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Research studies

LE DOUBLE CHOC DU NOUVEAU CORONAVIRUS ET DE L’EFFONDREMENT DES PRIX DU PÉTROLE : QUEL IMPACT SUR L’ECONOMIE ALGERIENNE

 

Prepared by the researcher  – Dr. TALEB Dalila – Université de TLEMCEN

Democratic Arab Center

Résumé

L’apparition soudaine de la pandémie de COVID-19 à travers le monde a bouleversé la communauté internationale, non pas par le caractère imprévisible de l’entreprise humaine, mais cette fois-ci pour des raisons naturelles qui restent cependant à vérifier. L’Algérie, à l’instar des autres nations, n’a pas échappé à cette pandémie de Covid-19 qui est une crise sanitaire doublée d’une crise conjoncturelle et structurelle de l’économie du pays.

La pandémie de COVID-19 a fait chuter les prix de l’or noir à des niveaux historiquement bas. Un coup dur pour l’économie algérienne, qui tire près de 95% de ses revenus d’exportation et environ trois-quarts de ses recettes budgétaires des hydrocarbures. Conséquence : la baisse des réserves de change s’accélère, et la récession s’amplifie. Quel impact et quelles perspectives pour l’économie algérienne ?

INTRODUCTION

La crise engendrée par le COVID-19 a bouleversé l’ordre de l’économie mondiale. Elle montre à quel point les économies sont très interdépendantes, vulnérables et ne sont pas préparées à faire face à un choc sanitaire de cette ampleur. Même les pays développés et les grandes puissances économiques mondiales en ont été très négativement impactés. Cependant, l’impact de cette pandémie est à géométrie variable et son issue dépendra de la capacité des Etats à réagir et à y faire face le plus tôt possible.

Ce qu’il faut souligner c’est que certains pays en développement, en particulier les pays pauvres, n’ont pas suffisamment de marge de manœuvre et de capacité budgétaire pour faire face à une propagation aigue de ce virus et ne peuvent pas supporter des pressions croissantes sur de longues périodes sur leurs systèmes de santé qui sont déjà très fragiles, voire rudimentaires dans certains cas. Il est très important pour ces pays, qui ne sont pas encore très impactés par cette pandémie, de prendre des mesures urgentes. Une intervention et un appui supplémentaires de la communauté internationale sont cruciaux

  1. L’éruption de la pandémie dans un contexte d’instabilité financière généralisé engendré par les contradictions de long terme de l’économie capitaliste mondiale

Comme lors de chocs mondiaux précédents, de nombreux commentateurs parlent d’une nouvelle ère post-COVID-19 qui bouleverserait définitivement le fonctionnement de nos sociétés. Les impacts visibles de la crise économiques qui a éclaté au début de l’année 2020 sont sans précédents depuis la deuxième guerre mondiale. Que l’on considère la chute de la production, la montée du chômage (on a enregistré 14.7% de chômage aux Etats-Unis en mai 2020, 36 millions de chômeurs, un niveau inégalé depuis les années 1930), le nombre de pays touchés simultanément ou les montants avancés par les gouvernements et leurs banques centrales pour soutenir les acteurs économiques (3000 milliards de dollars ont déjà été avancés par l’Etat américain et la Fed[1] a annoncé début mai qu’il en faudrait davantage), il s’agit sans nul doute de la plus grave crise depuis 1929[2] . La pandémie du covid-19 rejoint ces évènements marquants que furent la faillite de LehmanBrothers en 2008, des attentats du 9/11 en 2001 ou encore, si l’on revient plus arrière, le choc pétrolier de 1973. Comme la pandémie, l’impact économique et politique des évènementsfurent considérables. Cependant de nombreux analystes ont eu tendance à exagérer leur importance par rapport à des phénomènes de plus long terme qui restent plus difficiles à identifier.

Ainsi, la dérégulation financière internationale qui débute en 1958 avec la convertibilité des devises internationales, l’apparition des eurodollars au sein de la City de Londres et le développement des centres financiers offshores dans les années 1960-1970 provoquera en deux décennies l’effondrement du système monétaire international de BrettonWoods, contraindra les Etats à mener des politiques monétaires et budgétaires qui suivent les anticipations des marchés financiers internationaux, affaiblira la base fiscale des transferts publics de l’Etat en réduisant les capacités des gouvernement à taxer le capital devenu beaucoup plus mobile avec l’effondrement du système de BrettonWoods et la globalisation des chaines de valeurs (qui permet notamment la généralisation des stratégies de transferpricing[3]). Or cette transformation financière qui est aussi à l’origine de crises financières répétées depuis les années 1980, notamment celles de 2008 et celle qui frappe actuellement l’économie mondiale, est passée largement inaperçue auprès des commentateurs et du débat politique de l’époque. De même, le choc pétrolier de 1973 donna lieu à toute une série d’analyses mettant en avant le « commodity power » des pays sous-développés, ce qui s’avéra une cruelle illusion pour les dirigeants de ces pays. D’autres analystes exagèrent l’emprise économique et géopolitique des monarchies pétrolières du Golfe sur les pays développés. Le vrai basculement géoéconomique qui remit en question l’hégémonie des puissances occidentales se produisait avec l’industrialisation de l’Asie depuis les années 1950. Ce phénomène de long terme ne sera perçu qu’avec deux décennies de retard, avec le Japon à partir du milieu des années 1970, les tigres asiatiques dans les années 1990 et ensuite la Chine à partir des années 2000. Une autre confusion dont on peut déjà voir les effets dévastateurs est celle qui voit en la pandémie la principale cause primaire de la crise économique mondiale actuelle. Si l’on adopte ce point de vue, une meilleure gestion sanitaire de la part des autorités chinoises, des instances internationales et des gouvernements aurait pu éviter cette récession majeure. Cette vision réductrice fait fi des nombreuses analyses qui ont mis en évidence la fragilité du système financier international depuis 2008 et qui prévoyaient, avant même les premiers cas du COVID19 en Chine, l’éclatement d’une bulle financière majeure, comparable, voire plus grave que celle de 2008. Cette confusion n’est guère différente du choc pétrolier de 1973 qui fut attribuée au cartel de l’OPEP alors la profitabilité des investissements chutait depuis 1968 aux Etats-Unis et 1970 en Europe, témoignant d’un problème structurel plus profond. Rejeter la crise actuelle sur un facteur exogène comme la pandémie du COVID-19 est commode car cela permet d’éluder les graves problèmes liés à la financiarisation de l’économie, qui touche même les groupes industriels et non la seule finance, et à la dérégulation opaque des flux financiers depuis des décennies. Les dirigeants politiques et les grandes firmes responsables de cette situation financière globale très instable depuis des décennies préfèrent attribuer à la pandémie, à sa gestion par les autorités chinoises ou par l’OMS, les maux qui frappent l’économie mondiale en 2020. Les gouvernants politiques le font pour masquer leur incurie ou leur docilité face aux dirigeants économiques, leurs esquives face aux contradictionséconomiques croissantes qui ont engendré la crise de 2008 et qui n’ont toujours pas été fondamentalement résolues. Les grandes firmes préfèrent aussi rejeter la faute sur un facteur exogène pour échapper à des politiques de régulation et pour obtenir le maximum d’aides financières des Etats sous le prétexte de surmonter la crise, deux choses qui seraient plus difficile à justifier si leur responsabilité dans la crise actuelle était mise en lumière. La confusion sur l’origine de cette crise peut s’avérer dangereuse pour la stabilité mondiale. Premièrement, si les leçons économiques de cette crise ne seront pas comprises, une prochaine se préparera inéluctablement. Deuxièmement, la recherche de boucs émissaires aura des effets politiques et géopolitiques qui pourraient développer leur propre dynamique, échappant au contrôle des dirigeants politiques qui l’auront initiée. Ainsi, les attaques répétées de l’administration Trump contre l’OMS et contre le gouvernement chinois qu’il accuse d’avoir caché des informations cruciales sur l’origine de l’épidémie, voire d’être à l’origine de l’épidémie suite à des expérimentations bactériologiques militaires alimentent les sentiments xénophobes et antichinois qui prévalent déjà au sein d’une partie de la population américaine nationaliste[4] . Cela apporte de l’eau au moulin des forces politiques en faveur du rejet des institutions multilatérales, du protectionnisme économique et d’un politique de containment géopolitique contre la Chine. En parallèle, des théories complotistes circulent au sein des milieux nationalistes chinois qui attribuent la genèse de la pandémie à une mission militaire américaine en Chine[5]. Le fait que la communauté scientifique internationale considère que le virus ne semble pas être d’origine artificielle et que plusieurs officiers du Pentagone avouaient ne pas avoir d’éléments pour étayer ces thèses complotistes n’empêche pas les courants nationalistes et xénophobes à la recherche de boucs émissaires extérieurs d’influencer une partie de la population. Il est probable que le « China bashing » du Président Trump et de son secrétaire d’Etat Mike Pompeo à des visées cyniquement électorales[6] , voire qu’il fasse partie de la panoplie d’outils dans la négociation d’un accord commercial bilatéral avec la Chine où cette dernière annoncerait des importations de produits américaine, accord évidemment souhaité avant les élections présidentielles de novembre pour renforcer les chances de réélections de Trump , d’où la montée en puissance de l’administration américaine pour pousser la Chine à négocier rapidement. Mais au-delà de ces tactiques cyniques, un sondage du mois d’avril indique que 77% des américains sondés (et 90% des sondés se déclarant en faveur du parti républicain) considèrent le gouvernement chinois est responsable de la propagation de l’épidémie (Washington Post 2020)[7]. Dans ce contexte, la centaine de milliers de morts qu’est en train deprovoquer cette épidémie aux Etats-Unis risque d’alimenter durablement un courant antichinois dans la population qui limitera la marge de manœuvre des futures administrations américaines dans leurs relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Chine. Nombreux analystes considèrent que le phénomène réciproque ne manquera pas non plus de se produire en Chine, renforçant le climat d’une nouvelle guerre froide entre la première puissance mondiale et celle qui pourrait affaiblir sa position hégémonique, climat qui s’est fortement détérioré qui se renforce depuis la crise de 2008.

  1. L’impact économique du coronavirus en 2020

Il est évidemment encore trop tôt pour avoir une idée de l’impact total du COVID-19 sur l’ensemble de l’économie mondiale. Le choc d’une pandémie et des mesures de confinement est à lui seul suffisant pour engendrer une baisse importante de la production mais la combination de la crise financière, de la mauvaise situation des finances publiques de nombreux Etats qui ne se sont pas remis des effets de la crise de 2008 et des effets perturbateurs de la pandémie sur l’économie réelle engendrera très probablement une récession sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale. Dans les pays de l’OCDE, les prévisions de certains analystes envisagent une chute du PIB de plus de 15 %.[8]

Le 6 mai 2020, le commissaire européen Gentiloni a admis officiellement une contraction de plus de 7% pour l’UE en 2020[9]. Le taux de chômage aux Etats-Unis atteindrait 14.7% en mai 2020, un niveau inégalé depuis la dépression des années 1930. Cela s’explique notamment par la multiplication d’emplois précaires depuis trente ans, ces emplois ayant été très facilement supprimés par les entreprises. Une partie de la chute provient d’une consommation différée qui pourrait relancer la demande lorsque la situation sera normalisée ou lorsque la production et la distribution sera mieux adaptée aux nécessités des mesures confinement qui pourraient se poursuivre ou reprendre au cours des prochains mois. La durée de ces mesures de confinement et la capacité des firmes et des Etats à s’y adapter ces adaptations déterminera la gravité de cette crise. La crise devrait être plus dévastatrice qu’en 2008 pour plusieurs raisons. Comme le souligne Martin Wolf, il s’agit d’une crise plus globale qu’en 2008. En 2009, suite à un plan de relance très ambitieux de 500 milliards de dollars de la part du gouvernement chinois, la croissance de la Chine dépassait les 9% en 2009 et les 10% en 2010. Cela soutint la demande mondiale de matières premières et indirectement les économies des pays moins développés exportateurs de ces produits. En 2020, en plus des très fortes récessions dans la plupart des économies de l’OCDE, en moyenne de plus de 6%, la plupart des analystes prévoient une croissance chinoise de 1.2% pour 2020, un chiffre jamais vu depuis quatre décennies[10]. Aucune demande d’une économie émergente majeure ne pourra compenser l’effondrement de la demande des pays de l’OCDE ce qui explique que la chute des prix des produits énergétiques et des minerais est d’ores et déjà la plus forte depuis celle des années 1980 et encore plus forte que cette dernière en ce qui concerne le pétrole[11]. En plus des effets de la crise financière, un réel problème de liquidité se pose suite à l’arrêt de certaines activités, aussi bien pour des personnes en chômage technique que pour des entreprises qui se trouvent dans l’incapacité de rembourser leurs créanciers. Les Etats des économies les plus développées peuvent s’engager à avancer ces liquidités et à geler certaines échéances commerciales et bancaires, sous réserve que la période de confinement ne se prolonge pas trop car les déficits publics se creusent à une vitesse sans précédent depuis 1945.

Probablement encore plus rapidement qu’au cours des années 2008-2009. En plus d’avancer des liquidités et d’exonérer les firmes et les particuliers de certaines obligations fiscales ou de les reporter, les Etats doivent également soutenir un secteur financier fragilisé par la chute boursière et par la multiplication des créances douteuses engendrées par les effets de la pandémie dans l’économie réelle. Il faut évidemment ajouter la hausse rapide des dépenses publiques en matière de santé et d’aide sociale alors que les recettes fiscales s’effondrent.

Dans les pays émergents et sous-développés, les Etats ne disposent pas d’une assiette fiscale suffisante pour financer l’avance des liquidités pour contrer les effets du confinement. A la différence de certains pays avancé comme le Japon ou certains pays du nord de l’Europe, ces Etats d’économies sous-développées sont également souvent plus dépendants des marchés internationaux pour leur refinancement, ce qui rend leur situation très précaire si plusieurs Etats se trouvent en cessation de paiement et si se produit une hausse des taux internationaux. Leurs finances publiques pourraient donc être soumises à des pressions extrêmes. Sans soutien extérieur, cela pourrait donner lieu à un abandon des subventions qu’octroie l’Etat à ses citoyens et aux entreprises touchés par le confinement ou provoquer un recours massif à la planche à billet, générant des hyperinflations aux effets sociaux catastrophiques. Si cette crise globale n’épargnera aucune région du monde, l’impact économique pourrait être très variable selon les différentes économies, en fonction de trois types de facteurs :

Premièrement, cela dépendra du rôle de cette économie nationale dans la division internationale du travail. Certaines économies comme l’Espagne, la Croatie, Dubaï ou le Maroc sont très dépendantes, à hauteur de plus de 10% de leur PIB, de secteurs fortement touchés comme le tourisme et les transports[12]. D’autres sont très fortement dépendantes de leurs exportations de produits énergétiques et de minerais, notamment pour l’équilibre de leurs finances publiques. Deuxièmement, l’état de leurs finances publiques et de leur dette extérieure au moment de l’éruption de la pandémie sera déterminant. Leur situation budgétaire préalable déterminera la marge de manœuvre de leurs gouvernements à soutenir financièrement les principales victimes du confinement. Des états comme le Venezuela, l’Argentine, la République Démocratique du Congo, le Congo et le Liban ont déjà des notations catastrophiques auprès des BigThree des agences de notation[13] ne disposent de presque aucune capacité de crédit extérieur. D’autres disposent d’une meilleure base fiscale mais n’ont pas une marge s’ils veulent éviter les effets boules de neige telles la Grèce, le Portugal et l’Italie.

Troisièmement, un facteur de déstabilisation sera le degré de dépendance vis-à-vis des importations de produits alimentaires. Comme en 2008, la crise pourrait affecter les prix des denrées alimentaires. Bien que les stocks de nourritures en 2020 sont jugés élevés par la Banque Mondiale[14], certaines interventions d’Etat visant à limiter leurs exportations de produits alimentaires pour des raisons sociales ou stratégiques nationales ou des mouvements de spéculations pourraient engendrer des pics de prix qui engendreraient des situations de sousalimentations et des possibles émeutes de la faim comme en 2008 dans des dizaines de pays, notamment Egypte, au Bangladesh ou encore au Cameroun.

  1. Le double choc : Covid-19 et prix du pétrole

Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) sont confrontés au double choc de la pandémie de Covid-19 et de l’effondrement des cours du pétrole.

La maladie liée au nouveau coronavirus — que les autorités chinoises ont signalée pour la première fois à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le 31 décembre 2019, s’est propagée dans le monde. Le 22 mars 2020, le virus avait infecté plus de 300 000 personnes et causé 13 000 décès. Plus de 90 000 patients sont guéris.

L’Iran a été fortement touché par le virus, qui s’est propagé dans les autres pays de la région MENA. Le 22 mars 2020, l’Iran avait signalé plus de 20 000 infections et plus de 1 500 décès. L’augmentation rapide du nombre d’infections dans le pays a perturbé la production et le commerce au niveau national. Les autres pays de la région ont également enregistré des infections et imposé des mesures préventives. Le 22 mars 2020, l’Arabie saoudite avait enregistré 511 cas, le Qatar 481, Bahreïn 332, l’Iraq 233, le Koweït 188 et les Émirats arabes unis 153.1 L’Algérie, l’Égypte, le Liban, le Maroc et la Tunisie ont également signalé des infections. La capacité d’endiguer la propagation du virus dépend de l’efficacité des systèmes de santé publique de la région — qui, à l’exception notamment du Yémen et de Djibouti, sont relativement bien classés parmi les 191 systèmes de santé évalués par l’OMS à l’échelle mondiale[15]. Mais il reste beaucoup à faire en matière de transparence et de libre circulation de l’information. La pandémie risque d’avoir des conséquences désastreuses dans la région si les problèmes de transparence et de circulation de l’information ne sont pas réglés rapidement pendant la crise sanitaire.

Non seulement le virus fera des victimes, mais sa progression produira un choc négatif sur le plan de l’offre et de la demande dans les pays de la région MENA[16].

Le choc d’offre négatif est avant tout lié à la réduction de la main-d’œuvre — directement parce que les travailleurs contractent la maladie causée par le virus, et indirectement en raison des restrictions imposées aux déplacements, des mesures de quarantaine et du fait que les travailleurs restent chez eux pour s’occuper de leurs enfants ou de membres de leur famille qui sont malades. L’offre sera limitée par la réduction des matériaux, des capitaux et des intrants intermédiaires due à la perturbation des transports et de l’activité des entreprises de la région.

Le choc négatif du côté de la demande se fait sentir au niveau mondial et régional. Les difficultés économiques à travers le monde et la perturbation des chaînes de valeur mondiales réduisent la demande de biens et services régionaux, notamment le pétrole et le tourisme. Le ralentissement de la croissance en Chine devrait avoir un effet limité sur l’activité touristique dans la région MENA (graphique 1). En revanche, la propagation du virus dans d’autres pays, notamment en Europe, et les mesures sanitaires préventives prises par ces pays devraient avoir un effet beaucoup plus sensible sur la région MENA. La demande régionale diminuera également en raison de la baisse soudaine de l’activité économique dans la région, à quoi s’ajoutent les craintes face au risque d’infection, qui réduisent les voyages. En outre, les incertitudes concernant la propagation du virus et le niveau de la demande mondiale auront un impact sur l’investissement et la consommation dans la région. L’effondrement des prix du pétrole réduira encore la demande dans la région, où les hydrocarbures sont le principal secteur économique de nombreux pays. Enfin, la volatilité potentielle des marchés financiers pourrait perturber encore davantage la demande mondiale.

Graphique 1 : Impact estimé d’une diminution du PIB chinois par habitant sur les arrivées de Chinois dans la région MENA et le reste du monde

Source : Lopez-Cordova (2020a) et Lopez-Cordova (2020b)

Les chocs négatifs du côté de l’offre et de la demande associés à la pandémie de Covid-19 devraient être de courte durée mais très marqués dans de nombres secteurs et pays. La demande et l’offre reprendront lorsque la propagation de la pandémie ralentira — mais la rapidité de cette reprise dépendra de la durée et de l’ampleur des perturbations.

Outre le choc lié à la pandémie, la rupture des négociations entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés a entraîné ce qui sera probablement une baisse durable des prix du pétrole. Le 5 mars 2020, l’OPEP a proposé une baisse de production de 1,5 million de barils par jour durant le deuxième trimestre 2020, dont 1 million de barils dans les pays membres de l’OPEP et 0,5 million de barils dans les pays alignés non membres de l’Organisation, essentiellement la Russie. Le lendemain, la Russie a rejeté la proposition, ce qui a incité l’Arabie saoudite — premier exportateur mondial de pétrole — à porter sa production à 12,3 millions de barils par jour, sa capacité maximale. L’Arabie saoudite a également annoncé des réductions de prix sans précédent, de près de 20 % sur les marchés clés. Cette décision a entraîné une baisse immédiate de plus de 30 % des prix du pétrole, qui ont continué de baisser depuis. Le prix du West Texas Inter médiate (WTI), qui sert de référence pour le pétrole brut, est tombé à 22,39 dollars le baril durant la séance intra journalière du 20 mars 2020 — soit deux fois moins cher qu’au début du mois. La courbe des prix à terme montre que le marché s’attend à un lent rétablissement des prix du pétrole — il ne devrait pas atteindre 40 dollars le baril avant la fin de 2022 (graphique 2).[17]

Graphique 2 : Prix au comptant du Brent et prévisions

Les deux chocs causés par la pandémie de Covid-19 et l’effondrement des prix du pétrole sont étroitement liés mais distincts. D’une part, le choc pétrolier du côté de la demande est lié à la forte diminution de la consommation de pétrole due aux mesures de précaution contre la propagation du virus, notamment le confinement, qui ont paralysé les économies à travers le monde.

  1. La Chutespectaculaire des prix des hydrocarbures et la forte vulnérabilité du modèle économique algérien

En discussion, en Algérie, depuis la première crise économique connue par le pays à la fin des années 80, la question de la grave dépendance de l’économie nationale aux exportations des hydrocarbures et l’impératif d’une réforme pour diversifier les ressources des exportations, sont mis entre parenthèses pendant la période de la hausse des prix des hydrocarbures, au cours de la première décennie du 21 ème siècle. La problématique de la diversification est remise au-devant de la scène depuis 2014, notamment dans le discours politique, mais sans qu’il ait une réelle prise en charge sur le plan de la réflexion, ni de la restructuration de l’économie nationale. Aujourd’hui, la crise sanitaire de la COVID-19, ajoutant les transformations socioéconomiques depuis février 2019, le moment est venu de mener une réflexion profonde sur l’avenir de l’économie algérienne et les stratégies à adopter, afin de limiter les effets de la dépendance aux hydrocarbures sur la stabilité sociale et la pérennité économique du pays.

La croissance du PIB s’est ralentie pour s’établir à 0,9 % en 2019, contre 1,4 % l’année précédente. Le secteur pétrolier a enregistré une contraction moyenne moindre dans les neuf premiers mois de 2019 par rapport à l’année précédente (-4,3 % contre -6,4 % en 2018). Parallèlement, la croissance de l’activité hors hydrocarbures a atteint 2,6 % au cours de la même période, en baisse par rapport à 3,3 % en 2018.

Du côté de la demande, l’augmentation de l’investissement et la consommation publics a soutenu l’activité économique, mais les troubles sociaux et l’incertitude politique ont freiné la croissance de la consommation privée, qui a atteint en moyenne 1 % au cours des trois premiers trimestres de 2019, contre 1,4 % en 2018. Ces évolutions se sont reflétées du côté de l’offre avec un ralentissement de la croissance dans les secteurs de la construction, de l’agriculture et des services commerciaux[18].

Sur le plan extérieur, les importations de produits ont diminué de 9,5 % en 2019, pour atteindre 24,3 % du PIB, ce qui correspond à la baisse de la consommation intérieure et aux politiques de restriction des importations. Les exportations de produits ont reculé au début de l’année avant de se redresser, suivant de près les cours internationaux du pétrole. Alors que les recettes d’exportations ont diminué de 13,4 %, se situant à 20,6 % du PIB, mais étant parties d’un niveau bas, le déficit du commerce des biens est revenu à 3,5 % du PIB, contre 4,4 % en 2018. Le déficit du compte courant devrait atteindre 10,2 % du PIB, contre 9,8% en 2018, et a été couvert principalement en puisant de nouveau dans les réserves internationales, qui ont été ramenées de 79 milliards de dollars l’année précédente à 61,5 milliards de dollars fin 2019 (12,9 mois d’importations) (graphique 3).

Graphique 3 : Croissance réelle du PIB et contributions à la croissance réelle du PIB

Source : Autorités algériennes et estimations des services de la Banque mondiale.

Au regard du plan d’action du gouvernement, le déficit budgétaire global s’est creusé pour atteindre 11,5 % du PIB, contre 9,7 % en 2018. Malgré un solde des finances publiques stable, un transfert au fonds de pension représentant 3,2% du PIB a entraîné une forte augmentation des opérations hors budget (+83 %). L’accroissement des dépenses (+6,1 % en 2019, atteignant 39,6 % du PIB) a par ailleurs compensé la hausse des recettes (+7,1 %, se situant à 32,7 % du PIB). Les dépenses courantes et les dépenses en capital ont augmenté à raison de 6,6 et 5,4 %, respectivement. Les recettes pétrolières se sont améliorées par rapport à 2018, et les recettes fiscales se sont stabilisées. Le déficit a été financé en grande partie par le système bancaire ; cela étant, plus de 70 % de la dette publique sont dus à la Banque centrale au titre des opérations de financement monétaire effectuées entre 2017 et 2019. La dette publique a augmenté en flèche, passant 45,8 % du PIB, contre 37 % en 2018. Néanmoins, l’inflation s’est ralentie, revenant à 2,7 % en 2019, contre 4,3 % en 2018, ralentissement dû à une faible augmentation des prix des produits alimentaires, des logements ainsi que des transports et des communications.

Le taux de chômage s’est stabilisé, s’établissant à 11,4 % en mai 2019. Il est plus élevé parmi les femmes et les jeunes (20,4 % et 26,9 %, respectivement). On ne dispose pas d’estimations récentes des taux de pauvreté officiels, mais les dernières estimations de 2010/2011 montrent que 5,5 % de la population était considérée comme pauvre, les régions du Sahara et de la Steppe affichant respectivement des taux de pauvreté deux et trois fois supérieurs au taux national.[19]

Graphique 4 :Double déficit et réserves internationales

Source :Autorités algériennes et estimations des services de la Banque mondiale et du FMI.

  1. Quelles perspectives ??

L’Algérie doit faire face à un choc provoqué à la fois par une baisse de moitié des prix du pétrole, une crise de santé publique et les conséquences des bouleversements économiques à l’échelle mondiale à la suite de l’épidémie de COVID-19.

À 30 dollars le baril de pétrole en 2020, les recettes budgétaires totales de l’Algérie diminueraient de 21,2 %. Malgré la réduction des investissements publics (-9,7 %) et de la consommation publique (-1,6 %) prévue par la loi de Finances pour 2020, le déficit budgétaire augmenterait pour s’établir à 16,3 % du PIB.

Parallèlement, la baisse importante des recettes d’exportation (-51 %) entraînera un creusement du déficit commercial qui s’élèvera à 18,2 % du PIB et une détérioration du déficit du compte courant qui atteindra le niveau record de 18,8 % du PIB en 2020, malgré les mesures prises pour limiter les importations et circonscrire les effets de la faible demande intérieure. Sans l’adoption de nouvelles mesures, les réserves seraient ramenées à 24,2 milliards de dollars, soit environ 6,1 mois d’importations à fin 2020.

Les prévisions actuelles tablent sur une contraction du PIB de 3 %, ce qui correspond à un recul de la consommation et l’investissement privés, ainsi qu’à la chute des investissements publics, qui représentent 44 % de la totalité des investissements. Les mesures visant à endiguer la crise de COVID-19 comme la restriction des déplacements et des rassemblements, auxquelles s’ajoutent les fortes incertitudes économiques, décourageront la consommation et l’investissement privés.

Tableau 01 : Indicateurs des perspectives de pauvreté au niveau macroéconomique

(variation annuelle en pourcentage sauf indication contraire )

 La demande de services, de produits de consommation non essentiels et d’investissement privé sera en baisse, et une rupture des approvisionnements pourrait survenir.

Faute de données disponibles, il est impossible d’établir des prévisions concernant la pauvreté. Néanmoins, les possibilités de réduction de la pauvreté qu’offre l’économie sont limitées, sur fond de croissance par habitant négative et de chômage chronique. L’inflation augmenterait pour s’établir à 4 % en 2020. La rupture des approvisionnements en provenance de Chine et d’Europe en raison de l’épidémie de COVID-19, qui représentent plus de 80 % des importations algériennes, pourrait entraîner des retards et faire grimper les prix des importations. Dans le même temps, la réforme des subventions sera probablement différée.[20]

CONCLUSION &RECOMMANDATIONS

Dans la phase actuelle nous préconisons que le gouvernement adopte une politique conjoncturelle qui peut être avant tout une politique contra cyclique pour soutenir l’activité économique. Cette politique peut servir en quelque sorte, en utilisant le concept d’actualité, «d’amortisseur» pour l’économie du pays afin de contrebalancer les effets négatifs de la double crise ; Il peut mener une politique de relance qui passe par une politique budgétaire expansive en augmentant les dépenses d’une manière rationnelle. Elle peut provoquer l’inflation en même temps diminuer le chômage ce qui entraîne la recherche de l’équilibre entre ces deux concepts.

Le gouvernement peut disposer de plusieurs instruments comme l’allocation des ressources afin de préserver les emplois. Elle permet de diminuer les charges imposées aux entreprises, leur facilitant la production et en créant beaucoup plus de postes d’emploi.Dans ces conditions, il s’agit de développer la politique de l’offre en rendant le marché de travail plus flexible, en baissant les impôts et en encourageant les industries de substitution à l’importation. Comme conséquence l’offre pourra répondre à la demande et il y aura une croissance économique ; Cette baisse d’impôt permettra d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages. Le gouvernement, pour encourager la croissance et éviter le chômage, doit stimuler l’épargne principalement celle des ménages. Cette épargne rend possible l’investissement en fournissant les fonds dont les entreprises ont besoin pour développer davantage leurs activités.C’est pourquoi nous recommandons vivement des subventions directes qui doivent être versées aux ménages avec des prêts à court terme pour éviter la précarité et en boostant la consommation, l’un des facteurs de la croissance. Également il faut agir sur la politique monétaire en particulier la balance des paiements qui est déficitaire dans notre pays. La balance des paiements est la somme des transactions  qu’effectue un pays avec le reste du monde. Elle est la somme du compte courant et du compte des capitaux. Pour réduire le déficit de la balance des paiements, il faut agir sur deux axes :

Il s’agit d’instaurer une politique d’inversion des dépenses qui se traduit par des surcoûts sur les dépenses de l’importation (augmentation des tarifs douaniers) et de provoquer une baisse du taux de change par une dévaluation, ce qui entraîne une diminution du taux d’intérêt d’emprunt et donc une hausse de la demande de la monnaie ; en revanche, la baisse du taux d’intérêt peut conduire à une inflation qui est un élément perturbateur de l’économie qu’on peut combattre d’une part , d’autre part, l’État peut réduite les dépenses à tous les niveaux et diminuer ses propres dépenses (celles considérées comme superflues), baisser les dépenses publiques, y compris les salaires et autres avantages des hauts responsables en incluant ceux des députés et sénateurs, qui sont des gages significatifs de bonne volonté vis-à-vis du peuple.

Cette politique de réduction des dépenses permettra de libérer une certaine capacité financière qui peut être utilisée dans des secteurs productifs. Cette politique donnera à l’État les moyens de surmonter cette crise économique et de relancer l’économie. Aussi faut-il, dans une autre phase, une fois que la période de confinement sera levée, étudier, d’une manière rationnelle, l’utilisation des réserves de change restantes ou faut-il attendre qu’elles s’épuisent rapidement ?

D’autres solutions peuvent exister  comme la création d’un fonds souverain avec une somme au départ de 10 milliards de dollars à prélever sur les réserves de change (environ 60 milliards de dollars). Il permettrait d’acquérir des unités industrielles dans le monde et dont la production compensera une part des importations, là où les pays développés seront en récession ; Également l’État peut emprunter jusqu’à trois fois la somme déposée sur les marchés financiers  avec un faible taux parce que les réserves de change existantes garantissent aux créanciers la solvabilité de l’Algérie.

Cet emprunt servira d’investissement dans des secteurs productifs créateurs de richesse  dans le pays. Avec la mobilisation optimale des ressources disponibles internes et externes, le pays surmontera cette double crise sanitaire et conjoncturelle, mais surtout d’entreprendre à moyen et long termes les transformations structurelles nécessaires pour construire les fondements d’une véritable économie nationale, c’est-à-dire celle qui peut assurer durablement la croissance et la compétitivité ; Dans ces conditions, il s’agit d’accroître les possibilités de production en orientant les activités vers des secteurs bénéficiant des progrès récents comme le numérique et autres. Et de mettre en place les outils nécessaires comme : une autorité de régulation dont le rôle est de maintenir durablement le système économique qui assure la croissance et le progrès.

Ainsi  les transformations profondes des structures de l’économie, qui seront engagées, donneront une économie plus adaptée aux évolutions du marché moderne et où l’Algérie ne sera plus dépendante des recettes des hydrocarbures.

REFERENCES :

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  • Baldwin, Richard et Beatrice Weder di Mauro. Mitigating the COVID EconomicCrisis: ActFast and Do Whatever It Takes
  • Boudedjakarima &all ,L’Aprés COVID-19 : Une Economieouverte et durableseule possibilité pour juguler l’impact de la pandémie, Les Cahiers du CREAD -Vol. 36 – n° 03 – 2020.
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  • Tandon A, CJ Murray, JA Lauer et D Evans. « Measuringoverallhealth system performance for 191 countries ». Organisation mondiale de la Santé, Genève.
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  • World Bank, CommodityMarketsoutlook April 2020, https://www.worldbank.org/en/news/feature/2020/04/23/coronavirus-shakes-commodity-markets

[1]Fed pour Federal Reserve Board, la banque centrale américaine.

[2]James Politi, Federal Reserve chair warnsfurthereconomic stimulus maybeneeded, Financial Times, https://www.ft.com/content/db607dfd-1243-41f9-85c3-68f3266c521c.

[3]Le transferpricing ou système de prix de transfert permet à une firme d’éluder l’impôt. La firme décide de gonfler ou de réduire le niveau de profit dans ses différentes filiales à travers le monde en jouant au sein du commerce intra-firme sur les prix des composantes ou les droits d’utilisation de brevets et de marques entre filiales.

[4]DemetriSevastopulo& Katrina Manson, Trumpsaysheis confident Covid-19 came from Wuhan lab, Financial Times, 1 May 2020 https://www.ft.com/content/84935e17-b50e-4a66-9c37-e2799365b783

[5]Simon Kuper, The Covidconspiracies: a virus thatcanonlyspread https://www.ft.com/content/5709c85a7df9-11ea-82f6-150830b3b99a c

[6] Le contexte électoral est bien présent dans le China bashing comme en témoigne la déclaration de Trump à l’encontre de son rival du parti Démocrate : “Biden stands up for China while China cripplesAmerica”.

[7]Marc Thissen, What the blame-Trumpcrowdgetswrong about blaming China, Washington Post 21 avril 2020, https://www.washingtonpost.com/opinions/2020/04/21/china-cant-be-scapegoated-if-its-actually-guilty

[8] Martin Wolf, “Coronavirus: the Global economic impact” Financial Times, https://www.ft.com/video/fbaaa133-c94d-4e35-844b-bfde5f6a0635,

[9]Paolo Gentiloni, Check againstdelivery, 2020 https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/speech_20_822

[10]IMF https://www.imf.org/en/Publications/WEO/Issues/2020/04/14/weo-april-2020,

[11]World Bank open data, 2020, https://data.worldbank.org.

[12]World Bank Open Data 2020, https://data.worldbank.org/

[13]Standard &Poor’s ,Fitch et Moody’s

[14]World Bank, CommodityMarketsoutlook April 2020, https://www.worldbank.org/en/news/feature/2020/04/23/coronavirus-shakes-commodity-markets,

[15]Tandon A, CJ Murray, JA Lauer et D Evans. 2000. « Measuringoverallhealth system performance for 191 countries ». Organisation mondiale de la Santé, Genève.

[16]Baldwin, Richard et Beatrice Weder di Mauro. 2020. Mitigating the COVID EconomicCrisis: ActFast and Do Whatever It Takes.

[17]Faire face à un double choc : Covid-19 et prix du pétrole , rapport de la banque mondiale sur le site :

 https://www.banquemondiale.org/fr/region/mena/brief/coping-with-a-dual-shock-coronavirus-covid-19-and-oil-prices

[18]Boudedjakarima &all ,L’Aprés COVID-19 : Une Economieouverte et durableseule possibilité pour juguler l’impact de la pandémie, Les Cahiers du Cread -Vol. 36 – n° 03 – 2020 .

[19]Algérie : rapport de suivi de la situation économique (avril 2020), rapport de la banque mondiale sur le site :

www.banquemondiale.org › economic-update-april-2020

[20]Algérie : rapport de suivi de la situation économique (avril 2020), rapport de la banque mondiale ,opcit

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