Research studies

Le soufisme au Maroc de l’origine à la pratique culturelle

 

Prepared by the researcher  :  AGOULZI Aziz- Maroc.

Democratic Arab Center

Journal of African Studies and the Nile Basin : Fifteenth Issue – March 2022

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin.

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
ISSN  2569-734X

Journal of African Studies and the Nile Basin

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ABSTARCT

Le soufisme est un domaine religieux propre à l’amour divin. Depuis sa genèse, les adeptes des confréries poursuivent un itinéraire spécifique. Au Maroc, les adeptes des confréries sont nombreux mais ils partagent le même principe. Dans ce domaine mystique, il faut suivre à la lettre les commandements du Cheikh, chef spirituel de la confrérie. Le soufisme était et restera une profonde éducation spirituelle qui a fait du Maroc un pays de rayonnement religieux entre l’Afrique et l’Europe. Cette facette religieuse a un impact direct sur les rouages culturels dans le quotidien des marocains. Ainsi, nous trouverons une mosaïque religieuse qui fait de ce pays ancestral un lieu de vivre ensemble par excellence.

Sufism is a religious field particularly to Godly love. Because of its inception, the followers of the confreeres have pursuing itinerary. In Morocco, there are many votories of the brotherhood, yet they have the same principle. In this mystical domain, they have to follow the letter of the testaments of the chieftain, the spiritual head of the brotherhood. Sufism was and will stay a deep spiritual education which has made in Morocco an influent religious country between Africa and Europe. This religious way has a direct impact on the cultural workings of moroccan’s daily lives. That’s why we will hit upon a religious mosaic that makes this ancestral country an excellent place to live together.

Introduction

 Le Maroc est un pays situé dans un axe stratégique entre l’Occident et l’Orient. Il s’agit d’un espace qui a connu une civilisation riche. Une Histoire riche en spiritualité et d’acculturation. Qui dit le Maroc, dit un pays de la paix et du vivre ensemble. Nombreux sont ceux qui l’ont choisi pour se refugier de toutes les formes de l’insécurité.

Parmi les soubassements forts de cette paix, nous trouvons l’impact du soufisme dans la vie culturelle des marocains. Les préceptes de cette secte religieuse prônent l’amour divin. L’amour donne un grand souffle à la spiritualité et balise le terrain à des relations humaines très solides. Le Maroc a adopté un processus équilibré dans le domaine de la religion. Le soufisme a tant donné à la culture marocaine et africaine grâce à ses finalités qui frôlent l’idéal.

Nous tentons dans cet article de répondre à la problématique suivante : Comment le soufisme s’émerge-t-il dans la culture islamique et comment se manifeste-il dans la vie quotidienne des marocains ?

Afin d’étudier à bon escient ce sujet, nous allons tout d’abord chercher les origines du soufisme depuis ses débuts, puis nous passons à examiner ses particularités au Maroc. Nous allons bifurquer enfin vers les pratiques culturelles du soufisme dans le quotidien des marocains.

Le soufisme une voie islamique de pureté

 Le monde islamique a connu depuis la mort du prophète plusieurs mutations. Nombreux étaient les sectes créées par des chefs religieux dans les différents pays islamique. Khiari Bariza met en relief le terme soufisme. Elle dit à ce stade :

« Beaucoup d’écrits contemporains, parfois mal intentionnés, abordent l’islam mais peu mentionnent le soufisme, si bien que cette voie n’est connue que des spécialistes ou du grand public à travers des manifestations célèbres, à l’instar de celles des derviches tourneurs. Le détour étymologique présente ici de l’intérêt : selon une première hypothèse, le terme soufisme viendrait de l’arabe safâ qui signifie la pureté cristalline. Le soufisme serait ainsi une vision épurée, pleine de clarté, de l’islam. Selon une deuxième hypothèse, le terme viendrait de l’expression ahl al-saff, « les gens du banc », ceux des premiers rangs, les plus bénis de la communauté. Ce terme renvoie aux premiers temps de l’islam, en référence aux Sûfiyya qui vivaient dans la mosquée du Prophète, à Médine »    [1]

Depuis les Idrissides jusqu’aux Alaouites, les marocains étaient contre le fanatisme religieux. Dans la majorité du territoire marocain, il y avait des uses marquées par la tolérance et la simplicité. En effet, ce climat a favorisé la réussite du courant soufi qui met en relief le spirituel et la sublimation de la vie quotidienne.

Le soufisme a ouvert la voie au commun humain et au vivre ensemble. Il y a certainement une acceptation de l’Autre en dépit de ses références culturelles. Tout cela a créé une société proche de l’idéal que les soufis prônent en s’attachant complètement à la miséricorde divine.

Dans l’encyclopédie Universalis, on projette la lumière sur les confréries soufies :

« Ces associations religieuses sont appelées en arabe t’ariqā (pluriel : t’uruq), c’est-à-dire « voie », « chemin du voyage vers Dieu », bien que ce mot désigne plus exactement l’ensemble des rites d’entraînement spirituel proposés par les diverses congrégation s(…).Toutes les confréries comprennent aussi des affiliés, à la manière des tiers ordres catholiques. Ceux-ci subissent, tout comme les novices, un rituel d’initiation et sont ensuite tenus à certaines pratiques collectives : retraites, méditations ascétiques, veillées pieuses et prières accompagnées ou non de musique et de danse, fêtes annuelles (zerda, moussem), visite au tombeau du fondateur (ziyāra), offrandes et aumônes pieuses, travaux d’entraide.»[2]

La confrérie soufie constitue une rencontre spirituelle entre plusieurs âmes pures. Le grand souci de ces êtres nobles c’est l’amour de Dieu. Cet amour nécessite un détachement des délices de la vie et se donner corps et âme à l’acte de l’adoration.

La méditation constitue l’une des armes du soufi pour lutter contre l’attrait de la vie de l’ici-bas. Le soufi cherche constamment la voie de la sagesse par le biais d’un dévot qui le guide vers le chemin de la vérité. Cherchons donc les origines de ce courant dans l’Histoire marocaine.

Origines du soufisme marocain

Le soufisme puise ses sources dans les longs périples vers la Mecque et lieux saints. Les marocains ont découvert un trésor précieux  alliant l’amour et la purification de l’esprit. La main mise sur la religion par les radicalistes est devenue un secret de polichinelle. De là, les marocains ont cherché une solution efficace au fléau du radicalisme religieux. Ce courant de l’amour et le respect de l’Autre l’emporte sur celui de l’islam politique venant récemment de l’Orient. L’Etat trouve dans le soufisme un véritable équilibre du citoyen

« Le soufisme trouve ses fondements dans la révélation coranique et dans l’exemple de Mahomet. On peut donc dire qu’il est présent, depuis les origines de la révélation prophétique de l’islam, dans les branches sunnite puis chiite, bien qu’il ait pris des formes différentes dans les deux cas.»[3]

Le soufisme est considéré comme une renaissance culturelle et éthique de toute une société. Les marocains ont reçu des idées novatrices tellement éloignées de celles reçues depuis l’avènement de l’Islam. Ce nouveau courant religieux est marqué essentiellement par la simplicité et son appel à la paix entre tous les êtres humains sans aucune ségrégation.

Le soufisme entretient des rapports solides avec la sagesse et la connaissance des secrets divins. Dans ce stade Eric Geoffroy disait :

« Le soufisme est un aspect de la sagesse éternelle, universelle, qui s’est incarné dans le corps de la religion islamique, née en Arabie au VIIe siècle. On peut le définir comme la dimension intérieure, spirituelle de l’islam, et de l’islam sunnite pour l’essentiel. »[4]

Les marocains ont trouvé dans le domaine soufi une source intarissable de sagesse qui émane d’un Orient spirituel. Abdelkader Eljilani, connu à Baghdâd, constitue le précurseur des soufis dans le monde entier. Il y a certainement d’autres figures emblématiques surtout en Egypt. Il ne faut jamais perdre de vue l’attachement des marocains de tout ce qui provient de l’Orient.

Dans un article intitulé Réflexions sur le soufisme marocain Mohamed Chtatou disait :

« Le concept de soufisme est à la fois complexe et multidimensionnel. Sa complexité est due à sa longue histoire et à son absorption par diverses cultures en Asie et en Afrique ; sa multidimensionnalité réside dans les diverses interprétations de ses principes et doctrines. Le concept de soufisme, au sens large du terme, englobe la purification individuelle, la réconciliation spirituelle du corps et de l’âme et les valeurs universelles auxquelles tous les êtres humains adhèrent.»[5]

Les flux des marocains qui venaient des terres saintes ont véhiculé un grand savoir soufi. Ils avaient l’intention de purifier le pays d’une classe religieuse sclérosée. Les nouvelles idées des soufis ont été considérées une sorte d’hérésie par les fanatiques, mais les marocains ont trouvé dans le soufisme une voie salvatrice rapprochant de la miséricorde divine.

Leurs luttes n’étaient jamais violentes, au contraire ils cherchaient toujours de semer les semences de l’amour et le rapprochement entre les différents citoyens de ce vaste monde. Ce recours au pacifisme constitue l’une des facettes du soufisme depuis sa genèse. Il reste donc de projeter la lumière sur la spécificité religieuse de ce pays.

La spécificité spirituelle marocaine

Le Maroc a connu depuis des siècles une spécificité dans le monde musulman. Son situation géographique proche de l’Europe le qualifie d’être la trait d’union entre deux mondes. Le soufisme au Maroc a trouvé le terrain fertile de l’acte cultuel pur.

Le Maroc est constitué de plusieurs tribus de différentes origines, mais la religion fait partie de l’imaginaire commun des citoyens. La situation géographique du Maroc lui garantit la stabilité religieuse loin de toutes les fluctuations connues dans l’Orient. Les marocains ont toujours reçu des réfugiés venant de pays lointains avec un arsenal religieux important.

Le Maroc a reçu un grand flux migratoire des juifs, des arabes et des andalous durant des siècles.   Une grande civilisation a évolué à travers l’Histoire de ce pays multiculturel. Cette richesse culturelle constitue l’espace propice  du vivre ensemble et de la cohabitation. Cela a octroyé à ce pays la possibilité de réunir différentes tribus et diverses communautés.

Dans un article intitulé Soufisme vs. Islamisme dans le Maroc d’aujourd’hui ? Mohamed Chtatou disait :

« L’Islam « marocain », bien que ce terme soit rejeté catégoriquement par les Islamistes, qui croient qu’il n’y a qu’un seul Islam sans colorations locales, est un mélange de Soufisme et de Maraboutisme. Les soufis sont venus de l’est vers le 15ème siècle et se sont répandus dans le pays, prêchant un Islam modéré aux fermiers et paysans sans instruction. A leurs morts, ils ont été élevés au rang de saints religieux : « marabout » et les gens des campagnes construisaient des sanctuaires sur leurs tombes et leur donnèrent les attributs de baraka “grâce à divine“ qui permet des pouvoirs prophylactiques de guérison. »[6]

 Le soufisme est une manifestation d’un Islam modéré qui cherche à rapprocher les gens de toutes les croyances. Ces adeptes ressemblent en quelque sorte aux apôtres qui ont propagé des messages divins pour l’ensemble de l’humanité. Il est jugé utile de sonder les dimensions de ces messages soufis dans la culture marocaine à travers l’Histoire.

Les dimensions du soufisme dans la culture marocaine

Les dimensions du soufisme sont multiples dans les pratiques quotidiennes des marocains. Les coutumes et les uses dans les fêtes religieuses constituent des occasions d’évocation de saints. Ainsi, dans les fêtes les femmes font souvent l’éloge du prophète et les hommes chantent le poème élogieux  d’Elboussairi.

Au Maroc, nombreux sont ceux qui prétendent d’une façon ou une autre être descendant d’un saint. Il constitue pour eux la référence de bénédiction et le point d’attraction de toute une communauté. Compte tenu de l’importance de la bénédiction chez les marocains, nous les trouvons plus attachés à des guérisseurs et des marabouts.

À l’instar de maints pays musulmans, la pratique soufie au Maroc est mêlée au maraboutisme. Nombreux sont les festivals à l’honneur d’un saint dans les différentes régions du Maroc. Dans toutes les régions, nous trouvons des saints ayant des pouvoirs surnaturels particuliers.

 Les soufis s’organisent dans des confréries et des zaouiyas ayant des éloges spécifiques du prophète. Dans un article intitulé Réflexions sur le soufisme marocain Mohamed Chtatou disait :

« Le Maroc est imprégné de mysticisme et de spiritualité. Des côtes atlantique et méditerranéenne du Maroc au désert du Sahara, le royaume est parsemé d’un large éventail de sites sacrés. Ces lieux saints et sacrés sont appelés zaouïas. C’est là que les saints marocains d’origine soufie, islamique et juive ont été enterrés à l’origine. Ces zaouïas font partie des lieux saints qui, depuis des siècles, font partie du pèlerinage spirituel de ceux qui visitent le Maroc. »[7]

Les adeptes de ces confréries s’engagent quotidiennement de respecter certains rituels. Ils évoquent Dieu dans tous les temps. Cette caractéristique est fort prisée dans l’Islam. Le soufi prône le recours au Dieu avec beaucoup d’humilité pour exprimer sa bonne foi et sa sincérité.  Nous les trouvons avec des chapelets dans des zaouïas  ou dans des lieux déserts loin de vacarme de la vie quotidienne.

  Mohamed Chtatou ajoute dans ce sens :

« La découverte des zaouïas marocaines offre un aperçu du peuple marocain, de ses traditions, de ses valeurs et de sa culture unique. Elle permet à ceux qui s’intéressent aux sites historiques, religieux et spirituels d’avoir une vision de la culture de l’intérieur.»[8]

 Mohamed Chtatou met en œuvre le patrimoine matériel et immatériel constituant un véritable trésor. Les confréries ou zaouïas contribuent au rayonnement traditionnel du Maroc. Il ne faut jamais perdre de vue la contribution de ces zaouïas au développement touristique et économique de ce pays.  Il s’avère clair que le domaine soufi est présent par force dans la vie socio-économique du Maroc, il convient de chercher son impact sur la culture marocaine.

Les pratiques soufies dans la vie quotidienne des marocains

Les marocains constituent un peuple profondément religieux. Leurs pratiques quotidiennes émanent d’une spiritualité équilibrée. Les marocains, à travers l’Histoire, on dénoncé l’excès ou l’exagération. Au Maroc il y a toujours une cohabitation entre les différentes religions et les multiples sectes. Nombreux sont les croyances provenant d’autres religions qui trouvent place dans la culture marocaine.

Dans une harmonie parfaite, tout le monde recourent à certaines pratiques soufies cherchant la clémence divine. La visite des marabouts constitue un moyen parmi d’autre ouvrant la voie directe à la spiritualité. Ce phénomène de maraboutisme est fort présent  chez les fidèles de toutes les sectes et les religions au Maroc. Les juifs marocains aussi viennent de tous les coins du monde pour célébrer leurs fêtes religieuses et visiter leurs grands saints : Rabbi Haim be Diouane, Rabbi Haim Pinto, Rabbi Eliahou…

Le marocain s’approche de son Créateur en recourant à ses awliya (marabouts) qui joueront le rôle de l’intermédiaire dans le processus de recherche de santé, de mari, du confort et de richesse. Actuellement, nombreux sont les fanatiques qui voient dans ces pratiques une sorte d’idolâtrie éloignant le croyant du monothéisme. Or, les soufis récusent ces accusations parce que le soufi n’est autre qu’un amoureux et celui qui ne connait pas l’amour pur de son Seigneur ne peut en aucun cas comprendre l’essence de cette relation suprême.

Dans une approche visant à  clarifier les rituels soufis des marocains, Abdelhani Moundib disait à ce propos dans Culte des saints et santé : les awliya  guérisseurs

« On commence toujours par le rite de la ziayra qui suit généralement le schéma suivant : toucher la porte du sanctuaire avec la main droite et la porter à la bouche pour l’embrasser ; mettre des cierges, achetés sur place, dans le coffre des offrandes, et, enfin, faire le tour du tombeau en faisant ses invocations au saint. »[9]

Il s’avère que la visite du marabout consolide le rapport du visiteur cherchant la bénédiction et ses croyances héritées depuis des siècles.  Egalement, le visiteur se trouvera dans une sphère de paix et d’extase. Un amour qui se traduit d’abord et avant tout à travers l’intention de la visite et l’offrande qui prouvent l’attachement spirituel qui s’approche de l’idolâtrie. Le soufi croit à l’amour qui dépasse toutes les limites en recourant toutes les possibilités pour prouver son attachement à son Seigneur et à son chef spirituel.

 Bensaber  Bouchra met l’accent sur la recherche de la Baraka ou la bénédiction, et dans cette foulée elle disait :

Le culte des saints, bien peu orthodoxe, est très développé au Maroc. Il est tellement ancré dans l’esprit des gens, qu’il prend les proportions et le caractère d’une véritable anthropolâtrie. À la mosquée où se réunissent les fidèles, se sont ajoutés des milliers de sanctuaires. Le culte maraboutique revêt deux formes : le culte du saint vivant et le culte du saint défunt. Le plus souvent, c’est la même famille qui en tire tous les profits, car « la baraka » est héréditaire. Les descendants qui sont les détenteurs des vertus de l’ancêtre vénéré ont droit au respect et parfois même à l’adoration de la foule. Lorsque le marabout peut se dire descendant du prophète, il est « Chérif »[10].

L’amour des saints et des marabouts est un élément principal de l’Islam marocain. Malgré l’influence des réformistes venant de l’Orient, la religion de l’amour ne cesse de capturer les cœurs des marocains. Dans les festivals religieux, on voit clair cet attachement aux marabouts et aux zaouïas de sorte que les fidèles viennent de tous les coins du Maroc.

Cette influence se manifeste dans les moussems ou festivals religieux et dans lesquels on trouve les milliers de pèlerins qui viennent exprimer leur attachement à la bénédiction du marabout. Des milliers de pèlerins qui viennent visiter les mausolées de Ben Mchich, Bouabid Cherki,  Moulay Abdallah Amghar, Moulay Bouazza, Moulay Brahim…

Hassan Rachik met en relief les nouvelles idées cherchant à renouveler le soufisme voire de le bannir, il dit à ce propos :

« La religion populaire réfère aux pratiques et croyances fondées sur des traditions locales. Elle est rejetée aussi bien par des réformistes religieux que par des modernistes. Plusieurs termes (à connotation péjorative)ladésignent : bid‘a (innovationhérétique), shirk (idolâtrie), cha‘wada (charlatanisme), khrayfe (balivernes). Elle fut bannie par des nationalistes au nom de l’unité politique et religieuse de la nation et au nom du réformisme religieux visant à purifier l’islam de ce qui est jugé excès rituel et émotionnel (transe, visite des sanctuaires). Elle fut également bannie au nom du positivisme scientifique, du progrès, de la lutte contre le sous-développement culturel et autres notions similaires.»[11]

En tout état de cause, l’Islam constitue une religion de paix ce qui encourage les soufis de déployer les valeurs nobles de l’Islam. Le Maroc était en quelque sorte une grande zaouïa  dans laquelle se refugient tous les chercheurs du confort mental et spirituel.

La véritable  valeur de ce pays réside essentiellement dans ses chefs spirituels qui étaient et constituent encore des flambeaux illuminant les ténèbres de la vie. En Afrique occidentale, on garde encore des rapports forts avec les marabouts marocains.

Conclusion

  Parvenus au terme de notre étude, nous pensons avoir dressé un bilan succinct, nous pouvons dire que le soufisme au Maroc avait un fort impact sur la vie culturelle.  Les marocains ont toujours favorisé les idées équilibrées loin de tout fanatisme dévastateur. Le soufisme est l’une des manifestations de l’amour qui donnera naissance à un courant religieux fort par les rapports du cœur. Les disciples de chaque orientation soufie connait déjà que l’être humain doit planer au dessus des ténèbres de l’avidité.

 Les marocains ont trouvé dans les différentes voies soufies une source intarissable de vertus. Le soufisme met en valeur les rapports humains et stigmatise la violence. Ainsi, nous trouvons des milliers de gens de différentes religions qui assistent aux festivals soufis. La présence à ces rituels pérennise les liens avec le monde de l’amour où se soulagent toutes les douleurs.

  Les différents régimes politiques succédés dans ce pays ont exprimé d’une manière directe ou indirecte leur soutien aux confréries soufies. La majorité des souverains ont exprimé leurs soutiens aux confréries religieuses étant donné leurs rôles socio-éducatifs. De surcroît, ces confréries éloignent les jeunes du fanatisme et sèment pour ainsi dire les semences de la fraternité entre les croyants et les non croyants.

  Nous pouvons constater que le courant soufi a réussi dans l’éducation des marocains ainsi que les peuples de l’Afrique. Tijaniya, kadiriyya, Derkaouya et Chadiliyya et bien d’autres confréries ont posé les jalons d’une bonne éducation religieuse. Ces confréries avaient un rôle impactant sur la vie quotidienne surtout lorsqu’on parle des coutumes et les festivités. Le soufisme a tant apporté à l’enseignement des bonnes valeurs.

Au Maroc et comme dans plusieurs pays africains, les confréries soufies gardent encore les commandements du prophète Mohamed. Il sied de signaler que ces zaouïas constituent des références religieuses dans la matière de l’apprentissage. Les écoles coraniques avaient toujours un rayonnement religieux grâce aux dons des soufis

  Cette éducation se manifeste dans les valeurs de tolérance, de solidarité, et des bonnes intentions. Le soufisme est un long processus historique de purification des gens et un trait d’union entre les humains. Les soufis sont très proches de toutes les religions étant donné leur amour de toutes les créatures. L’amour est un élément de cimentation des relations entre les marocains.

 Il est vrai que l’idéologie ouahhabite et celle des frères musulman ont conquis le Maroc dans les dernière décennies, mais le soufisme ne cesse d’attirer les marocain vers l’essence de l’Islam pur. Dans les campagnes marocaines, on garde encore un attachement solide avec le soufisme vu le grand nombre de sanctuaires

Bibliographie

BENSABER Bouchra, Le concept de maraboutisme au Maroc, Publié dans la Gazette du Maroc, 31- 07- 2006, consulté le 12 janvier 2022

-CHTATOU Mohamed, Soufisme vs. Islamisme dans le Maroc d’aujourd’hui ? , Article 19.ma, consulté le 07 janvier 2022

CHTATOU Mohamed, Réflexions sur le soufisme marocain, L’ODJ.ma, consulté le 08 Janvier 2022

–  GEOFFROY Eric, « Qu’est-ce que le soufisme ? », Laurent Testot éd, La Grande Histoire de l’islam, Editions Sciences Humaines, 2008, Auxerre, pp. 78-84 

KHIARI Bariza, Le soufisme : spiritualité et citoyenneté, 2015, fondapol.org

MOUNDIB Abdelhani, Culte des saints et santé : Les Awliya guérisseurs, Centre Jacques-Berque, 2015, p. 795- 803, http://www.openedition.org/6540

RACHIK  Hassan, Espace public et croyances religieuses au Maroc, Centre Jacques Berque, 2015, pp 705-734, http://www.openedition.org/6540

Web sites

Universalis.fr/encyclopédie/ confréries- musulmanes, consulté le 8 Janvier 2022

fr.Wikipedia.org/wiki/Soufisme, consulté le 12 Janvier 2022

[1] Khiari Bariza, Le soufisme : spiritualité et citoyenneté, 2015, fondapol.org

[2] Universalis.fr/encyclopédie confréries musulmanes, consulté le 08 Janvier 2022

[3] fr.Wikipedia.org/wiki/Soufisme, 12 Janvier 2022

[4] Eric Geoffroy, « Qu’est-ce que le soufisme ? », Laurent Testot éd, La Grande Histoire de l’islam, Editions Sciences Humaines, 2008, Auxerre, pp. 78-84 

[5] Mohamed Chtatou, Réflexions sur le soufisme marocain,  L’ODJ.ma, consulté le 08 Janvier 2022

[6] Chtatou Mohamed, Soufisme vs. Islamisme dans le Maroc d’aujourd’hui ? , consulté le 07 Janvier 2022

[7] Chtatou Mohamed, Réflexions sur le soufisme marocain,  L’ODJ.ma, consulté le 08 Janvier 2022

[8] Idem

[9] Moundib Abdelhani, Culte des saints et santé : Les Awliya guérisseur

[10] Bensaber Bouchra, Le concept de maraboutisme au Maroc, Publié dans la Gazette du Maroc, 31- 07- 2006, consulté le 12 janvier 2022

[11] Rachik  Hassan, Espace public et croyances religieuses au Maroc, Centre Jacques Berque, 2015, pp 705-734, http://www.openedition.org/6540

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