Research studies

Africa : Is the rapid increase in population a threat to Europe

 

Prepared by the researcher :   M’hamed Lazaar –  The Geography – University of Sidi Mohamed bin Abdullah – Fez

Democratic Arab Center

Journal of African Studies and the Nile Basin : Fourteenth Issue – January 2022

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin.

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
ISSN  2569-734X

Journal of African Studies and the Nile Basin

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Abstract

With its rapidly growing population, insufficient economic growth, and democratic deficit, the African continent combines all the factors that encourage emigration. However, if all available data show the importance of internal migration, the departure of Africans from their continent could increase in the coming decades.

Given its geographical proximity and historical ties, Europe, which has become one of the world’s leading immigration areas, will certainly be a preferred destination for Africans, potential candidates for emigration.

But the current attitude of Europe towards the continent and the large migratory basins openly excludes opening its space to migrants and more particularly to illegal migrants.

The fact remains that the weakening of its demography makes it necessary to resort to immigration, knowing that this initiative is not unanimously supported; it is politically denounced, but economically defended and desired. On the other hand, those who are hostile to immigration cannot deny the vital role of the presence of foreigners in their society.

This reality has been further carcerized during the Covid-19 period. In the light of what we know about European societies, closing the borders to foreigners goes against their equilibrium. This is why the call for the creation of legal channels for international migration is more necessary than ever to avoid human dramas(20000 drowned in the Mediterranean betwen 2014-2020).

Introduction

En légitimant le partage du continent africain, sous prétexte de civiliser les races inferieures, la conférence de Berlin   (1884-1885) a jeté les bases de balkanisation du continent et sa soumission aux grandes puissances européennes. Les Etats africains nouvellement créés dans les années 60 en relation avec le processus de décolonisation sont restés, en majorité, très dépendants des anciennes puissances coloniales[1]. Celles-ci ont conservé des relations privilégiées avec leurs anciennes colonies, sources de matières premières, vitales pour le fonctionnement de leur appareil productif. Les frontières héritées de la période coloniale, l’essor des conflits ethniques et l’instabilité politique ont créé les conditions propices pour les anciens colons de continuer à tirer profit de ses richesses. Cette instabilité s’est exacerbée avec l’augmentation rapide de la population depuis les années 60. Entre 1950 et 2000, la population totale de l’Afrique a plus que triplé, quant à la population urbaine, elle a été multipliée par 9 sur l’ensemble du continent, avec des disparités spatiales notoires au niveau régional.

 Aujourd’hui, l’Afrique représente plus de18% de l’ensemble de la population mondiale contre 16% en 2018. Malgré l’énorme richesse du continent et ses immenses terrains fertiles, il concentre, paradoxalement, le plus grand nombre de pauvres au monde et occupe une place inquietante en matière du développement humain. Ce constat laisse prévoir une éventuelle intensification des flux migratoires. Dans ce continent où la migration est très ancrée dans les structures culturelles, notamment en Afrique de l’ouest, les déplacements de la population se font en grande partie entre les pays voisins .Quant aux flux vers les pays européens, américains, arabes producteurs de pétrole et asiatiques, relativement modérés, jusqu’à présent,  ils augmenteront probablement dans les prochaines décennies au regard de la surcharge démographique, de l’insuffisance de la croissance économique et de l’instabilité politique.

Cet article s’articule autour de trois axes. Le premier analysera succinctement l’évolution rapide de la population africaine et l’enracinement de la mobilité dans le continent. Le second s’attachera à évoquer quelques aspects de l’instabilité politique, la recrudescence des conflits ethniques, stimulateur des mobilités, et enfin, le troisième traitera de l’importance du phénomène migratoire international africain.

Il s’appuie sur une série d’études réalisées en Afrique, en France et au Maroc, ainsi que sur des données statistiques de l’UE, des Nations-Unies et du ministère de l’intérieur marocain .Les données les plus récentes sont extraites de certains journaux nationaux et internationaux

– Augmentation rapide de la population Africaine

Il est reconnu, aujourd’hui, que parmi les changements majeurs à venir ce sera l’augmentation rapide de la population en Afrique. De 250 millions en 1950, 1,1milliard en 2020, le continent devrait avoisiner les  2,5milliards en 2050. De 2000 à 2017, la population de l’Afrique a augmenté de 58 %, contre 19% pour le reste du monde. Cette augmentation a été remarquable, surtout   en Afrique Subsaharienne qui a enregistré la croissance la plus rapide au monde depuis l’an 2000 (autour de 2,7%, contre 0,3% à 1,8% à 2 , 8% ailleurs), selon les Nations unies. C’est pourquoi l’hypothèse d’un triplement de la population africaine d’ici 2100 est plus raisonnable[2], par rapport à celle rapportée par le journal le monde   «  la population pourrait quadrupler pour atteindre 4,4milliards en 2100 »[3]. Cette progression démographique vertigineuse  est soulignée également  par Ivan Martin : « Plus de la moitié  de la croissance démographique du monde  sera concentrée dans dix pays , dont six Africains ( Nigéria , Ethiopie ,République Centre Africain ,Tanzanie, Ouganda et Egypte) »[4] .Quant à  la population  d’Angola ,du Burundi, de la RDC, du Mali, de l’Ouganda, de la Somalie, de la Tanzanie et du Zambie serait multipliée au moins par 5 en 2050[5]. Le problème se pose encore avec plus d’acuité pour le Nigéria et l’Ethiopie. La population du Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique, atteindrait 444 millions en 2030, dépassant les Etats-Unis et 900 millions en 2100[6], en raison d’une forte fécondité : environ 5,7 enfants par femme. Il en est de même pour l’Ethiopie, sa population est passée de 18297476 habitants en 1951 à 108493469(mi-avril 2019)[7].Malgré un taux en assez forte baisse depuis plusieurs années, la population Ethiopienne augmente toujours d’environ 2,3% par an, soit la deuxième population d’Afrique derrière le Nigéria et juste devant l’Egypte. L’indice de fécondité dépasse 4,20 enfants par femme, soit un indice largement réduit par rapport à celui enregistré au Niger : 7,6 enfants par femme. Le faible recule de la fécondité enregistré au Niger : de 7,6 à 6,95 enfants par femme sur la période 2015-2020 n’empêche pas l’augmentation vertigineuse de sa population : de 2,5 millions d’habitants seulement en 1950, ce pays en compte presque dix fois plus aujourd’hui et pourrait atteindre 164 millions d’habitants en 2100, selon les projections des Nations- unies[8]

Selon les prévisions des Nations-unies, le continent africain représentera 22% de la population mondiale en 2050, contre 16% en 2018. En 2017, 41% de la population africaine avait moins de 15 ans. La classe d’âge 15-30 ans qui présente 480millions aujourd’hui ; passera à 780 millions en 2050[9]. L’Afrique en général et l’Afrique Subsaharienne en particulier, présentent, les taux les plus élevés du monde de jeunes entre 15 et 34 ans. Pour répondre à cette croissance démographique fulgurante, l’Afrique doit créer 18 millions d’emplois par an , soit davantage que le reste du monde souligne l’organisation mondiale du travail  ,alors que  seulement 3 millions y sont créés actuellement[10]. Mais l’insuffisance de la croissance économique, environ 1,5% en 2018 avec des différences notoires entre les pays, risque de renforcer leur instabilité. Ceci est d’autant vrai lorsqu’on sait que les richesses du continent (les hydrocarbures, les minerais, les nappes aquifères, les fertilités des sols…), profitent plus aux anciennes puissances coloniales ; aux groupes terroristes et aux réseaux mafieux, plutôt qu’aux africains. D’où l’aggravation de malnutrition ; puisque presque la moitié½ de la population africaine en souffre. D’après certaines estimations, plus de 400millions de personnes en Afrique vivent avec moins de 1,25 dollars par jour[11].

En effet, tandis que d’autres régions ont connu une forte baisse du niveau de pauvreté au cours des quatre dernières décennies, celle-ci s’est aggravée dans quarante-sept pays de l’Afrique Subsaharienne. C’est l’unique région du monde où le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a presque doublé[12] .Parmi les quarante-huit pays les plus pauvres du monde trente-quatre se trouvent en Afrique qui concentre également les vingt-quatre des trente-deux pays qui occupent les dernières places de l’indice du développement humain ajoute-t-elle. Selon un rapport récent des Nations unies (27 avril 2021), le nombre de Sahéliens qui ont besoin d’aide alimentaires et de protection atteint 29 millions. Il s’agit d’un nouveau record enregistré dans six pays : le Burkina-Faso , le nord du Cameroun , le Mali , le nord du Nigéria et le Niger[13]. Partout en Afrique et plus particulièrement en Afrique de l’Ouest, le Sahel central, le bassin du lac Tchad ,le spectre de la faim  constitue une préoccupation majeure . Et il est illusoire de remédier à cette situation dramatique dans un contexte marqué par la recrudescence des conflits communautaires, ethniques et la menace des terroristes. Le problème se pose encore avec plus d’acuité pour les pays du Sahel, qualifiés de « l’angle mort de la mondialisation », pour reprendre le terme de Sylvie Brunel[14]. L’essor des conflits, la pauvreté et la recrudescence des opérations terroristes dans cette zone, sont autant de facteurs menaçants la paix sociale et par conséquent accentuent l’instabilité des populations. A ces facteurs déstabilisants, faut-il y ajouter les changements environnementaux qui provoquent des mouvements intenses et soudains de la population. Ces mouvements se font majoritairement et souvent au sein du même pays et parfois entre les pays voisins.

Au sein de ce paysage déstabilisé, les migrations deviennent une question de subsistance et une option pour les familles et les communautés qui rêvent d’un avenir meilleur.

Conflits et déplacements de la population

En Afrique où les hostilités n’ont jamais vraiment cessé, les déplacements de la population sont  un phénomène constant. Les guerres civiles, les conflits étatiques, ethniques et intercommunautaires, les changements environnementaux et l’émergence des groupes djihadistes sont autant de facteurs à l’origine de ces mouvements.  Il s’agit d’un continent instable humainement à cause de l’interaction des facteurs cités ci-dessus. Les chiffres disponibles illustrent largement cette réalité .Entre1991et 2002, plus de 2 millions de Sierra Léonais ont été déplacés à cause de la guerre civile. Entre 1990 et1995 , un peu plus de 800.000 Libériens ont trouvé refuge en Côte d’Ivoire et en Guinée. En 2002, plus de 400000 Burkinabais ont pris fuite de la côte d’Ivoire vers leur pays .Le Gabon, quant à lui, a renvoyé en 1995, 80000 étrangers dans leurs pays d’origine.

En 2017 , sur les 20millions de déplacés  de par le monde , 75% proviennent de 5 pays africains, la RDC  , le Nigéria, la Somalie et le Soudan (Nord et Sud) .Près des 2/3 des déplacés se réalisent  à l’intérieur  des frontières de leurs pays .En 2018 ,  le continent africain abritait plus de la moitié des 8,5millions de nouveaux  déplacés internes que compte la planète[15] .Sur les 10 pays les plus concernés  par ce phénomène , l’Ethiopie  est la plus touchée, avec 1,4 millions, résultat des violences intercommunautaires et des groupes séparatistes au nord du pays . Sont concernés également la RDC, le Nigéria , la Somalie , le Centre Afrique et le Sud  du Soudan ,selon les Nations-unies[16] . Récemment, plus de 5,3 millions de personnes sont déplacées du Sahel au bassin du Lac Tchad .

Les mouvements de personnes   risquent de s’intensifier davantage avec l’émergence des groupes djihadistes(Katiba Macina ,Alquaeda ) qui trouvent dans une Afrique instable et de plus en plus vulnérable , minutieusement décrite par Sylvie Brunel, un environnement propice pour semer la peur  et l’instabilité.  En 2018 ,au Burkina Faso,  par exemple, la ville Gorgadji, située à une centaine de Kilomètre de la frontière avec le  Mali , a accueilli  plus de 100.000 personnes déplacées  suite aux multiples attaques dans le Nord et l’Est du pays[17]  .Il en est de même pour le Mali ,marquée par l’intensité des conflits entre les groupes socio-professionnels provoquant des déplacements sans cesses des populations depuis le début de la crise.  Ces conflits se transforment parfois en véritables massacres comme cela s’est produit très récemment dans le village Ogossagou où 160 personnes ont été tuées[18]. Un massacre similaire a eu lieux également dans le Village Dogon où 95 personnes ont trouvé la mort suite à des violences intercommunautaires)[19]. Des drames à répétition sont observés également au Niger, au Nigéria et au Mali, bien que le nombre de morts soit modéré par rapport aux 800.000 décès tutsis  enregistrés au Rwanda dans les années 90, sans compter les milliers de déplacés.

En outre, le rôle des facteurs environnementaux dans l’essor des déplacements des populations africaines n’est pas à sous-estimer comme cela s’est produit en 2018, au Kenya, en Somalie,  en Ouganda, au Madagascar et en Éthiopie où les inondations et la sècheresse ont entrainé le déplacement massif des populations.

 En  effet , les déplacements internes et externes  de la population africaine résultent de la combinaison de facteurs complexes :environnementaux ,politiques, ethniques et historiques  .Pratiquement , les anciennes puissances coloniales , soit par le soutien inconditionnel qu’elles apportent aux régimes autoritaires , soit par leur silence complice , ont  une part de responsabilité dans les conflits meurtriers en Afrique et dans  l’instabilité politique de plusieurs pays africains. Entre 1960 et 2020 , 200 coups d’Etat , voire plus,  ont  été  recensés en Afrique , 15 rien que pour  le Mali[20] . Pour les anciennes puissances coloniales, soutenir les pouvoirs en place, aider les ethnies à s’opposer les unes contre les autres, fait partie de leur stratégie qui vise  à assurer davantage de ressources nécessaires pour le fonctionnement de leur appareil productif, comme l’illustre le cas de la France. Sa présence économique, politique et militaire dans les anciennes colonies ne peut être justifiée sans la prise en compte de sa stratégie qui consiste à exploiter durablement leurs ressources.  Les colonies doivent rester sous contrôle, nous devons maintenir l’ordre ancien rappellent les hauts responsables politiques français. L’intervention militaire de la France en côte d’Ivoire en 2002 par exemple, opération qui a engagé 4000 soldats ne s’explique pas uniquement par des raisons politiques, mais également par l’importance de l’implication économique dans ce pays. A titre d’illustration, en 2002, 20000 ressortissants français travaillaient en côte d’Ivoire et les entreprises détenues par les Français participaient à plus de 50% du PIB[21]. L’instauration de CFA n’est en réalité qu’un élément du colonialisme français fortement défendu et ouvertement exprimé par les responsables en question : « Ne touchez surtout pas au CFA sinon vous serez frappés par le terrorisme » déclarait Michel Sapin[22] , ancien ministre de l’économie. De son côté Jacques Chirac a publiquement reconnu les avantages tirés des anciennes colonies « Nous devons être honnêtes et reconnaitre qu’une grande partie de l’argent dans nos banques vient précisément d’exploitation du continent africain »[23].Quant à Nicolas Sarkozy était très ferme« la France ne peut pas permettre que ses anciennes colonies créent leur propre monnaie pour avoir le contrôle total sur leurs Banques Centrales, si cela se produit ,ça sera une catastrophe pour le trésor public qui pourra  entrainer la France au rang de 20eme puissance économique mondiale. Pas question de laisser les colonies françaises d’Afrique avoir leur propre monnaie »[24], souligne-t-il . l’homme africain  n’est pas assez entré dans l’histoire , développe-t-il dans son discours de Dakar[25]  .La réalité  c’est que le drame des africains aujourd’hui  ne peut –être dissocié  de l’intervention des colons européens  « Jadis…Les européens sont venus en Afrique en conquérants .Ils ont pris la terre de vos ancêtres .Ils ont banni les dieux ,les langues , les croyances , les coutumes de vos pères .Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser , ce qu’ils devaient croire , ce qu’ils devaient faire . Ils ont coupé vos pères de leur passé[26] , ils leur ont arraché  leur âme et leurs racines .Ils ont désenchanté  l’Afrique » .Les blessures sont profondes et  l’accession à l’indépendance formelle ne s’est pas   traduite  par une amélioration sensible du niveau de vie de leurs populations. Les anciennes colonies européennes et plus particulièrement les colonies françaises, réparties entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale, sont les plus pauvres en comparaison avec les autres pays ; elles sont aussi les espaces où prospèrent les groupes djihadistes, où se propagent les conflits interethniques et les violences militaires, provoquant d’incessants déplacements de la population aussi bien à l’intérieur du continent que vers l’extérieur. Elles sont surtout celles qui alimentent les flux migratoires illégaux où les migrants risquent chaque jour leur vie en traversant le désert et la Méditerranée.

Officiellement, le message véhiculé par les anciennes puissances coloniales est que les pays africains bénéficient des aides pour soutenir leur développement, mais rien ne se traduit dans les faits. Il s’agit en effet d’une manière de démonstration ostentatoire d’amitié lors des sommets réunissant les Chefs d’Etat et de gouvernement. Plus le temps passe plus l’hypocrisie des Européens devient manifeste. Leur stratégie est de cacher leur mainmise sur les différentes ressources du continent et de conserver leur hégémonie, sans asseoir une véritable politique de coopération qui pourra stimuler le développement des anciennes colonies. La stagnation, voire la dégradation des conditions socio-économiques des populations de nombreux pays Africains ayant accédé à l’indépendance dans les années 60, en est une bonne illustration .Bref, dans les conditions socio-politiques actuelles, l’Afrique qui recèle d’énormes richesses, ne peut et ne pourra décoller. Sa dépendance est extrême. Elle est condamnée à subir du fait que sur le marché international, ce sont les acheteurs des produits africains exportés qui en fixent les prix et non pas les exportateurs africains. Dans ces conditions, il faut s’attendre à la pérennité de l’instabilité politique, à l’insuffisance de la croissance économique, à la recrudescence des conflits ethniques et à la prolifération des terroristes qui favorisent et favoriseront les déplacements sans cesse des populations.

-La migration est une réalité très ancrée dans la vie des Africains

Les migrations et plus particulièrement les migrations internes sont une constante dans la vie des Africains et plus particulièrement chez les habitants du Sahel. Dans cet espace désertique l’équilibre socio-économique des familles est construit autour la complémentarité migration / agriculture .Pour de nombreux ménages ne pratiquant pas l’agriculture ; faute de terres, font en quelque sorte de la migration leur métier[27] .les migrations étaient utilisées non seulement comme une stratégie d’adaptation aux contraintes économiques et environnementales, mais aussi comme stratégie d’adaptation aux changements sociaux économiques et culturels. Les zones rurales, les villes côtières et plus particulièrement les villes portiers étaient les plus attractives. Cette mobilité s’est renforcée davantage avec la monétarisation progressive de la société traditionnelle .Par ailleurs , il est inutile de rappeler que ce phénomène migratoire, n’a rien avoir avec  l’émigration forcée, amorcée au XVI siècle jusqu’à la fin du XIX siècle  et qui a été marquée par le trafic et la traite Negrière vers l’Amérique et qui a touché des millions d’Africains .

En revanche, malgré la complexité des facteurs déstabilisants en Afrique, l’ampleur des migrations de l’Afrique Subsaharienne vers le reste du monde, en général, et vers l’Europe, en particulier, demeure très limitée jusqu’à présent. Le Taux total de migration internationale de l’Afrique est de 2,7% de la population totale, c’est-à-dire un taux plus bas que la moyenne mondiale : 3,4% . Et le nombre total des migrants d’Afrique ne dépasse pas les 16 millions[28] dont plus de 50% se sont installés dans d’autres pays africains. Cette proportion atteint plus de 75% chez les migrants de l’Afrique Subsaharienne.

Selon une étude de la banque Mondiale réalisée en  2011, les dix premières destinations africaines dans le monde sont : la France, la côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, les Etats Unis d’Amériques, le Royaume uni, l’Espagne, l’Italie, le Burkina Faso et le Nigeria[29] .Le Gabon ,et plus récemment Le Rwanda constituent également une destination non négligeable pour de nombreux Africains.

Mais le fait le plus important à souligner dans  ce paysage migratoire africain est que si le continent africain constitue le principal réceptacle pour les Africains qui quittent leur pays , les flux migratoires observés depuis 2000, indiquent une orientation de plus en plus nette vers les pays du nord[30]. Les chiffres disponibles illustrent cette tendance : 813000 migrants irréguliers africains ont traversé la Méditerranée entre 2011-2017[31]. Il est évident qu’un tel chiffre constitue un défi majeur pour l’UE qui ne cesse de multiplier les efforts pour contenir ce problème si complexe.Les efforts déployés ont montré leur inefficacité à juguler un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur .Or , si la mobilité est un phénomène planétaire  et les observateurs dans leur majorité  reconnaissent la contribution modérée du continent africain dans les flux internationaux  à destination les pays d’immigration aussi bien européens qu’américains ,il semble que le durcissement des mesures prises pour contenir l’essor probable des migrants africains  ne  peut décourager les candidats au départ  . Pour faire face à  cette évolution inquiétante, les responsables   politiques Européens et plus particulièrement français se lancent dans la mobilisation  de leurs concitoyens contre le danger de l’immigration en provenance du Sud. Très significative est  la phrase choc  de  l’ex-président français Sarkozy: la crise migratoire n’a pas commencé, elle est à venir. Cette phrase marque aujourd’hui la campagne présidentielle française .  Tous se préparent à la mobilisation contre le défi de l’immigration. La lutte contre ce fléau est primordiale pour assurer la stabilité de l’Europe, souligne Edouard Philippe, l’ex-premier ministre de Macron. Ce dernier, tout en annonçant la création de son propre parti : « l’horizon », a rappelé le danger démographique que représente l’Afrique  quant à la stabilité de notre pays. Dans dix ou vingt ans la population nigérienne dépassera la population américaine souligne-t-il . Les déséquilibres démographiques entre les deux rives de la méditerranée s’aggraveront davantage dans l’avenir, détaille-t-il. Il faut s’attendre donc à une augmentation certaine des flux migratoires en provenance du sud. Cette onde de peur s’étend à la plupart des pays Européens. En Italie comme en Allemagne, en Espagne, en Grand Bretagne, en Belgique, au Danemark ou en Suisse, en Grèce, à Malte , au Portugal, mais aussi en Bulgarie ,en Pologne, tous souffrant du recul manifeste de leur fécondité et l’augmentation soutenue des personnes âgées, le spectre de l’immigration en provenance du  Sud ,constitue une batterie puissante alimentant la montée des partis de l’extrême droite, hostiles  à l’immigration. Pour les plus optimistes d’entre eux, le déséquilibre démographique entre le vieux continent et l’Afrique pourrait être gérable à la condition l’Europe change sa politique envers ce continent.  Car souvent on oublie que cette Afrique noire mal partie décrite par René Dumont et qui fait peur aujourd’hui n’est, en partie, que le résultat des politiques européennes menées dans ce continent. La responsabilité de ses nouveaux dirigeants , à ne pas épargner évidemment, car ces derniers  , une fois au pouvoir, adoptent une politique privilégiant l’intérêt personnel, plutôt la répartition équitable des ressources nationales.  Seule une petite minorité, très dépendante des centres de décisions étrangers, qui en bénéficie. Au regard de son passé historique douloureux, du dysfonctionnement de ses systèmes politiques, d’une gouvernance lacunaire  et de son  poids démographique considérable, il est fort probable que l’Afrique continuera à alimenter les flux migratoires vers l’Europe, mais sans s’attendre à une croissance exponentielle des flux ni à des vagues humaines  comme  celles observées très récemment à la frontière de la Pologne

ou celles enregistrées dernièrement  à Ceuta  ,lorsque 6000 ou  8000 marocains(hommes ,femmes et enfants )sont entrés à Cette enclave.

Source : Tarik Qattab, quelques 6000migrants marocains ont rejoint le préside de Sebta en quelques heures ,Copyright DR .Le 18-5–2021

 C’était un nouveau record commentent les observateurs. Inutile de rappeler l’impact négatif de cet évènement sur les relations diplomatiques des deux Royaumes et qui s’est étendu à l’ensemble de l’Union Européenne. Il s’agit en effet d’un cas isolé qui s’est produit dans un contexte spécifique que nous développerons dans un autre article ; par ailleurs nous signalons que  la destination Européenne est toujours considérée comme un espace privilégié pour ceux cherchant un avenir meilleur. Son attractivité demeure très vive .Des milliers de migrants en provenance du sud et de l’est tentent annuellement, d’une manière légale ou illégale de franchir les frontières de « la forteresse européenne » . Les chiffres révélés récemment,   par FRONTEX  sont très significatifs. Selon cette source 133mille personnes ont franchi illégalement la frontière européennes durant les  9 premiers mois de 2021, soit une augmentation de 68%, par rapport à la même période de 2020[32],  mais beaucoup moins de 180000 migrants  ayant débarqué sur les côtes Italiennes en 2016[33]. Un peu plus de la moitié de ces migrants était originaire du Nigeria, d’Erythrée , de Guinée , de Côte d’Ivoire , de Gambie , du Sénégal , du Mali, et de Somalie[34]. En outre, entre 2011et 2017 les côtes africaines de la Méditerranée ont vu partir 813000 migrants irréguliers, dont 756000 (soit 93%) ont traversé la Méditerranée Centrale[35]. Bref, ces chiffres montrent combien la migration reste la meilleure stratégie de vie pour de nombreux jeunes africains. Le désir de partir d’émigrer reste très fort chez ces derniers. Cette tendance a été largement confirmée lors du sondage Gallup World Pol en Afrique Subsaharienne puisque 31% des interrogés ont exprimé une préférence pour l’émigration plutôt que de rester dans leur pays, contre 14% au niveau mondial[36] .Cette réalité manifeste s’exprime par la détermination et le non découragement des candidats à l’émigration à abandonner leurs projets migratoires, projets de vie, lorsqu’ils apprennent l’arrestation et le refoulement de migrants lors de leurs tentatives de rejoindre l’Europe. La géographie des zones de départs ainsi que les méthodes et les moyens utilisés se diversifient et les responsables politiques européens reconnaissent ouvertement leur impuissance à juguler un phénomène social si complexe. La politique Européenne de l’externalisation de la gestion des migrations dans les pays du sud s’avère moins efficace pour contenir et maîtriser le flux des étrangers dans leur territoire. Il suffit de citer quelques chiffres du ministre de l’intérieur marocain relatifs aux tentatives de l’émigration irrégulière pour mesurer combien le rêve de rejoindre l’Europe reste un projet de vie pour de nombreuses personnes (hommes et femmes).Selon cette source , le Maroc a fait déjoué 42mille et 71 tentatives d’émigration clandestine et a démantelé 156 réseaux criminels actifs dans le commerce humain, en 2021[37]. En outre, 8890 migrants ont été rapatriés dans leurs pays pendant la même période. Partout le commerce humain devenu très lucratif et le pouvoir des mafias de passeurs se consolide davantage.

 A Titre illustratif , ce commerce a généré plus de60millions d’euros au profil des passeurs de nos voisins algériens depuis le début 2021[38] . Cette recette est certainement moins importante par rapport aux sommes considérables reçues par les passeurs exerçant en Libye, en Tunisie, au Maroc et au proche orient .

Alyaoum 24,3-11-2021

L’aide au développement, pour l’Afrique et au pays du Sud en général, telle qu’elle est conçue par les responsables Européens n’a pas et ne pourra pas contribuer à une amélioration sensible des conditions de vie des Africains. Dans ces conditions, le continent africain surchargé démographiquement, instable politiquement et déficient démocratiquement, restera un grand foyer qui alimentera les flux migratoires.

Les données disponibles indiquent par ailleurs que si les migrations africaines se font en grande partie au sein du continent, les flux vers l’extérieur et plus particulièrement vers l’Europe ont nettement augmenté au cours des vingt dernières années. Cependant, s’il est impossible d’estimer avec précision le nombre d’éventuels départs, il est donc peu probable, au regard du poids démographique, des crises environnementales et politiques, que les courants migratoires baissent à court terme .Les candidats à l’émigration montreront certainement une forte capacité d’adaptation pour contourner les contraintes de l’espace migratoire européen et international.

 Les candidats éventuels au départ n’ont certainement aucune idée du pays où ils vont s’installer, ni du travail qu’ils comptent exercer. Il s’agit de véritables aventuriers .Ce n’est qu’après la réussite de leur aventure et l’installation   dans tel ou tel pays, parfois non désiré, que les migrants arriveront à obtenir un emploi .Souvent, il s’agit d’un travail qualifié de trois D (dirty, dangereux, difficiles).

Conclusion

Que l’augmentation rapide de la population africaine puisse inquiéter les pays européens en proie à une peur d’être envahis par les immigrés en provenance du Sud n’est pas vraiment surprenant .La population africaine a triplé en 50 ans, quant à la population urbaine a été multipliée par 9 , sans que cette évolution soit suivie par une véritable politique de développement à la mesure de défi à relever. Reste que le vieillissement des populations des pays européens (d’ici 2050,la part des personnes âgées 60ans et plus sera ,en moyenne multipliée par 1,5% dans les grandes puissances européennes, le phénomène sera particulièrement marqué en Allemagne  (1,56%), en France(1,61%) et  en Italie (1,69%))  rend nécessaire, même s’il est rare que l’on veuille en convenir, le recours à l’immigration. Celle-ci pourrait, être considérée non pas comme une menace pour l’équilibre de la famille européenne mais plutôt une chance. Ceci passe par le lancement d’un dialogue avec les responsables des grands bassins migratoires africains, pour une utilisation rationnelle de l’immigration .Cette démarche doit être consolidée par des collaborations économiques de taille sur des projets précis et avec des conséquences stratégiques .Ainsi, on peut éviter les drames humains qui se produisent au porte de l’Europe , voire même à  l’intérieur de l’Europe ,  comme cela s’est produit au large de Calais  le 24/11/2021 où 31 personnes ont trouvé la mort lors de leur tentative de rejoindre le Royaume -uni   . L’Afrique est un continent riche et moins peuplé para rapport aux autres continents, et si aujourd’hui, elle présente une menace, c’est parce que ses richesses sont pillées par les anciennes puissances coloniales et par une élite récemment installée, prédatrice, très dépendante des centres de décisions étrangers. L’instabilité politique dont souffre l’Afrique n’est en partie que le reflet de cette dépendance. La non-ingérence étrangère en Afrique, la redistribution équitable des richesses et la mise en place d’une véritable politique de développement permettraient probablement de réduire les flux des africains hors du continent, sans les juguler définitivement, dans le contexte de la mondialisation et de vieillissement démographique de l’Europe .Le traitement sécuritaire du phénomène migratoire   ne constitue pas la meilleure solution .Les flux migratoires ne seraient être taris  par quelconque « fermeté ».Il est illusoire de suspendre les migrations .L’Europe a intérêt de créer de voies légales de migration pour « fluidifier les déplacements des populations »  , plutôt de multiplier les appels à durcir les politiques migratoires . Telle est la conclusion du rapport d’enquête réalisée par un groupe de parlementaire français, publiée dans le journal le monde du 16/11/2021. Dans le même cheminement d’idée le groupe « regrette l’utilisation de la politique de délivrance de visas à des fins coercitives ». Mais si le durcissement de délivrance de visas réduira certes le nombre d’entré de migrants légaux dans l’espace européen, il ne pourra, en revanche, empêcher l’arrivé des clandestins.

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