Research studies

Contribution de la Mosquée dans la préservation de la culture et l’identité : Cas de la communauté de la Région de l’Oriental marocaine résidente à l’étranger

 

Prepared by the researcher  

  • BENAICHA Benyouness  – Docteur en Géographie – Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université Mohamed Ier, Oujda, Maroc.
  • SBAI  Abdelkader  – Professeur universitaire. – Université Mohamed Ier, Oujda, Maroc
  • BENRABIA Khadija  – Professeur universitaire – Université Mohamed Ier, Oujda, Maroc

Democratic Arab Center

Journal of Strategic and Military Studies : Sixteenth Issue – September 2022

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
 ISSN  2626-093X
Journal of Strategic and Military Studies

:To download the pdf version of the research papers, please visit the following link

https://democraticac.de/wp-content/uploads/2022/09/%D9%85%D8%AC%D9%84%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AF%D8%B1%D8%A7%D8%B3%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D8%B3%D8%AA%D8%B1%D8%A7%D8%AA%D9%8A%D8%AC%D9%8A%D8%A9-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%B3%D9%83%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%AF%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D8%A7%D8%AF%D8%B3-%D8%B9%D8%B4%D8%B1-%D8%A3%D9%8A%D9%84%D9%88%D9%84-%E2%80%93-%D8%B3%D8%A8%D8%AA%D9%85%D8%A8%D8%B1-2022.pdf

Résumé

Il existe toujours des liens d’ordre social, économique, et émotionnel entre l’immigré et son pays d’origine. Les institutions sociales, telles que la mosquée et l’école (centre islamique) jouent un rôle primordial dans la préservation de ces liens. En se basant sur une méthodologie qui combine entre le quantitatif et le qualitatif, cet article cherche à étudier l’identité et la culture marocaine dans un territoire migratoire en extension permanente. Il cherche à montrer aussi, le rôle de la mosquée et de l’école à l’étranger dans la préservation de l’identité et la culture d’origine. En même temps, il présente quelques défis que ces institutions peuvent rencontrer dans l’élaboration de ces tâches envers les nouvelles générations.

Introduction

La sédentarité de la communauté marocaine et la succession des générations à l’étranger, ont contribué au développement d’un capital social lié à la migration. Il est évident que la construction de ce capital est différente d’un pays à un autre, vu que, les MRE ont connu une installation précoce dans les pays dits traditionnels de la migration internationale, comme la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, et une installation récente en Espagne et en Italie.

Parmi les avantages de ce capital social marocain à l’étranger, nous pouvons parler de la construction des mosquées et l’établissement des écoles, qui ont joué et jouent encore un rôle très important dans le maintien des liens identitaires et culturaux entre les MRE et leur patrie d’origine. Elles offrent à la communauté immigrante marocaine un lieu et un milieu pour pratiquer la culture marocaine. Elles sont aussi un lieu d’épanouissement de l’identité d’origine personnelle et collective.

Le migrant international marocain (homme et femme), se trouve dans une situation très complexe; il est sous l’influence de deux grands pôles d’attraction: le pays d’accueil et le pays d’origine. Cette situation, est critique davantage pour les nouvelles générations, auxquelles l’identité se forge par des interactions culturelles divergentes et non compatibles entre le foyer et la société d’accueil.

En effet, la mosquée et l’école restent toujours des institutions sociales qui contribuent de façon directe à la construction de l’identité de l’enfant, et constituent des lieux de la transmission de la culture d’origine aux nouvelles générations. Pourtant, ces institutions heurtent des difficultés pour exercer ces tâches, à cause de la particularité engendrée par la migration.

Cet article essaie de montrer le rôle de la mosquée et l’école, en tant qu’institutions sociales dans la conservation des liens culturaux et identitaires et la transmission de valeurs et normes d’origine aux enfants MRE de la Région de l’Oriental, ainsi que les défis que ces institutions peuvent affronter à l’étranger.

Nous émettons ainsi deux hypothèses :

– La mosquée et l’école sont des institutions sociales qui contribuent à la conservation des liens des MRE avec leur culture d’origine ;

– Ces institutions affrontent des défis dans leur conservation des liens culturaux et identitaires.

Cette problématique est dictée par deux questions majeures:

– Comment la mosquée et l’école (centre islamique) interviennent pour préserver les liens culturaux et identitaires des MRE ?

– Quels sont les défis qu’affronte la mosquée marocaine à l’étranger pour préserver les liens culturaux et identitaires des MRE ?

Afin de répondre à la problématique, nous allons nous appuyer sur les résultats obtenus durant la préparation d’une thèse sur les défis de la migration internationale marocaine. Nous avons élaboré une recherche documentaire, un questionnaire destiné aux MRE de la Région de l’Oriental résidant en Europe, des entretiens avec les présidents des associations de deux mosquées en Espagne et en France, et l’élaboration d’un focus groupe en Espagne.

  1. La mosquée préserve la culture et l’identité des enfants MRE hors la famille

Pour les enfants MRE, le contact avec la culture d’origine ne peut avoir lieu que dans la famille, la mosquée, les chaînes de télévision, ou durant les visites au Maroc. A cet égard, les Marocains Résidents à l’Etranger (MRE) ont créé des associations et des centres islamiques, dont l’objectif est la contribution dans l’intégration sociale et religieuse de cette communauté et la conservation de son identité marocaine et islamique dans la société d’accueil. Ces associations et ces centres offrent des services aux différentes catégories sociales de la communauté marocaine et musulmane, parmi lesquelles, les enfants, qui reçoivent des leçons religieuses et de la langue arabe.

Par ailleurs, à l’étranger, dans une autre société différente à la société d’origine, les MRE sont bien conscients des défis qu’affrontent leurs enfants, surtout, en ce qui concerne leur relation avec la culture d’origine. Pour cela, ils les inscrivent dans des associations ou des centres afin de recevoir des cours de culture (tableau 1).

Tableau 1 : Types des cours culturels suivis par les enfants des MER contactés

Type de cours Nombre %
Cours de langue arabe 71 39%
Cours sur la religion 25 13,7%
Cours de l’Amazigh 2 1,1%
Sans réponse 84 46,2%
Total d’observation 182 100%

Source : Questionnaire destiné aux MRE, 2016-2017

On constate que 53,8% des enfants des MRE contactés suivent des cours relatifs à leur culture d’origine : 39% suivent des cours de langue arabe, et 13,7% suivent des cours sur la religion basés sur l’apprentissage du Coran et quelques notions sur la prière, le ramadan et des comportements quotidiens. Seulement une proportion très faible des enfants des MRE suit des cours de l’Amazigh (1,1%).

 À titre d’exemple et non d’exception, nous allons présenter deux exemples d’associations qui offrent ce genre de services aux MRE, le premier en Espagne à Igualada et le deuxième en France à Château Thierry.

I.1. Le centre islamique d’Igualada

Igualada est la capitale du département de l’ANOIA, qui fait partie de la province de Barcelone. Elle se situe à 60 km à l’Ouest de la ville de Barcelone (carte 1). Elle est bâtie sur la rive Nord de la rivière de l’ANOIA à 351,8 m d’altitude[1].

Au 1er janvier 2015, la région de Catalogne abritait 1 067 465 étrangers, ce qui représente 14,1% de sa population, dont les marocains occupent le premier rang avec 217 955 immigrés, soit 20,4% de la population étrangère, suivis par les roumains au deuxième rang avec 99 892 immigrés, soit 9,4% de la population étrangère[2], ce qui reflète la masse de la communauté marocaine dans cette région.

Source : Travail personnel

Carte 1: Localisation de la municipalité d’Igualada en Espagne

Pour le département de l’ANOIA, il abritait au 1er janvier 2015, 9 684 immigrés, ce qui représente 8,2% de sa population (Tableau 2). Les marocains sont toujours au premier rang avec 4 246 émigrés soit 43,8% de la population étrangère, suivis par les roumains avec 1152 immigrés, soit 11,9% de la population étrangère[3].

Tableau 2: Nombre et pourcentage des marocains parmi les étrangers en Catalogne, Anoia et la ville d’Igualada en 2015

  Population totale Etrangers Marocains % des marocains dans la masse des étrangers
Catalogne 7 546 827 1 067 465 217 955 20,4%
Anoia 117 809 9 684 4 246 43,8%
Igualada 38 940 4 319 1 863 43,1%

Source : Conseil Comarcal, informe estaditic: les migracions a la comarca de Anoia 2015. Departement de benstar social i atencio’ la ciudadania. Area de ciudadania i convicencia.

Comme il est montré dans le tableau 2, la ville d’Igualada abritait en 2015 une communauté étrangère très importante. Elle a atteint 4 319 étrangers, soit 11,1% de sa population totale. Les marocains représentaient 1 863 immigrés, soit 43,1% de la population étrangère, 992 étaient des hommes et 872 étaient des femmes[4].

Les marocains résidant à cette ville ont créé une association, qui a pour objectif, l’achat d’un local ou un terrain afin de le transformer à une mosquée. Après des négociations marathoniennes sur l’accord et l’endroit de la construction de la mosquée, vu que, cette dernière doit être bâtie dans un endroit qui ne crée aucun mal entendu ou des conflits avec la population locale. Finalement, l’Association a pu obtenir un accord de la part de la municipalité en 2006 sur l’endroit de l’achat du local.

Source : Cliché personnel Igualada, Espagne le 13 Novembre 2016

Photo 1: Local transformé en mosquée d’Igualada

La mosquée est implantée dans un quartier industriel qui se trouve à l’Est de la ville, dans une zone où il n’y a pas de population.

Source : Travail personnel, (https://www.google.com/maps/)

Figure 1: Implantation de la mosquée d’Igualada

Les frais d’achat du local et sa restauration pour qu’il soit adapté à la prière et aux autres services, ont atteint les 600 000 € jusqu’au 12 Novembre 2016. La mosquée actuellement possède un rez-de-chaussée et deux étages. Le rez-de-chaussée et le premier étage ont une superficie de 400 m2 chacun. Quant au troisième étage, il a juste une superficie de 112 m2, et la bibliothèque occupe 60 m2. Le financement de l’achat et de la restauration s’est basé sur les dons des croyants et la cotisation mensuelle des émigrés musulmans de la ville.

Au début, l’objectif de l’association était l’établissement d’un lieu pour la prière. Après l’achat du local, elle a élargi les services pour que la mosquée devienne un centre islamique, qui prendra le nom du Centre Islamique d’Igualada.

Le centre, offre un nombre de services sociaux et culturels à la population immigrante, tels que la célébration des cérémonies de mariages et de baptêmes. Ce qui nous concerne ici, c’est l’offre destinée à la conservation de la culture d’origine des enfants des MRE et de la population musulmane, spécifiquement l’organisation des cours de la langue arabe et de la religion.

Dans ce sens, nous allons présenter les côtés organisationnels de cette opération à savoir, le programme, les niveaux et l’organisation d’emploi du temps, le soutien et les contributions, et quelques contraintes que l’association affronte. Ces résultats reviennent à l’entretien que nous avons organisé avec le bureau exécutif de l’association qui gère ce centre islamique le 12 Novembre 2016, et aux résultats ressortis du questionnaire avec les MRE.

I.1.1. Une offre pédagogique non adéquate à la migration.

L’association s’occupe elle même de l’élaboration du programme adopté dans le processus de l’enseignement. Le Président de l’association a affirmé qu’ils n’ont pas demandé de l’aide pédagogique. C’est leur propre effort ; ils ont élaboré un programme pour chaque niveau. Pour la langue arabe, le programme est celui des manuels scolaires utilisés à l’école publique marocaine. La même chose pour l’éducation islamique (le coran, la souna, et le comportement). En ce qui concerne l’enseignement de cette matière, il se base aussi sur des manuels scolaires marocains (Photo 2).

Source : Cliché personnel, le 12 Novembre 2016, Igualada, Espagne

Photo 2 : Manuels scolaires de la langue arabe et de l’éducation islamique enseignée

La méthode d’enseignement et le transfert du contenu restent toujours liées aux efforts et à l’expérience des professeurs, car, il n’y a pas un suivi au curriculum de la matière établi par le Maroc. De même, les professeurs n’ont pas reçu une formation pédagogique.

En effet, le Président de l’association a affirmé que « les professeurs pensent, que le programme doit être convenable avec l’environnement dans lequel les élèves émigrés ont grandi. L’association cherche actuellement à élaborer un programme adapté au contexte migratoire en Espagne ». Il est évident que la volonté d’élaborer un programme qui convient au contexte migratoire en Espagne est une initiative qui mérite l’encouragement et le soutien de la part des responsables des affaires de la migration au Maroc, puisque l’association s’est trouvée convaincue que le programme marocain est élaboré dans un autre contexte, et les élèves ne réagissent pas convenablement avec ce programme.

I.1.2. Niveaux et organisation d’emploi du temps

Les inscrits sont répartis sur quatre niveaux. Chaque niveau est réparti en groupes et chaque groupe est composé de 25 élèves :

– Niveau 1: comporte 6 groupes

– Niveau 2: comporte 3 groupes

– Niveau 3: comporte 2 groupes

– Niveau 4: comporte 2 groupes

En ce qui concerne l’emploi du temps, les cours ont lieu juste le samedi et le dimanche. Chaque deux heures, quatre groupes sont en classes. En général, il y a 13 groupes, ce qui fait que, chaque élève bénéficie chaque semaine de deux séances.

Tableau 3 : Emploi du temps pour les élèves inscrits à l’école du centre

10h            12h 12h                14h 14h                16h 16h                18h
Groupe 1 Groupe 5 Groupe 9
Groupe 2 Groupe 6 Groupe 10 Groupe 13
Groupe 3 Groupe 7 Groupe 11
Groupe 4 Groupe 8 Groupe 12

Source : Entretien avec le bureau exécutif de l’association, le 12 Novembre 2016, Igualada

L’école offre aussi des cours d’alphabétisation pour les hommes et les femmes. Il y a 33 femmes qui bénéficient de deux heures de formation chaque lundi et mercredi, et 10 hommes qui bénéficient de deux heures de formation chaque mardi et jeudi.

À propos de la masse des inscrits dans les différents niveaux au Centre Islamique d’Igualada, la figure 2 présente une évolution du nombre d’élèves entre 2012 et 2016. Il faut souligner ici que ces statistiques sont offertes par le nouveau bureau qui gère l’association, et qui a adopté un nouveau mode de gestion, qui lui permet de recenser les inscrits et de mieux diriger le centre. Le bureau précédent avait un autre objectif, qui est la construction et l’organisation de la mosquée, car, sans ce local, ces services n’existeront jamais.

Source : Entretien avec le bureau exécutif de l’association, le 12 Novembre 2016, Igualada

Figure 2: Evolution du nombre de bénéficiaires des cours de langue et de la religion offerts par le Centre Islamique d’Igualada

Nous constatons de la figure 2, que le nombre d’élèves bénéficiaires des cours de la langue arabe et des cours sur la religion a connu dès 2012 une évolution positive jusqu’à 2016, où il a atteint 300 élèves. Ce qui reflète que nous sommes devant un nombre important d’élèves si nous prenons en considération que le nombre des marocains dans cette ville est de 1863 émigrés.

En ce qui concerne l’origine des inscrits, le Président de l’association a confirmé que les inscrits marocains sont d’origine de :

  • La Région de l’Oriental: Nador, Taourirt, Oujda, Guercif
  • Les autres régions marocaines: Abi Al Jaâde, Beni Mellal, El Hociema, Marrakech, El Jadida, Khouribga, Tanger, Khenifra, Oued Zem, Ouarzazate, Errachidia, Casablanca, Tétouan, Rabat.

Le Président n’a pas pu nous donner le nombre des bénéficiaires selon chaque ville marocaine, pourtant il a affirmé qu’il y a des inscrits d’autres nationalités ; il s’agit de 6 algériens, 2 tunisiens, 22 subsahariens, 2 libyens et un espagnol.

Source : Cliché personnel, le 12 Novembre 2016, Igualada, Espagne

Photo 3 : Séance de langue arabe au Centre Islamique à Igualada

La photo 3 montre une des quatre classes du Centre Islamique à Igualada. Il paraît parfaitement bien que le nombre d’élèves est assez important, ainsi que, les murs de la classe sont encore en phase de restauration.

Le Président de l’association a confirmé que le nombre des inscrits à l’école du centre, n’est pas le nombre total des enfants de la zone d’Igualada. Il y a des parents qui ne veulent pas que leurs enfants suivent des cours en langue arabe. La zone d’Igualada est composée de deux autres petites villes (figure 1, P : 7). Il s’agit de la ville de Vilanova Del Cami qui se situe à l’Est de la ville d’Igualada et qui possède une petite mosquée, et Santa Margarida de Monbui qui se situe au Sud et qui possède une salle de prière. La distance qui sépare ces trois villes est de quelques centaines de mètres.

À la mosquée de Vilanova Del Cami, il y a 65 élèves marocains qui suivent des cours de langue arabe et des cours sur la religion, et à Santa Margarida de Monbui, il y a 25 élèves. Cela signifie que la zone d’Igualada offre des cours à 390 élèves, dans deux mosquées et une salle de prière.

Il paraît que le nombre est important, et impose une intervention immédiate de la part de l’Etat marocain, car les responsables de l’association affirment, que l’association seule, ne peut pas gérer les besoins matériels, financiers et pédagogiques de ce grand nombre d’élèves. Le nombre est aussi alarmant, vu les problèmes qu’affronte la communauté marocaine, maghrébine à l’étranger, à savoir la délinquance et le terrorisme.

I.1.3. Manque de soutien et faible contribution des parents

Le Président de l’association a confirmé que l’association, ne reçoit aucun soutien, ni financier, ni pédagogique, de la part de l’Etat marocain. «Lorsque nous avons terminé la deuxième tranche de la restauration de la mosquée et l’école, nous avons invité le Consul marocain à Barcelone pour assister à l’ouverture, malheureusement, il n’a pas pu assister ».

Le Président a évoqué aussi que la contribution financière des parents des bénéficiaires est limitée à 60 euros par ans pour chaque enfant. Cependant, juste 50% des parents paient cette somme. Les responsables de l’association ne peuvent pas priver les enfants de suivre les cours à cause du non engagement de leurs parents.

Selon le bureau exécutif, l’Etat espagnol a soutenu financièrement l’association deux fois simultanément par 15 000 euros et 30 000 euros. Elle offre également d’autres services, telles que l’évacuation des voitures de tous les parkings à proximité de la mosquée pour être occupés par celles des musulmans durant les fêtes religieuses (Aïd Al Fitre et Aïd Al Adha). De même, le Président a mentionné aussi que la municipalité est toujours à la disposition de l’association.

I.1.4. Besoins matériaux et pédagogiques

L’entretien avec le bureau de l’association qui gère le centre, a révélé que cette dernière affronte quelques défis, à savoir, le besoin urgent à des manuels scolaires, aux équipements telles que les tables, car il y a une forte croissance du nombre de bénéficiaires. L’association répond uniquement à 45% des besoins. Un défit très urgent à dépasser, c’est le besoin à un espace plus vaste, vu que l’espace actuel est insuffisant « nous utilisons des fois la salle de la prière ».

Une autre contrainte mentionnée par le bureau, se manifeste dans la faible contribution financière des parents d’élèves, car, ils ne s’intéressent pas aux défis de l’association. Il y a un manque d’engagement et de sérieux. Le Président de l’association avait affirmé que « nous avons envoyé des invitations à 300 parents d’élèves, et seulement 30 ont assisté. Il n’y a pas un coup de main de leur part », ce qui pose un grand défi financier.

Les enseignants sont juste quatre femmes bénévoles qui reçoivent une petite rémunération de 300 euros par mois en contrepartie de 12 heures de travail chaque semaine, Samedi et Dimanche. Ces bénévoles, n’ont que le niveau du baccalauréat et n’ont reçu aucune formation pédagogique. L’association n’a pas les moyens pour financer toute cette opération.

I.2. L’Association de Château Thierry

Château Thierry est une ville française qui fait partie du département de l’Aine en Picardie. Elle se situe au Nord de la France, à 100 km au Nord-Est de la ville de Paris. La présence de la diaspora marocaine à l’Aisne revient, à la première guerre mondiale, durant la participation des soldats marocains à la guerre auprès des troupes françaises. Cette ville fait partie d’un espace où se sont déroulées des grandes batailles. Des monuments historiques et des cimetières témoignent jusqu’à présent de l’horreur de cette guerre farouche.

Selon le recensement général de 2015, l’Aisne abritait 538 659 habitants dont la population étrangère a été de 11 021 habitants, les marocains représentaient 4 059[5].

Dans la ville de château Thierry, une association a vu le jour en 1992, sous le nom de « L’association culturelle des marocains », afin d’acheter un terrain convenable à la construction d’une mosquée. Il faut noter ici que l’Aisne possède 14 mosquées.

Une rencontre avec le Président de l’association a fait révéler quelques informations sur la question du rôle de l’association dans la préservation de la culture et l’identité marocaine. En effet, le Président a confirmé que le nombre d’élèves des immigrés inscrits à l’association a évolué comme suit :

Tableau 4 : Le nombre d’élèves marocains inscrits à « L’association culturelle des marocains » à Château Thierry

Année 2015 2016 2017
Nombre 54 42 32

Source : Entretien avec le Président de l’association le 21 Août 2017

En 2017, 23 élèves étaient d’origine marocaine, dont 11 sont originaires de la Région de l’Oriental et 12 sont issus d’autres régions marocaines. Le reste des inscrits (09) ont d’autres nationalités immigrantes. Le Président a affirmé que, puisque le nombre des inscrits est modeste, l’association a mis un emploi du temps très simple qui donne plus de temps libre aux enfants.

Dans ce sens, les cours ont lieu juste le dimanche, et les élèves ont été répartis en deux groupes, le premier pour le niveau débutant entre 10h et 12h, et le deuxième pour le niveau intermédiaire, entre 12h et 14h. À propos du programme enseigné, il y a l’alphabet, la grammaire, la conjugaison et l’enseignement islamique. L’association possède juste un professeur bénévole.

Le Président a évoqué certaines contraintes qui entravent l’action de la conservation de la langue et la culture d’origine des enfants immigrés. Il s’agit d’abord du manque d’engagement et d’implication des parents des bénéficiaires, même la contribution financière pour chaque élève ne dépasse pas 10 euros par mois. Il s’agit aussi du manque des aides financières et la rareté des professeurs bénévoles. Pour les élèves, ils affrontent des contraintes telles que l’assiduité et les difficultés de mettre autant d’envie qu’à l’école française.

Concernant, le soutien de l’Etat marocain relatif à l’éducation de la langue et la culture marocaine, le Président de l’association, a confirmé que le soutien du Maroc se limite juste à l’envoie d’un imam pendant le mois du Ramadan.

I.3. La mosquée : un lieu de construction sociale et de préservation de l’identité collective

La mosquée joue un rôle important dans le maintien de la relation entre l’immigrant et son identité. Le regroupement permanent des fidèles pour la prière préserve les caractéristiques collectives de la communauté. Même si les émigrants musulmans ne sont pas tous des pratiquants, la mosquée reste une institution de grande importance spirituelle et identitaire.

Le nombre exact des mosquées dans les pays d’accueil des marocains n’est pas identifié. En France par exemple, ni l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED), ni le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) ont des chiffres exacts sur le nombre des mosquées.

 Généralement, le territoire français n’avait compté que 100 mosquées en 1970, dont la plupart était dans des foyers de travailleurs immigrés. Un nouveau recensement réalisé jusqu’à Mars 2016, a montré qu’il y a plus de 2400 mosquées et salles de prière.

Source : http://www.trouvetamosquee.fr/category/mosquees-de-france/(mise à jour le 11-07-14)

Carte 2: Nombre de mosquées et site de culte en France en 2015 selon les départements

On peut déduire rapidement de la carte 2, que le territoire de la France abritait en 2016 presque 2437 mosquées. Elles se concentrent dans le Sud-Est, l’Est et le Nord. Certains départements abritent un nombre assez important de mosquées. Il atteint à Seine-Saint-Denis (département 93) au Nord de Paris, 160 mosquées. A Marseille, le nombre atteint 107 et 109 au département du Nord.

La figure ci-dessous montre bien, la croissance du nombre de mosquées en France et leur concentration.

Source : muzulmania.wordpress.com

Figure 3 : Croissance du nombre des lieux de culte islamiques en France entre 1985 et 2015

La figure 3 montre que le nombre des lieux de culte islamique en France, a fortement progressé entre 1985 et 2015. En 1985, les lieux de culte étaient limités au Nord et à l’Est. Par contre, en 2015 rare sont les départements qui ne contiennent un lieu de culte musulman.

La mosquée est une institution multifonctionnelle. Son rôle comprend aussi bien le religieux que le social. Elle est un lieu d’éducation, d’acquisition des connaissances et d’apprentissage. Elle est un espace religieux et culturel où se forge l’identité collective.

Source : http://www.trouvetamosquee.fr/category/mosquees-de-france/ (mise à jour le 11-07-14)

Carte 3 : Communes avec mosquées dans le département de l’Aasne

La population légale du département de l’Aisne, qui fait partie de la Région de la Picardie, était de 536136 habitants en 2016. Nous constatons de la carte 3 que, sur ce territoire s’installent 14 mosquées, dans 8 communes. Certaines communes urbaines telles que Saint Quentin, Soissons et Château Thierry possèdent 2 mosquées.

Parmi les rôles sociaux de la mosquée, faire apprendre aux enfants des immigrés marocains la langue arabe dans leurs pays d’accueil. Cette manière de socialisation des nouvelles générations se passe dans sa majorité de façon non officielle, ce qui pose des fois les problèmes de contrôle à ce genre d’apprentissage au niveau des messages transmis aux enfants.

  1. L’école : une institution sociale qui préserve la culture et l’identité de l’enfant MRE
II.1. L’intervention de l’Etat marocain

L’Enseignement de la Langue Arabe et de la Culture Marocaine (ELACM) est une action menée par l’Etat marocain qui a pour but de préserver les liens de la communauté marocaine résidante à l’étranger avec la langue et la culture de son pays d’origine. Cette action revient aux années soixante dix.

Afin de consolider l’attachement des enfants des MRE avec leur culture d’origine, le Maroc a adopté un programme qui consiste à leur enseigner la langue arabe et la culture marocaine dans plusieurs pays d’accueil, dont trois accords intergouvernementaux relatifs à l’enseignement de la langue arabe dans les écoles publiques du pays d’accueil ont été signés entre le Maroc, la France, l’Espagne et la Belgique[6].

Selon, la fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger « FH2MRE », la répartition géographique des enseignants de la langue et la culture marocaine, concerne plusieurs pays, à savoir, la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Suisse, l’Autriche, le Canada, la Grande-Bretagne et les Etats Unis d’Amérique. 78% des enseignants sont concentrés en France et en Belgique.

Les données présentées dans ce cadre reviennent à la FH2MRE, qui a pris en charge la question de l’enseignement des enfants des MRE dès l’année scolaire 1990-1991.

Tableau 5: Effectif des enseignants et des bénéficiaires marocains à l’étranger

Année Enseignants Bénéficiaires Année Enseignants Bénéficiaires
1990-1991 411 34 482 2001-2002 453 59 975
1991-1992 464 36 557 2002-2003 456 58949
1992-1993 466 39 127 2003-2004 452 54 283
1993-1994 484 42 394 2004-2005 515 56 623
1994-1995 482 41 471 2005-2006 541 56 748
1995-1996 464 40 649 2006-2007 541 60 064
1996-1997 453 40 572 2007-2008 516 63 105
1997-1998 453 39 435 2008-2009 499 63 000
1998-1999 432 53 686 2009-2010 525 60 000
1999-2000 434 53 416 2010-2011 518 62 000
2000-2001 420 53 196 2011-2012 576 75 387

Source : L’Enseignement de la Langue Arabe et de la Culture Marocaine en chiffre. http://www.fh2mre.ma.

En ce qui concerne la répartition géographique des enseignants marocains à l’étranger, la majorité d’entre eux se concentre en France (tableau 6).

Tableau 6 : Répartition géographique des enseignants à l’étranger entre

1990/1991 à 2012/2013

Pays %
France 60,1
Belgique 17,43
Espagne 10,22
Italie 4,22
Allemagne 3,8
Pays Bas 1,4
Grande Bretagne 1,2
Autre pays 0,81

Source: L’Enseignement de la Langue Arabe et de la Culture Marocaine en chiffre. http://www.fh2mre.ma

On constate du tableau 6, que 60,1% des enseignants de la langue et la culture marocaine à l’étranger se concentre en France, suivi par la Belgique avec 17,43%.

En 2018, 188 enseignants ont réussi un examen pour faire partie du corps des enseignants de la langue et la culture marocaine à l’étranger. Ce nombre a été réparti sur les pays d’accueil comme suit : 146 enseignants pour la France, 26 pour l’Espagne et 16 pour la Belgique[7].

II.2. L’école, une passerelle vers l’identité collective des pays d’accueil

L’école est un espace où se forge l’identité collective nationale. C’est un outil officiel pour transmettre les valeurs et les principes de la citoyenneté. C’est l’une des institutions principales de la construction et de l’intégration sociale. Par exemple, en France l’enfant né de parents étrangers résidant de façon régulière, est automatiquement un citoyen français. Sa scolarisation se passe dans les écoles françaises. Ce qui fait que, ces écoles ont la responsabilité de construire ce citoyen en se basant sur des normes et des valeurs françaises. L’enfant de parents étrangers va acquérir les mêmes normes et les mêmes valeurs que les enfants autochtones.

Nous savons que plus de 20% des MRE sont nés sur le territoire d’un pays d’accueil, et nous savons aussi que le champ migratoire marocain est très large: il concerne plus de 100 pays. En effet, les enfants des émigrés internationaux marocains vont apprendre dans les écoles de leurs pays d’accueil des valeurs différentes, ce qui produira, par la suite des identités immigrantes marocaines différentes. Nous entendons souvent des notions telles que: les marocains de l’Espagne, les marocains de la France, les marocains du Canada, etc. Ces nominations portent une connotation avant tout géographique. En outre, l’identification identitaire est répartie entre le pays d’origine et le pays d’accueil.

La construction sociale de l’enfant dans les écoles françaises se base sur les valeurs de la République: la laïcité et l’égalité entre les sexes. Ces valeurs se trouvent des fois en contradiction avec les principes et les valeurs transmises par la famille. Cette contradiction des valeurs et des principes entre l’école et la famille crée chez l’enfant un déséquilibre culturel. L’incompatibilité forge ici une identité dite hybride.

II.3. La culture et l’identité des MRE dans une société multiculturelle

La vie quotidienne dans les pays d’accueil impose aux migrants de contacter plusieurs cultures. Il ne s’agit pas seulement de celles de la société d’accueil, mais plutôt, d’autres cultures immigrantes. Une interaction entre ces multiples cultures se passe dans la rue, à l’école, au travail, dans les administrations, etc. Chaque communauté immigrante exerce et préserve le plus possible des aspects de son originalité. Ce qui fait, que la société d’accueil est un mélange de cultures. En effet, «une société multiculturelle est une société au sein de laquelle chaque groupe culturel conserve et affirme son identité et ses traditions, tout en partageant et respectant les valeurs communes du pays»[8] (tableau 7).

Tableau 7 : Nombre et pays de naissance des migrants en France selon le Recensement Général de 2015

Nationalité Ensemble Nationalité Ensemble
 1 Portugal 621 777  27 Maurice (île) 36 450
 2 Italie 286 303  28 Comores 35 315
 3 Espagne 248 884  29 Guinée (Rép. de) 33 846
 4 Royaume-Uni 148 327  30 Angola 20 450
 5 Allemagne 117 963  31 Mauritanie 16 484
 6 Belgique 116 685  32 Autres pays d’Afrique 210 932
 7 Pologne 91 656  33 Turquie 249 108
 8 Roumanie 111 197  34 Chine (Rép. Pop) 104 574
 9 Pays-Bas 35 838  35 Viêt-Nam 75 476
 10 Autres pays de l’UE 117 554  36 Cambodge 50 700
 11 Serbie 76 483  37 Liban 36 393
 12 Suisse 58 987  38 Sri Lanka 48 383
 13 Russie 66 630  39 Inde 38 085
 14 Autres pays d’Europe 87 256  40 Pakistan 24 305
 15 Algérie 790 681  41 Japon 18 484
 16 Maroc 741 238  42 Autres pays d’Asie 237 000
 17 Tunisie 269 829  43 Haïti 81 716
 18 Sénégal 96 782  44 Brésil 59 764
 19 Côte d’Ivoire 83 353  45 États-Unis d’Amérique 37 080
 20 Cameroun 79 558  46 Colombie 26 630
 21 Mali 71 660  47 Canada 16 348
 22 Congo 64 583  48 Autres pays d’Amérique 117 456
25 Congo (Rép. Dém. ex-Zaïre) 77 793  49 Australie, Océanie 7 414
 26 Madagascar 63 282 Ensemble 6 106 695

Source: Insee, RP2015 exploitation principale, géographie au 01/01/2017

Le tableau ci-dessus, représente le nombre et les pays de naissance des immigrés recensés en France en 2015. Ce qui nous intéresse ici, c’est qu’un nombre important de nationalités immigrantes font partie de la société française. Les MRE, se trouvent dans l’obligation comme tous les autres immigrés en France à se familiariser et faire partie de cette société multiculturelles. Le multiculturalisme devient visible davantage dans les banlieues et les quartiers où s’implantent les HLM (Habitation à Loyer Modéré).

La communauté marocaine résidante à l’étranger préserve encore sa culture et son identité, surtout durant certains événements. Nous pouvons constater cette préservation dans le côté vestimentaire, les coutumes et les habitudes: la fête du sacrifice, le Ramadan, les mariages, les baptêmes, la circoncision. Ce sont des occasions où émergent clairement les coutumes marocaines et musulmanes, même si la pratique et la célébration de ces événements se passent souvent dans des endroits privés.

Au-delà des cérémonies privées liées à leur culture d’origine, dans les pays d’accueil, les migrants sont une partie de la société et ils bénéficient normalement des mêmes vacances destinées aux fêtes nationales. Au fil du temps, le migrant se familiarise avec la culture de la société d’accueil qui deviendra une partie de sa vie surtout pour les nouvelles générations.

II.4. Les ghettos culturels: un défit complexe à dépasser

Un participant au focus groupe réalisé en Espagne a utilisé le concept de «ghettos culturaux», qui reflète bien, à notre avis, le défit majeur de la préservation de la culture d’origine dans les pays d’accueil, ce qui a produit des notions telles une génération dite «les enfants beurs » ou l’identité hybride, car «cette situation va créer des enfants avec une culture hybride, elle n’est pas celle du pays d’origine ni de la société d’accueil»[9]. Dans ce sens, M.H BERKOUCHI a évoqué «Quant aux jeunes générations, elles se trouvent dans beaucoup de cas embarquées dans des zones culturellement troubles»[10].

Le participant a affirmé aussi que «les marocains vivent dans des ghettos culturaux. Nous vivons parmi les espagnols mais nous ne connaissons pas du tout leurs fêtes, ni nationales ni religieuses. La situation est très compliquée pour nos enfants, car, les enfants vivent un conflit absolu. À titre d’exemple, les enfants apprennent à l’école une éducation sexuelle qui n’est pas acceptable dans la famille. Il y a des mots qui apparaissent normaux à l’école, par contre à la maison, ils sont inacceptables, ce qui crée une fracture culturelle chez l’enfant»[11]. Un autre participant a affirmé qu’ «À l’école, les enfants apprennent le respect de la différence -la relation homme-femme, les homosexuels…- par contre ce genre de discours est inacceptable dans la famille»[12].

Les participants sont tous d’accord sur le fait que «le plus difficile des intégrations c’est l’intégration culturelle, car en tant que musulmans et arabes c’est difficile pour nous de nous approprier la culture espagnole, et vis versa, eux aussi ne peuvent pas s’approprier la notre. L’intégration dans toute l’Europe doit se baser sur le multiculturalisme». Cela reflète bien que les émigrés surtout maghrébins et musulmans avec leur culture vivent isolés, même s’ils sont bien visibles dans la société d’accueil.

Conclusion

La mosquée et l’école sont deux institutions qui cherchent à faciliter l’intégration des MRE et leurs enfants dans la société d’accueil et dans la communauté marocaine immigrante. Afin d’accomplir cette mission sociétale, certaines mosquées sont devenues des centres islamiques, qui combinent les tâches relatives à la pratique de la prière et d’autres tâches comme l’éducation et la célébration des cérémonies. L’opération de l’éducation réalise deux objectifs : le premier se manifeste dans l’apprentissage de la langue et la culture d’origine, et le deuxième se manifeste dans la création d’un lieu endogène de partage, de contact et de pratique de cette culture d’origine.

Pourtant nous avons vu que, dans les sociétés d’accueil, telle que la société française, cohabitent différentes cultures. En fait, les enfants des émigrés internationaux marocains vont apprendre dans les écoles de leurs pays d’accueil des valeurs différentes, ce qui influencera par la suite leur culture d’origine, et produira, des identités immigrantes marocaines différentes.

Finalement, nous pouvons dire que la préservation de la culture et l’identité marocaine à l’étranger est une affaire assez délicate et très complexe, qui demande l’intervention de différentes parties: le migrant, la famille, la mosquée, l’école, le pays d’origine, et le pays d’accueil.

Bibliographie

-Conseil Comarcal, informe estaditic: les migracions a la comarca de Anoia 2015. Departement de benstar social i atencio’ la ciudadania. Area de ciudadania i convicencia.

-Insee, RP2015

-HAMAD BERKOUCHI Mohammed: «La diaspora marocaine: une chance ou un handicap?», édition EDDIF Casablanca, 2003.

­-Recensement générale en France de 2015.

-VAN EeCKHOUT Laetitia: «L’immigration», Edition Odile Jacob, la documentation  Française, Janvier 2007.

-TORRAS (M), I RIBE Josep, (): «historia de l’ANOIA» volume I, Edition Selectes, Manresa, 1988.

https://www.ccme.org.ma/ar/revue-de-presse-ar/53947

http://www.marocainsdumonde.gov.ma

http://www.fh2mre.ma

http://www.trouvetamosquee.fr/category/mosquees-de-france/

-muzulmania.wordpress.com

-http://www.trouvetamosquee.fr/category/mosquees-de-france/

[1]– TORRAS (M), I  RIBE Josep: «Historia de l’ANOIA» volume I, Edition Selectes, Manresa, 1988. P :33

[2]– Conseil Comarcal, informe estaditic: les migracions a la comarca de Anoia 2015. Departement de benstar social i atencio’ la ciudadania. Area de ciudadania i convicencia.

[3]– Idem

[4]– Idem

[5]– Recensement Générale en France de 2015 (le nombre des étrangers est constitué des immigrés  avec document de résidence)

[6] – Enseignement institutionnel. http://www.marocainsdumonde.gov.ma

 » – [7]انتقاء 188 أستاذا لتدريس اللغة العربية والثقافة المغربية لأبناء الجالية المغربية المقيمة بأوروبا« –https://www.ccme.org.ma/ar/revue-de-presse-ar/53947,  الاثنين، 14 مايو 2018

[8]– VAN EeCKHOUT Laetitia: «L’immigration», Edition Odile Jacob, la documentation Française, Janvier 2007. P: 27.24

[9]– Focus group 2016

[10]– HAMAD BERKOUCHI Mohammed  «La diaspora marocaine: une chance ou un handicap?». Edition EDDIF Casablanca, 2003. P :16

[11] – Focus group 2016

[12] – Idem

5/5 - (2 صوتين)

المركز الديمقراطى العربى

المركز الديمقراطي العربي مؤسسة مستقلة تعمل فى اطار البحث العلمى والتحليلى فى القضايا الاستراتيجية والسياسية والاقتصادية، ويهدف بشكل اساسى الى دراسة القضايا العربية وانماط التفاعل بين الدول العربية حكومات وشعوبا ومنظمات غير حكومية.

مقالات ذات صلة

اترك تعليقاً

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *

زر الذهاب إلى الأعلى