6] – Tourisme durable. Document consulté le 8 septembre 2021. Disponible sur :  https://www.tourisme-durable.org › définitions.

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