Research studies

Urban digital: the “platformization” of the city and its consequences on urbanity

 

Prepared by the researcher :   Dr. Adel Ben Hussein – is a research professor at the University of Tunis

Democratic Arab Center

Journal of African Studies and the Nile Basin : Twelfth issue – July 2021

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin.

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
ISSN  2569-734X

Journal of African Studies and the Nile Basin

Abstract

Technological changes have often produced significant social changes, which are reflected in the space and practice of planning

We will try to identify four different ways in which digital technology is completely disrupting urban planning practice. Decryption of these dynamics, often more complementary than contradictory, at work today in large cities.

L’association entre « ville » et « numérique » est déjà très ancienne. Le numérique sert la ville autant que la ville sert le numérique On retrouve ici la contradiction soulevée plus haut sur la définition des communs : il s’agit, grâce ou avec le numérique, de trouver de nouvelles manières de résoudre les conflits, de poser des rapports de force, et d’imaginer une ville en commun.
À la fois dans la capacité des municipalités à mieux établir un « tableau de bord » de leur ville et, optimiser diront les optimistes, contrôler diront les autres, les activités et les comportements dans leur zone de responsabilité. Mais aussi dans les opportunités nouvelles offertes aux habitants de se rencontrer, d’échanger, de construire des relations sociales, souvent médiées, mais plus prégnantes et intimes que ce que les générations précédentes appelaient une vie « métro, boulot, dodo ». Nous vivons en réalité dans deux écosystèmes simultanément : l’écosystème terrestre, avec ses marqueurs spécifiques (déplacements, qualité de vie, habitat…) et ses crises internes (réchauffement climatique notamment), et l’écosystème numérique, avec ses utopies participatives comme avec les modes de soumission à une économie de l’attention. Parler ainsi des pratiques numériques quotidiennes, c’est rejeter la notion « d’outil », qui ne considère que l’aspect de prolongation des capacités humaines… alors que le numérique modifie profondément notre relation à l’espace, au temps, mais aussi aux relations humaines, au travail et in fine à la manière dont nous envisageons le gouvernement des choses et des êtres. Parler d’écosystème numérique, c’est également aborder l’impact sur la vie quotidienne des modes actuels d’établissement des relations, des échanges, des partages des savoirs. Créer un imaginaire collectif pour penser la ville de demain, ses capacités de résilience, d’auto-suffisance, d’adaptation autant que les volontés de devenir des « villes monde » (Sassen, 1998) passe par l’élaboration partagée dans l’espace numérique avant d’avoir des effets concrets dans l’espace physique. Il n’y a pas d’un côté des communs de la connaissance et de l’autre ceux de l’espace naturel, mais une articulation nouvelle, qui est à la fois dans le temps long (capacités de coordination des acteurs, d’élaboration…) et dans le temps dit « réel » de la synthèse algorithmique des informations émanant des objets connectés (capteurs, divers, vidéosurveillance, et appareils personnels mobiles).
La ville se construit sur trois légitimités qui sont à la fois en concurrence et en coopération :
 les pouvoirs publics, avec les divers échelons territoriaux, qui disposent de la légitimité offerte par l’élection et de la capacité de mobiliser des moyens autour de l’intérêt général. Mais ceux-ci ont tendance à se considérer comme les seuls en capacité de définir et d’instituer cet intérêt général.
 les opérateurs privés, dans tous les domaines, qui imaginent de plus en plus une ville « utopique » ou « fluide », « sans couture ». La première conception des smart cities relevait de cette logique de captation privée des informations de la ville.
 la population, qui par ses actions directes, individuelles (ouverture de commerces, choix de l’habitat, mais également relations numériques, notamment via les médias sociaux) ou collectives (mobilisations, mouvements sociaux, construction et défense de communs dans la ville) participe à façonner la ville.
Une question de recherche qui se pose à nous est de savoir si et comment l’équipement numérique va rebattre les cartes de ces trois légitimités et permettre l’extension des communs urbains, c’est-à-dire la prise en charge par les habitants de l’évolution de leur ville.

Les réseaux urbains
L’espace urbain est composé de trois niveaux de réseaux qui sont tous les trois profondément impactés par le numérique. D’une part les réseaux de surface, les lieux ouverts où les habitants circulent, se rencontrent ; les réseaux des utilités ou l’urbanisme des réseaux (Dupuy, 1991) : eau, évacuation, électricité… et réseaux numériques et communicationnels ; et les réseaux culturels, les lieux d’échange et d’élaboration collective. Les pouvoirs publics définissent les usages et accès de ces trois réseaux, mais les habitants savent s’insérer dans les interstices. Notamment avec le wifi et les réseaux de télécommunication de nouvelles génération et la géolocalisation permanente, l’accès aux informations est devenu ubiquitaire dans les villes, et les équipements dont disposent les individus vont renouveler les usages.
L’espace public de la ville est lieu de brassage, de rencontre, dont l’usage est souvent codifié par les puissances publiques ou régit par des normes sociales. Ainsi de l’usage collectif des trottoirs entre règles coutumières (convention de coordination comme le fait de laisser passer les personnes âgées) et règles de gestion publique (autorisations et prélèvements pour l’installation de terrasses privées par les commerces locaux, notamment les bars). Dans la ville, les espaces sous régime de propriété et les autres (en général dépendant de la domanialité publique) sont fortement intriqués. Et les pratiques sociales sont en permanence au confluent de relations privées et de l’exposition publique. Ces pratiques sont réinventées de façon très importante par l’existence des outils numériques. On peut en trouver un exemple dans les changements provoqués dans les pratiques de rencontre et la sexualité par les applications géolocalisées dédiées. La déambulation et les rencontres sont « augmentées » par le recours à des profils sur ces applications. Ceci a une conséquence sur l’hétérogénéïté des constructions relationnelles. Selon une étude de simulation, il en résulterait une plus grande mixité raciale des relations permanentes qui s’en suivent parfois, ajoutant le numérique aux situations de brassage des populations des zones urbaines (Ortega, Hergovich, 2017).
Les smartphones sont des outils de socialisation, et à ce titre modifient les relations dans la ville. Quand on doit se voir, on se téléphone : « T’es où ? » ayant remplacé le traditionnel et phatique « Allo ». On n’entre plus par hasard dans le restaurant du coin de la rue, mais on consulte Trip Advisor. On se déplace en ayant repéré le meilleur chemin via des applications comme MooveIt ou la RATP. Et quand il est question d’automobile, on utilise Uber, ou des plateformes équivalentes mises en place par les sociétés de taxis, réveillées de leur confort monopolistique par ces nouveaux venus aux pratiques commerciales agressives. Mais pour autant, tous ces outils, cette infrastructure de communication, permettent-ils de construire du commun urbain ? Ou bien définissent-il le nouvel espace géographique, dans lequel les initiatives humaines vont pouvoir (ou devoir) se frayer un chemin pour construire la ville en commun ? Car les réseaux qui permettent cette nouvelle sociabilité sont en grande partie privés et concentrés. Il ne s’agit pas d’équipements publics dont les usagers auraient les clés, mais de plateformes dépendant de stratégies commerciales ou d’influence.
Plateformisation
L’équipement numérique peut lui-même être considéré comme une infrastructure à trois étages. Tout d’abord une couche physique, qui à l’image des autres réseaux de la ville (adduction et évacuation des eaux, routes, transports publics,…) va demander des investissements importants, va suivre les lieux les plus actifs (fibre haut débit dans les centres ville et les zones industrielles et commerciales). Puis une couche logicielle qui va permettre les échanges entre les appareils connectés. Pour l’instant, l’internet est le principal outil logiciel normalisé. Mais il est trop gourmand en énergie pour le peu de besoins des « objets connectés » qui se multiplient dans les villes (capteurs, beacons, caméras…). On va donc voir apparaître des protocoles spécifiques pour garantir la connectivité de ces objets. Enfin, une couche d’application peut également, quand elle est observée du point de vue des usages sociaux, être considérée comme une infrastructure de services. C’est notamment le cas des médias sociaux, infrastructure d’une nouvelle sociabilité. Ces médias ne seraient rien sans ce que les usagers eux-mêmes injectent dans l’équipement qui leur est proposé. Plus de deux milliards de personnes se sont pourtant prises à ce jeu qui consiste à fournir à une plateforme comme Facebook des informations très privées en échange d’un ciblage publicitaire toujours plus intrusif… et qui a des conséquences politiques comme le montre le débat actuel aux États-Unis.
La tendance générale du numérique est à la « plateformisation » : quelques opérateurs créent des plateformes qui mettent en contact des offreurs de services (publics ou privés) et des usagers. Le risque étant alors que ces plateformes ne deviennent les acteurs principaux de l’évolution des villes, alors même qu’elles sont mues par leurs propres intérêts en tant que plateformes. Une contradiction nouvelle que les acteurs des communs urbains vont devoir affronter.
La confiance, qui est la base du commerce, se construit dorénavant sur les plateformes où chacun est noté, évalué, soumis à commentaire… mais où les acteurs des services ont besoin d’être présents pour trouver leur clientèle. Ce qui donne un pouvoir immense à ces infrastructures de plateforme. Et qui a des conséquences sur l’organisation même des villes. Par exemple, Ada Colau est devenue maire de Barcelone au travers du mouvement « Barcelona en comu » en raison de son expérience d’activiste contre le mal-logement et les expulsions. Dans ce cadre, elle a dénoncé l’impact de Airb’nb sur le prix des loyers, sur la disponibilité des logements et l’affluence touristique dangereuse pour l’équilibre écologique de la ville. Et ce n’est pas la seule ville à voir la plateforme engendrer une gentrification accélérée (Posner, 2017). Dans le même ordre d’idées, la ville de Londres est entrée en conflit pour interdire l’usage de Uber qui ne prenait pas de mesures suffisantes pour assurer la sécurité des passagers (AFP, 2017).
Ce que l’on a appelé « l’économie collaborative » est ainsi basée sur une double tenaille. D’un côté, il s’agit de promouvoir l’usage avant la possession. Les difficultés des services d’auto-partage coopératifs, de co-voiturage libre, montrent en miroir que la dynamique porte en réalité sur une consommation d’opportunité et l’attrait de revenus secondaires quand elle est orchestrée par les plateformes numériques (par exemple Blablacar pour le partage payant de trajets… en échange d’une confiance établie sur la base de la notation permanente des participants entre eux). Pour évaluer ce type de plateformes en relation avec la construction de communs, il convient de regarder les intérêts propres de ces acteurs intermédiaires.
Une ville servicielle

Est-ce que les municipalités, à partir de leurs responsabilités spécifiques peuvent faciliter la prise de responsabilité directe des citoyens, et penser la co-construction de la ville de demain ? Le point de rencontre entre les villes et les services numérique se produit souvent autour des services rendus à des citoyens considérés comme des usagers ou des consommateurs. Ce sont souvent les municipalités qui financent et mettent en place les « civic tech », ces dispositifs qui visent à fluidifier la relation entre les citoyens et les élus. Dans les services de proximité, nous trouvons peu d’outils destinés à favoriser l’auto-organisation des citoyens, ni leurs capacité d’interpellation politique. Mais il y a de nombreux outils pour développer la « participation ».

Le service ‘Dans Ma Rue’, version parisienne d’un service anglais à succès appelé FixMyStreet, se présente ainsi : « Utilisez l’application mobile gratuite ‘Dans Ma Rue’ depuis votre smartphone pour transmettre directement les anomalies que vous constatez et vos propositions de végétalisation depuis les rues ou les parcs de Paris » . Le flâneur ou l’habitant peut photographier des situations pénibles et informer ainsi les services municipaux. Il s’agit d’améliorer les services proposés par la municipalité, ce qui est intéressant, mais ne résout pas la question de la co-construction avec les habitants, qui est la marque des communs urbains.
Plus généralement, on peut légitimement se poser la question des orientations à l’œuvre derrière le concept de smart cities. Ce concept a connu plusieurs définitions, qui toutes renvoient à la construction d’une ville sans couture, une ville fluidifiée par la connaissance des multiples mouvements browniens qui l’agitent et par l’amélioration des connaissances en temps réel de ce qui se passe dans les agglomérations. L’idée est d’abord venue des industriels de l’informatique, Cisco et IBM en tête, et a été proposée aux villes comme une offre de « solutionnisme technologique » pour construire des villes durables et résilientes. Dans la première phase, il s’agit d’organiser la remontée d’information par le biais de capteurs, puis d’utiliser ces informations pour agir, si possible à distance sur les services concernés (feux de circulation, éclairage,…). Aujourd’hui, ce sont les notions de dashboard ou centres de commande, systèmes de vision panoptique des activités recueillies par ces capteurs qui ont le vent en poupe. Mais cette vision de la ville intelligente s’est surtout conçue sans les habitants, d’où une nouvelle orientation par le biais des civic tech.
Les projets de smart cities se transforment petit à petit en projets de « data cities » (Peugeot, 2014) : il s’agit de concentrer les données produites en permanence dans la ville, soit par la municipalité ou les services publics et les capteurs installés, soit par les opérateurs de service sous délégation, soit enfin directement par les citoyens, ce que le magazine Wired appelle le « pocketsourcing », le téléphone mobile devenant capteur ambulant et représentant le flux réel des personnes dans la ville. Un dossier de la CNIL résume bien les problèmes posés par cette approche : « La notion d’intérêt général risque de se résumer à un calcul d’optimisation algorithmique de la somme des intérêts particuliers » (CNIL, 2017). On arrive alors à une conception, un imaginaire, d’une ville qui serait avant tout « servicielle », les habitants étant considérés comme des producteurs de données de façon mécanique, données que les opérateurs délégués par la municipalité vont transformer en services auprès de ces habitants, dans une logique descendante (et donc monnayable). La ville en communs part au contraire des besoins, mais aussi des vécus, des envies, des projets des habitants pour redéfinir l’espace de leur vie.
Des villes comme utopies privées

Mais la dynamique d’une ville servicielle, « augmentée » par la technologie et les données, va encore plus loin, avec l’émergence de projets de « villes privées », ou de quartier entier régis par les spécialistes de la donnée que sont Google, Microsoft ou Cisco. Il s’agit pour eux de repenser la ville non pas comme un lieu de vie collectif, mais comme un espace de services où l’habitant doit être dorloté… tout en perdant sa vie privée et ses capacité d’action collective. Le projet le plus avancé dans ce sens découle de l’accord passé entre la municipalité de Toronto et Google (ou plutôt son holding Alphabet) : le quartier Quayside livré à la multinationale pour imaginer la « ville de demain ». Une tentative similaire a été engagée à Cannes en 2016 entre les équipes de la Mairie et Google France. Les deux parties entendent travailler ensemble à « un plan de développement de l’offre de services numériques » (Cannes, 2016).
Ces projets de googlisation de la ville sont emblématiques à plus d’un titre, car ils s’opposent presque frontalement au projet de villes en communs. Il s’agit d’une ville qui ressortirait du « meilleur des mondes », avec « des navettes autonomes, des feux de signalisation qui repéreraient les piétons, des maisons modulaires, des services de livraison par robots utilisant des tunnels… » (Hook, 2017). Le Premier ministre canadien Justin Trudeau décrit le projet Quayside de Toronto comme : « un banc d’essai pour les nouvelles technologies, qui vont nous aider à construire des villes plus propres, plus intelligentes, plus écologiques » (ibid.). Il s’agit également d’une « ville pilotée par les données », dont les algorithmes analyseraient en permanence le souffle et l’activité pour adapter les services à la fois aux usages collectifs et aux intérêts individuels tels qu’ils sont connus par les algorithmes de Google. Que devient la vie privée dans une telle monade urbaine ? Quelles sont les capacités d’intervention, de mobilisation, de discussion, et d’élaboration d’un projet collectif qui seraient laissé aux habitants ? Quelle serait la régulation d’une telle « ville privée » ? Sidewalk, la division de Alphabet en charge du projet, indique qu’il sera nécessaire que Toronto supprime ou donne des exemptions pour de nombreuses régulations existant dans les aires urbaines, notamment le code de la construction, les règlementations sur les transports et l’énergie, et que la ville qui émergera de cette vision aura certainement besoin d’une « tolérance substantielle concernant les lois et les régulations existantes ». (Ibid.).
La concurrence entre les grands opérateurs du numérique se déroule donc dorénavant sur le terrain des villes. Bill Gates vient d’investir 80 millions de dollars pour re-construire la ville de Belmont en Arizona. L’opérateur en charge du projet le décrit ainsi : « Belmont sera une communauté en avance sur son temps, avec une infrastructure de communication conçue comme une épine dorsale basée sur les technologies de pointe, conçue autour des réseaux numériques haut-débit et des datacenters, des usines automatisées et des services de distribution innovants, des véhicules autonomes ou des centres logistiques robotisés » (Weiner, 2017).
Cisco n’est pas en reste, qui investit dans les villes intelligentes depuis longtemps, et que l’on dit à l’origine même de ces projets et de la dénomination smart city, vient d’abonder de 1 milliard de dollars le City Infrastructure Financing Acceleration Program (CIFAP). Ce fonds nous promet une ville à la circulation mieux régulée, la pollution réduite, les dépenses énergétiques optimisées, la sécurité renforcée (Lagane, 2017).
Ces utopies, financées par les géants des technologies de l’information et de la communication sont loin de la construction des communs urbains que pourraient permettre la multiplication des équipements numériques. La ville comme plateforme, n’est pas un projet qui vise à encourager l’investissement des individus dans la vie collective, mais au contraire un projet à la fois économique et une utopie froide qui se passe des désirs et volontés des habitants pour les réduire à des fournisseurs de données que les « intelligences artificielles » vont pouvoir interpréter à loisir. Mais au fond, ce projet, qui doit beaucoup aux urbanistes des années trente, Le Corbusier en tête, n’est qu’une manière particulièrement crue d’interpréter le phénomène des smart cities : nos données valent plus que nos vies.
Usages du numérique pour construire les communs urbains

Les divers acteurs des communs urbains sont eux-aussi arque boutés sur les usages numériques. Même les communs non numériques, comme les jardins partagés, les AMAP pour l’approvisionnement alimentaire, les occupations de lieux culturels ou les mobilisations en défense du climat ou de l’eau comme commun s’appuient sur l’infrastructure numérique. Bien évidemment pour la communication entre acteurs des communs, les médias sociaux jouant le rôle de supports organisationnels. Mais le numérique intervient également comme outil de représentation de la ville, notamment autour de la cartographie ouverte, et comme moyen de diffuser largement l’information utilisée pour piloter la ville au travers de l’open data.
Le numérique support organisationnel
D’un point de vue général, le numérique permet à la fois de faire baisser les coûts de transaction (toucher de nouvelles personnes) et les coûts de coordination. Les activistes des communs ont donc dès le début réussi à s’emparer de ces deux qualités pour construire les communs de la connaissance (Benkler, 2006). Mais aussi pour assurer la mise en contact et l’élaboration collective dans le cadre des communs urbains.

Pour co-élaborer un projet, il faut à la fois disposer de l’information nécessaire, trouver des méthodes d’organisation des débats et enfin garantir la mémoire de ces débats et décisions collectives. La plupart des projets de communs urbains utilisent le numérique pour cela : sites web pour la présentation et la mémoire, pad (systèmes collectifs d’écriture en simultané) pour la prise de notes, et médias sociaux pour faire connaître les réalisations et organiser des événements autour des communs urbains . On notera également l’importance des photographies ou vidéos, qui donnent à voir les communs en action, créant ainsi un ensemble référentiel et mettant en lumière de nouveaux modes de vie et de comportement.
Mais c’est une illusion de croire que les plateformes « sociales » qui sont devenues majoritaires sur internet seraient le support des nouvelles pratiques communes à venir. « Don’t be evil » ne peut plus être la référence quand ces acteurs peuvent à la fois disposer d’une influence sans précédent, et être sensible à des manipulations venues d’acteurs déterminés comme l’exemple de l’intervention russe dans les élections américaines le souligne. En fait, par inadvertance, ou en confondant les modèles économiques et les discours utopiques (Turner, 2012), les activistes des communs n’ont pas vu venir la construction d’un « capitalisme de surveillance », ou d’une « architecture de la persuasion » comme dit Zeynep Tufekci (2017).
Les tiers-lieux qui permettent de réaliser ou réparer des objets (Fab Labs, ateliers coopératifs, recycleries…) ou de créer des documents multimédias (Espaces publics numériques, bibliothèques…) sont sollicités, et constituent souvent des exemples majeur des partenariats avec les puissances publiques.
Toutefois, l’usage des grands opérateurs du numérique, au même titre que les suivis de traces de la « ville intelligente », comportent des risques pour la vie privée. Dès lors, construire des espaces internet autonomes, fonctionnant sans mettre en danger ni la vie privée, ni les pratiques et usages des internautes font également partie de la construction des communs urbains. Il faut reconstruire la ville numérique de la même manière qu’il faut reconstruire la ville physique. En faisant participer les habitants à l’élaboration, à la décision et au contrôle des projets collectifs.
Certains vont chercher du côté des logiciels libres pour construire ces plateformes, comme par exemple le projet de l’Association Framasoft qui vise à offrir des outils en se passant de l’intermédiaire des plateformes oligopolistiques. Ce sera son projet « Dégooglisons l’internet », devenu « Contributopia », un terme qui résonne fortement avec les communs de contribution (Framasoft, 2017).
Mais ce passage au logiciels et services en ligne libres demande des efforts de pédagogie, d’expérimentation collective, et parfois de rappels à l’ordre : les défenseurs de la cause du libre soulignent souvent l’incohérence entre les projets de communs et l’utilisation de services centralisés, privateurs et espionnant les usagers. Les acteurs du logiciel libre sont souvent présents lors des actions collectives de construction de communs, à la fois pour ce rôle pédagogique, mais également pour étendre dans tous les domaines les notions de libertés de copier, analyser, partager les connaissances qui sont aux fondements du mouvement des logiciels libres.
Donner à voir les communs urbains
Un second usage du numérique dans la construction de communs urbains est celui du « donner à voir », de la représentation des projets et des objectifs.
Notre espace de vie est conjointement un espace physique, matériel et un espace mental (Bakis et Vidal, 2007). Chaque point de vie est aussi un point d’intérêt pour l’information. C’est une des leçons que l’on peut tirer du succès du jeu vidéo Pokemon Go : on peut faire apparaître de l’information (en l’occurrence des Pokemon, complètement abstraits) sur la carte d’une ville, ou au travers de l’appareil photographique du smartphone dirigé vers des lieux significatifs. Et dès lors, les témoins et joueurs ont longuement déclaré à toute la presse qu’ils avaient ainsi eu l’occasion de redécouvrir leur ville. Cette « réalité augmentée » peut induire des comportements d’appropriation de l’espace urbain au travers des équipements numériques. Il peut également inciter les usagers à produire des informations associées aux coordonnées géographiques. De ce point de vue, les territorialités qui se dessinent au travers du géocaching, jeu de piste géonumérique mondial bien antérieur à Pokemon Go (2001), illustrent bien la capacité du numérique à se présenter comme opérateur de lien territorial et à s’engager dans un processus collectif de patrimonialisation de l’espace local (Vidal, Joliveau, Sansy, Couillet, Jeanne, 2017).
Nous voyons donc se développer un mouvement de « cartographie 2.0 » porté par le grand public, producteur de contenus et de savoirs géographiques (Mericskay et Roche, 2011). OpenStreetMap, comme plateforme de coordination de toutes les activités cartographiques ouvertes y joue dorénavant un rôle central. Tant pour les individus et les associations qui peuvent l’utiliser dans leurs activités pour repérer, mais aussi pour annoncer des événements géolocalisés, que pour les services publics qui peuvent adapter les informations à leurs besoins particuliers.
Avec les cartes ouvertes, nous assistons à une double réappropriation de la cartographie : les usagers peuvent améliorer le fond de carte, préciser des noms ou des objets ; et ils peuvent utiliser ces fonds de carte pour apposer des informations complémentaires. Par exemple, le site fallingfruit cherche à obtenir une représentation géolocalisée des divers endroits où le glanage est possible, soit à partir d’arbres fruitiers plantés dans des espaces sans propriétaire, ou par la puissance publique qui ne ramasse pas les fruits, mais aussi des autres lieux de glanage urbain importants (fin de marchés, déchets alimentaires encore consommables…). Si les acteurs locaux peuvent enrichir cette carte mondiale, la base provient des données ouvertes des services des espaces verts des municipalités : ce qui souligne l’importance des données ouvertes que nous abordons plus loin.
Donner à voir, c’est également la volonté de témoigner (photographies) et de documenter (texte) sur les lieux de vie. Le projet Wiki Loves Monuments (WLM, 2017), lancé par la Wikimedia Foundation vise ainsi à diffuser sous licence ouverte des photographies des divers monuments et points d’intérêt, afin de nourrir en images les fiches géolocalisées de l’encyclopédie. Il s’agit ici d’utiliser le numérique pour construire un commun des représentations du patrimoine. On voit ainsi qu’en mobilisant l’imagination des habitants, on peut transformer des éléments du domaine public en des communs mis en valeur par les usagers eux-mêmes.
L’URBANISME À L’HEURE DU NUMÉRIQUE
Les mutations technologiques ont souvent produit des changements sociaux importants, qui se traduisent dans l’espace et la pratique de l’aménagement. Alors que la ville intelligente fait partie des concepts incontournables, voire dominants, les usages du numérique peuvent influer l’urbanisme selon quatre directions différentes. Ces scénarios sont représentés par une boussole, composée d’un axe horizontal opposant acteurs institutionnels et non-institutionnels, et d’un second axe, avec l’opposition entre ouverture et fermeture.
SCÉNARIO 1: UN URBANISME ALGORITHMIQUE OU LE RETOUR DES EXPERTS La première direction possible repose sur la croyance dans la technique et les données, dans la tradition de la cybernétique inventée à la fin des années quarante. La ville intelligente repose, aujourd’hui, sur un accès à des données supplémentaires, dont le traitement est rendu plus rapide par le numérique, offrant de nouvelles ressources pour l’aménagement. Les acteurs privés participent à la circulation de ces modèles. C’est déjà le cas du groupe IBM et du centre d’opérations de Rio de Janeiro. Ce dernier collecte des données auprès d’une trentaine d’agences et de services municipaux, les stocke et les traite grâce à de puissants algorithmes, qui vont permettre de modéliser ces données. L’objectif est de mieux gérer la mobilité et les flux d’énergie dans l’espoir de bâtir une ville plus durable. La crainte est qu’IBM, qui fournit les algorithmes, participe à un contrôle généralisé de la population sans se préoccuper de l’intérêt des citoyens ou des grands enjeux urbains, en particulier la question de la qualité et de l’accessibilité sociale des infrastructures. En outre, le centre de Rio participe à une dépolitisation des politiques urbaines: la réponse aux enjeux publics amène à la formulation de réponses techniques sans mise en débat des solutions, ce qui laisse craindre une dépossession de la production urbaine au détriment des citoyens. Dans ce scénario, la numérisation des méthodes d’aménagement correspond au retour d’un urbanisme d’expertise, avec la domination d’acteurs techniques du secteur privé dans la production urbaine. Cela donnerait une nouvelle jeunesse à une approche rationnelle, qui apparaîtrait maintenant sous les traits d’un urbanisme durable.
SCÉNARIO 2 : UN URBANISME UBÉRISÉ SOUS LA PRESSION D’UNE EXTENSION DU DOMAINE DU CAPITALISME URBAIN La deuxième direction possible renvoie à l’économie digitale – un vaste marché pour les grands groupes de services urbains– mais aussi à l’émergence de nouveaux acteurs. Concrètement, le privé devient plus présent dans l’espace urbain et fait évoluer la définition traditionnelle des services publics, avec les services de mobilités partagées comme Vélib’ ou Autolib’ à Paris, ou les bornes de connexion LINK à New York.
SCÉNARIO 3 : UN WIKI-URBANISME À LA RECHERCHE D’UNE VILLE ALTERNATIVE La troisième direction correspond aussi à un contournement des acteurs publics, mais par la société civile. En effet, en suivant l’esprit des créateurs du réseau internet, des citoyens plus ou moins organisés, mais agissant toujours en réseau, s’emparent des questions urbaines. Ces «hackeurs» ou «codeurs» civiques participent au mouvement des «civic tech» en développant des dispositifs socio-techniques au service d’un renouveau démocratique. Ce wiki-urbanisme correspond à différents registres d’action, allant de la contestation, avec des sites de pétition en ligne (par exemple à Marseille, en 2013, une pétition a permis le retrait du projet de casino, à des formes plus élaborées de contribution et de délibération. Bien souvent, la cartographie sert de base à ces échanges, comme pour Carticipe, qui propose de localiser de nouvelles idées, de les commenter et de voter.

Dans ce cas, les acteurs de la société civile participent à la même dynamique que les acteurs privés du numérique, en remettant en cause la légitimité et la capacité d’action des acteurs publics à faire la ville en les contournant. Cette dynamique n’est pas nouvelle, il s’agit de l’influence des mouvements sociaux, qui s’appuient maintenant sur le numérique et viennent ainsi renforcer l’approche communicationnelle de l’aménagement. De même que l’urbanisme ubérisé, le wiki-urbanisme constitue une remise en cause des acteurs publics.
SCÉNARIO 4 : UN URBANISME OPEN-SOURCE PAR LE RENOUVEAU DES PRATIQUES DES INSTITUTIONS DE L’AMÉNAGEMENT Enfin, la quatrième possibilité s’appuie sur les institutions. Pour elle, la numérisation renvoie à la circulation et l’ouverture des données publiques (open data) et aux nouvelles ressources offertes par la technologie pour mettre en dialogue les acteurs de la ville, avec une évolution des instruments de la participation. Ces dispositifs socio-techniques peuvent prendre différentes formes en fonction de la nature des objets discutés, de leurs spatialisations et des degrés d’ouverture de la décision. À Paris, la numérisation a débuté avec la carte participative « Imaginons Paris » lors de la révision du PLU, avec 22 838 visites et 2 268 contributions. Le numérique vient ainsi donner des ressources supplémentaires pour rendre plus tangible le tournant collaboratif dans l’urbanisme. Celui-ci a pour objectif de parvenir à des consensus par l’intermédiaire d’une interaction réussie entre un grand nombre d’acteurs. Dans ce sens, les technologies numériques offrent de nouvelles possibilités pour rendre ce tournant plus effectif et réduire le décalage entre théories et pratiques.
Ces quatre directions qu’emprunte l’urbanisme numérisé sont davantage complémentaires que contradictoires. Localement, l’une ne va pas éclipser toutes les autres. Ainsi, dans la plupart des villes, il est possible de repérer des interactions dans des configurations locales forcément inédites et hybrides. Elles mettent en avant différentes catégories d’acteurs (techniques, privés, citoyens et institutionnels), qui illustrent la diversité des effets du numérique. À Paris, on retrouve ainsi l’usage du big data pour les grands opérateurs de services urbains, les enjeux de régulation des plateformes comme Uber ou Airbnb, les mobilisations citoyennes en ligne contre des grands projets dits « inutiles » et le développement de plateformes participatives. L’avenir dira si la numérisation progressive des villes sera à la hauteur des promesses, mais nous pouvons déjà faire l’hypothèse qu’il s’agira d’un élément central de l’évolution de la pratique de l’urbanisme
Etude de Smart City Tunisie

Un « smart and sustainable city » tunisien est une ville qui dispose d’un cadre urbain, architectural et paysager harmonieux, en utilisant les nouvelles technologies, la connectivité et les systèmes d’information dans le but d’améliorer le quotidien des citoyens et leur bien-être. Aujourd’hui, la Smart City fait partie des concepts incontournables de la production urbaine contemporaine. En plus d’être résiliente et durable, une ville devrait être intelligente. Cela implique des systèmes et des objets interconnectés par le biais de différentes technologies pour améliorer le mode de vie de la population locale.
En Tunisie, le concept de ville intelligente ou de Smart City commence à prendre de l’ampleur. Pour monter des projets Smart, le programme national Tunisian Smart Cities prévoit un ensemble d’activités concrètes, étendues sur trois ans, en vue de la production des études prospectives et stratégiques, du plaidoyer en faveur du développement territorial, et de renforcement des capacités des acteurs clés.
Le programme vise à optimiser les performances des villes tunisiennes, promouvoir et renforcer les capacités des acteurs locaux pour la prospective à travers un programme d’accompagnement concernant l’interprétation des lignes directrices du guide méthodologique de mise en place d’une démarche Smart City sur leurs territoires.
Il s’agit d’identifier et organiser les acteurs institutionnels, scientifiques, économiques et civils locaux clés qui agissent dans le développement territorial et les accompagner pour formuler des visions territoriales plus durables et réussir le montage technique, administratif, et financier des projets y associés.
Pour ce faire, les villes tunisiennes doivent rentrer dans un cadre d’éligibilité fondé sur 14 points, allant de la mise en place d’une vision concertée du territoire jusqu’à la création de la société de portage locale, afin de pouvoir bénéficier des financements associés, tous secteurs confondus (énergie, gouvernance, urbanisme, renforcement des capacités, mobilité, environnement, culture, patrimoine, digital, …).

Un cadre d’éligibilité fondé sur 14 points
le cadre d’éligibilité, fondé sur 14 points, sur lequel doivent s’engager les municipalités adhérentes. Il s’agit, en fait, de: définir une vision territoriale concertée, matérialisée par un Master Plan Programmatique à l’horizon 2050-2100, produire un document stratégique (ville durable, intelligente, inclusive, résiliente) à travers un planning de projets concertés sur 30 ans sous forme de catalogue évolutif et de planning de projets quinquennaux, élaborer un plan d’action avec 5 projets de tailles différentes avec les business modèles associés et la déclaration des périmètres Smart City qui bénéficieront de statut de zone franche urbaine, produire un schéma directeur des infrastructures numériques dans la ville, produire un schéma directeur d’autoproduction des énergies renouvelables, produire une carte communale de la biodiversité et de la préservation de l’environnement, mettre en place une stratégie communale de lutte contre les changements climatiques, mettre en place une stratégie communale de lutte contre les catastrophes naturelles et sanitaires, produire un schéma communal (et/ou intercommunal) de la mobilité, du transport et de la logistique urbaine, produire un plan local de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel, matériel et immatériel, en plus d’un audit général du patrimoine urbain et architectural, mettre en place une démarche de dématérialisation et de digitalisation de la municipalité, mettre en place une stratégie locale pour l’attractivité de la Ville et le Marketing Territorial, réaliser un audit U4SSC pour la définition et la mesure des indicateurs de performance suivant le référentiel international des «Smart City» développé par l’UIT (Union Internationale des Télécommunications) et finalement créer une société de portage du programme Smart City local avec des capitaux mixtes (Publics-Privés).
«Les freins que rencontre l’approche Smart City en Tunisie sont, essentiellement, liés au manque de ressources humaines au sein des collectivités locales, qui sont, bel et bien, capables de comprendre, d’animer et de porter une initiative Smart City locale… Et, d’ailleurs, les Caravanes que nous avons faites dans les 24 gouvernorats du pays, ont confirmé cela et des communes comme Gabés, Carthage et autres sont, aujourd’hui, porteuses de leur projet Smart City. Il existe un autre élément important et récurrent, qui n’est autre que le manque de moyens financiers pour que les mairies puissent payer de véritables études stratégiques et opérationnelles, qui devraient faire partie intégrante de leur plan de développement et d’aménagement urbain…
D’une manière générale, et malgré ces barrières, la Tunisie d’aujourd’hui, grâce à l’association TSC et à ses partenaires, est en train de créer son propre modèle «décentralisé» de Smart City, qui correspond aux spécificités de chaque région… Ainsi, chaque ville doit inventer son propre modèle de Smart City qui lui ressemble en utilisant les bienfaits des TIC»
Les fondements de la ville intelligente
La Smart City ou ville intelligente consiste globalement en l’optimisation des coûts, de l’organisation, du bien-être des habitants. Ce concept d’origine anglo-saxonne n’est pas nouveau. Les pionnières dans le domaine sont les mégalopoles d’Asie, comme Hong-Kong ou Singapour. Depuis 1980, les technologies avancées et les services de pointe sont les activités dominantes de Singapour, ville audacieuse et futuriste. Cela s’illustre notamment par le projet Supertrees, l’implantation à travers toute la ville d’arbres artificiels hauts de 50 mètres. Ces arbres sont équipés de modérateurs de température. Ils éclairent, récoltent l’eau de pluie, les routes et ses édifices disposent de capteurs et de systèmes destinés à mesurer, organiser le trafic, et anticiper et ajuster les consommations d’énergie, etc.
Pour accéder au rang de Smart City, pour que le challenge soit atteint, toute ville doit avoir un état d’esprit « smart » :
-Les données sont au service des citoyens. Son traitement intelligent repose sur des principes participatifs et de transparence. Son action est une réponse à leurs attentes et leurs intérêts. Elle n’est donc ni intrusive, ni un moyen de contrôle de la vie privée.:
-Pour être smart, la ville s’appuie sur plusieurs projets data impliquant différents opérateurs urbains. Exemple des projet de mesure des déplacements, de la pollution atmosphérique et sonore place. Ces données sont visibles sur une plate-forme Open Data de la ville.
-Être vigilant sur la notion de temporalité des données dans le lancement et l’anticipation des actions. Anticiper le développement de la ville ou la qualité de vie des citoyens ne se définit pas à partir des mêmes données que la prévention des accidents ou la fluidification de la circulation.
L’idée consiste à développer des moyens et des solutions aptes à répondre aux besoins de la population tout en préservant les ressources, l’environnement… L’analyse et la valorisation des données offre aux villes la possibilité de gérer finement leurs leviers économiques, environnementaux, citoyens… Cette gestion intelligente, c’est la capacité de mettre en lien ces leviers, de leur permettre de « performer » non plus individuellement, mais en les reliant les uns aux autres.
Par exemple, Los Angeles optimise les tournées de collecte des ordures à l’aide de capteurs dans les conteneurs. Un centre de supervision de l’exploitation de l’eau potable. Celui-ci collecte, visualise et analyse en temps réel l’ensemble des données liées au service d’eau de la ville. Ce qui permet à la ville de mieux anticiper et organiser les interventions, de réduire les fuites et la consommation de cette ressource.
Rendre par exemple un bâtiment intelligent pour optimiser sa gestion de l’énergie ne consiste pas seulement à le relier à Internet. Il s’agit de permettre à d’autres outils et systèmes de communiquer avec les données de fréquentation, de température. C’est ce défi technique que les villes doivent tout d’abord relever.

-Smart City et Big Data
Le Big Data va permettre de faciliter l’essor des Smart Cities. les technologies analytiques vont rendre nos villes plus saines, plus agréables et plus vivables notamment dans tous les secteurs :
-Transport ;Le trafic automobile sera constamment mesuré et régulé grâce à des puces RFID intégrées aux automobiles. En incorporant des capteurs aux voitures, il est possible de guider les véhicules vers le parking le plus proche
-Domotique ; Toutes les maisons, équipées de capteurs domotiques, peuvent être contrôlées par le biais d’un écran de télévision situé dans le salon.
-Immotique ;Les écrans de téléprésence seront aussi disposés dans les bureaux, les hôpitaux, les écoles et les centres commerciaux.
-Sécurité : Les analyses prédictives ont été utilisées dans plusieurs villes autour du monde pour aider à prédire à quel endroit les crimes risquent de survenir, en se basant sur les données historiques et géographiques.
-Durabilité ; La surveillance et le contrôle sont deux critères essentiels pour assurer la durabilité d’un projet. De fait, les données permettent aux gouvernements et aux entreprises de vérifier les effets positifs ou négatifs de leurs décisions sur l’ensemble de la ville.
L’Open Data, moteur de la Smart City

Ce qui va permettre d’inventer la Smart City, ce sont les connexions entre ces réseaux, le croisement et l’exploitation des données. Le Big Data va permettre de faciliter l’essor des Smart Cities. L’importance de la donnée dans la ville intelligente prend effectivement tout son sens. La logique des réseaux, la collecte et le traitement des données, l’évaluation et la mesure de leur potentiel et de leurs limites conditionnent la performance de ces villes.
En théorie, ces villes intelligentes et connectées pourraient permettre de réduire la pollution, d’améliorer la propreté, de résoudre les problèmes de parking, et d’économiser de l’énergie. Dans la pratique toutefois, l’implémentation de ce concept se confronte à plusieurs problèmes. Néanmoins, grâce au Big Data et à l’Internet des Objets, ce projet utopique pourrait enfin aboutir.

L’interopérabilité des données
La diversité des sources, des données, leur volumétrie, les nombreux acteurs, nécessite un pilotage mené par la ville. La gouvernance et le partage de ces données sont deux principes fondamentaux pour :
-Visualiser et comprendre le fonctionnement, les consommations de la ville et discerner les dysfonctionnements.
– Faire émerger de ces informations des besoins auxquels il convient de trouver de nouveaux usages et de nouveaux services dits « intelligents ».
Enfin, les réelles conditions de succès résident dans l’interopérabilité des données, à savoir l’accès et le partage de toutes les données via des formats standards (dont les APIs). L’enjeu consiste à rendre les données disponibles dans un format lisible et exploitable par les acteurs.
Rendre par exemple un bâtiment intelligent pour optimiser sa gestion de l’énergie ne consiste pas seulement à le relier à Internet. Il s’agit de permettre à d’autres outils et systèmes de communiquer avec les données de fréquentation, de température. C’est ce défi technique que les villes doivent tout d’abord relever.
Le Big Data
Le Big Data peut permettre de réduire la pollution. En incorporant des capteurs aux routes, il est possible de mesurer le trafic total à différents moments de la journée. Il sera également possible de mesurer la présence humaine dans une zone particulière à un moment spécifique pour ajuster l’éclairage urbain en fonction.

Planification urbaine
Les données peuvent aider à planifier la fabrication d’immeubles et l’aménagement d’espaces urbains. Il est possible de développer des modèles pour maximiser l’accès à certaines zones ou services tout en minimisant les risques de surcharge d’infrastructure. En somme, le Big Data permet d’augmenter l’efficience.
Souvent présentée comme technique ou consensuelle, la ville intelligente pose des questions politiques : elle semble en mesure de rebattre les cartes de la gouvernance, avec l’intervention de nouveaux acteurs privés dans la gestion des villes, et un nouveau rapport entre les citoyens et les acteurs des politiques urbaines. L’étude remet en cause la thèse souvent avancée d’un retrait des acteurs publics dans la ville intelligente, qui seraient dominés par les entreprises de software et des télécoms. Certes, dans des cas comme la Tunisie, l’appropriation du concept de ville intelligente par Tunisie Télécom est manifeste, avec la proposition d’un concept général allant du transport à la sécurité, afin de développer une offre de services spécifique en direction des collectivités. Mais d’autres cas pointent au contraire le poids des acteurs étatiques, comme Ogero, instrument du monopole d’Etat sur les télécommunications au Liban. A Hangzhou, c’est la labellisation smart city portée par l’Etat chinois en 2012 et impliquant 285 villes qui a fortement orientée la ville vers cette stratégie. La smart city se traduit aussi par la construction de villes nouvelles et de quartiers pilotes qui font l’objet de collaboration entre des acteurs publics et privés, tels que Tunisia Economic City, qui porte une vision sectorielle et un objectif d’attraction de capitaux, ou encore Beyrouth Digital District, un exemple d’opération immobilière, financé par les pays du Golfe, la Banque mondiale et la Chine, et qui utilise la smart city comme un instrument de marketing. La ville intelligente a aussi entraîné un questionnement sur la manière dont les outils numériques peuvent permettre une implication citoyenne. MiMedellín est un exemple d’interface ludique permettant d’impliquer les citoyens dans la gestion de la cité : des points sont donnés aux citoyens qui participent, des questions multiples permettent aux gouvernants de donner le choix au citoyen. Mais au-delà de l’outil, la participation citoyenne importante de Medellín s’explique par d’autres facteurs : la décentralisation, une logique d’autogestion héritée d’un épisode de violence liées au narcotrafic, un effort fait pour légitimer les politiques publiques par la participation. De plus, le rapport réalisé sur la ville pointe l’importance de la combinaison du présentiel et du virtuel, notamment pour atteindre les populations les plus en difficulté vis-à-vis de l’outil numérique. Mais la participation numérique peut se retourner contre les citoyens. C’est le cas de l’application Administration de proximité à Hangzhou, qui inclut dans ses services la possibilité de dénoncer des incivilités et activités illégales ou informelles. Le cas du stationnement est révélateur : une logique très innovante de géolocalisation de places libres est couplée à un outil de dénonciation du stationnement non autorisé.
Conclusion
En contraste avec la démarche globale et transversale qui transparaît dans le discours sur la ville intelligente, les projets se caractérisent en pratique par une approche sectorielle (notamment la mobilité) et/ou orientés vers des territoires bien spécifiques. La ville intelligente est donc en prise avec les fractures socio-spatiales qu’elle contribue parfois à reproduire ou accentuer, et les effets des politiques menées en référence à la ville intelligente apparaissent parfois contradictoires avec les buts affichés. Le numérique apparaît comme un outil dont l’accès reste très variable. Il ne peut donc pas constituer le seul vecteur de certains services urbains mais peut contribuer à terme à réduire le poids de certaines démarches administratives coûteuses. Il peut permettre aux citadins de s’organiser et de prendre une part plus active aux politiques urbaines. Cependant, il revient aux responsables politiques de fournir les services et infrastructures de base et d’orienter les initiatives privées à travers l’énonciation de stratégies collectives concertées. Par ailleurs, la structuration des marchés des télécommunications est un facteur-clé d’accès : les situations de monopole ou d’oligopole semblent globalement se maintenir et constituent un frein à la démocratisation des usages urbains d’Internet, malgré l’inventivité sociale et les détournements d’usages. Le marché des TIC semble quant à lui à ses prémices et inégalement approprié par les autorités locales. Des initiatives émergent et la croissance du secteur se confirme. Les dynamiques spécifiquement liées à la ville intelligente ne peuvent se passer de la collaboration des pouvoirs publics. Des formations adéquates sont en cours de développement. Certaines “traditions” d’expertises locales (geoprocessing, cartographie) s’affirment et pourraient constituer des références nationales, régionales, voire mondiales à condition de bénéficier d’un soutien affirmé des villes dans lesquelles elles ont émergé. Il existe un grand contraste dans l’appréhension de la ville intelligente en fonction des acteurs interrogés et des villes. Les significations différentes associées à ce mot d’ordre urbain. Ce faisant, elle enjoint à aborder le numérique de manière moins sectorielle, en l’associant à d’autres enjeux urbains tels que l’environnement, la participation, la préservation du patrimoine ou encore la justice spatiale. Cette appréhension permet de présenter le numérique non comme une fin en soi, mais comme un instrument au service d’une ville juste et durable.

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