Research studies

Représentation cartographique et analyse des potentialités touristiques de l’oriental marocain

 

Prepared by the researcher  

Zerouali Adnane. Professeur chercheur à la faculté polydisciplinaire de Nador

Zerouali Sanae. Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Oujda

Democratic Arabic Center

Journal of Strategic and Military Studies : Thirteenth Issue – December 2021

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arabic Center” Germany – Berlin.

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
 ISSN  2626-093X
Journal of Strategic and Military Studies

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Résumé

La région de l’oriental constitue un ensemble de sous-espaces hétérogènes, individualisés chacun par des traits caractéristiques ou des problèmes prédominants, sur lesquels les concurrences pour l’espace et les ressources sont très diversifiées. Du nord au sud, l’espace régional est changeant du fait de la topographie, du climat, des usages du territoire et des potentialités patrimoniales.

Ce changement spatial, constitue un facteur de complémentarité, qui allie le tourisme balnéaire du nord, au tourisme steppique et oasien au sud, tout en passant par des zones de tourisme rural montagnard. Ainsi, la variété des patrimoines naturels et culturels doit constituer un certain particularisme de notre zone d’étude. Malheureusement, toutes ces richesses ne sont pas encore prises en compte, d’une manière cohérente pour émerger toutes les potentialités et déclencher un développement régional. Chose, qui ne peut se concrétiser qu’à travers une politique du markéting territorial des produits de la région, et par le déploiement de tous les efforts d’une manière participative et innovante.

Introduction

Le Maroc oriental dispose d’importants atouts naturels et d’un patrimoine culturel riche et diversifié, leur permettant de se développer, à condition de la mise en place d’une stratégie de développement visant la valorisation de ses potentialités touristiques. En plus, cette région est caractérisée par la diversité des types de tourisme complémentaires (mer, montagnes, désert, oasis, sources thermiques…), ce qui donne à cette région une identité Méditerranéenne et Saharienne en même temps.

La région de l’oriental recèle d’importantes potentialités touristiques, malheureusement, le tourisme balnéaire est le plus pratiqué par rapport aux autres types de tourisme. Nous assistons donc, à un certain divorce entre le patrimoine touristique rural et la pratique du tourisme (problématique), d’où la nécessité de l’élaboration d’une stratégie du marketing territorial, tout en favorisant l’accès du touriste aux sites touristiques les plus reculés et aux produits de terroir les plus recherchés.

Dans cet article, nous essayerons de diagnostiquer tous les atouts et potentialités touristiques des différents espaces composant l’oriental, tout en essayant de les mettre en relation avec le type de tourisme, qui peut être pratiqué. La représentation cartographique des potentialités patrimoniales nous permettra de mettre en relief la capacité de l’oriental à attirer les touristes et intégrer cette région sur la carte touristique du Maroc.

Tous ces patrimoines seront analysés pour déterminer leurs capacités à mettre en valeur les sites patrimoniaux, et par conséquent, créer des richesses pour un développement local. Cette valorisation ne peut se concrétiser qu’à travers une diffusion plus large de la connaissance des potentialités patrimoniales et une politique du markéting territorial des produits de la région.

  1. Potentialités touristiques de la Région de l’oriental

Aujourd’hui, le développement du secteur touristique ne s’appuie plus uniquement sur le balnéaire ou la visite des villes impériales et des monuments du passé, mais aussi sur les atouts naturels qu’un espace peut offrir, comme les paysages somptueux, la flore et la faune variée, ainsi que sur tout ce qui est en relation avec la société (cultures, traditions, savoir-faire…etc). Ceci nous amène à dire, que l’évolution de ce secteur repose sur la multiplication des destinations et sur la diversité des sites, que nécessite le nouveau tourisme centré sur la nature et la culture.

Pour que le potentiel touristique soit en mesure de participer au décollage économique et social, il faut valoriser tous les sites touristiques d’intérêt biologique, écologique ou archéologique, ainsi que tout le patrimoine matériel et immatériel dont dispose la région de l’oriental, pour en faire une destination phare de diverses cibles.

1.1. Tourisme balnéaire

Le littoral méditerranéen de la région de L’oriental, qui s’étend de la frontière Algéro-marocaine à l’est, jusqu’à la frontière administrative des deux provinces Driouch/Alhocima à l’ouest, est l’un des plus beaux de la rive méditerranéenne avec des plages séduisantes. Il longe un environnement naturel, attractif et diversifié. Parmi les diverses plages, on peut citer ; Saidia, Cap de l’eau, Arekmane, Atalayoune, Tcharrana, Cara Blanca, Sidi Hssain, Tibouda, El Kallat …

Photo : 1- Plage de Saidia Photo : 2- Plage de KariatArekman
Photo : 3 Plage Tcharrana Photo : 4 Plage Cara Blanca

1.2. Tourisme de montagne

La région de l’oriental est caractérisée par ses montagnes qui peuvent dynamiser le tourisme rural comme activité complémentaire aux activités traditionnelles qui sont l’agriculture et l’artisanat, et qui ne sont plus en mesure de créer de la richesse, pour un développement local durable. Ces montagnes regroupent des atouts qu’il faut mettre au service du tourisme leur permettant ainsi de constituer un moteur de développement régional.

Parmi ces montagnes, on peut citer :

Le massif de Gourougou qui est le plus important massif volcanique du Maroc oriental, caractérisé par des falaises surplombant les villes de Nador, Zghenghen, Aroui, Béni-Nsar et Melilla, et dominant de larges dépressions plus ou moins planes, ouvertes sur la Méditerranée (plaine de Bouareg). Le paysage dominant dans ce massif, est celui des falaises hautes entrecoupées localement de vallées encaissées. Toutefois, il offre des paysages panoramiques de grandes envergures, ce qui en fait un espace récréatif et remarquablement attractif pour les visiteurs locaux, nationaux et étrangers. Grâce à son climat, plus ou moins humide et à son SIBE, Gourougou est riche par son capital foncier et son patrimoine faunistique et floristique. Il héberge des sites très visités par la population locale, ainsi que par les visiteurs, surtout pour les amoureux de randonnées.

Ce massif est caractérisé aussi par son système estuarien relativement étendu représenté par la baie de Bouareg, cernée entre le Cap des Trois Fourches et Cap de l’Eau, comprend la Sebkha de Bouareg, u système lagunaire séparé de la mer par un cordon dunaire bas et alimenté par un réseau hydrographique non hiérarchisé[1].

La diversité paysagère du massif et sa richesse en culture et en biodiversité, méritent l’aménagement de circuits de randonnées, à travers un itinéraire intégrant la vue panoramique de la lagune de Bouareg et celle du Cap des Trois Fourches, ce qui peut être une source d’enrichissement des commentaires touristiques et éducatifs nécessaires à l’encadrement des visites.

Fig. 1 – relief du Maroc oriental

Réalisation : les chercheurs

– Le massif des Bni-Znassen constitue l’ossature du relief du Maroc nord oriental et s’étire sur une longueur de 110 km et sur une largeur comprise entre 20 et 15 km. Il est profondément entaillé avec des flancs aux pentes fortes et aux gorges localement impressionnantes (gorges de Zegzel). Des altitudes qui peuvent dépasser les 1500 m (Ras Foughal : 1535 m) lui permettent de dominer les zones environnantes, à savoir la plaine de Triffa au nord qui fait partie de la basse vallée de la Moulouya et la plaine des Angad au sud appartenant au couloir Oujda-Taourirt à caractère aride. Avec ses gorges impressionnantes (Zegzel), son SIBE, ses grottes (Pigeons et chameau) et son patrimoine forestier de l’arganier (commune de Chouihiya), qui se répandait sur tout l’espace compris entre le massif des Bni-Znassen et la méditerranée, puisqu’on trouve encore quelques pieds à Kariat Arekmane[2]. Cette chaine bénéficie de nombreux paysages, qui peuvent être exploités pour le développement d’un écotourisme, qui constituera une activité génératrice de revenus et participera, par la suite, à l’amélioration du niveau de vie de la population locale. Ce massif est riche aussi par ses nombreux circuits touristiques englobant des sites culturels, des sites de produits de terroir qui, par leurs exploits, peuvent constituer des éléments attractifs pour les visiteurs locaux, nationaux et étrangers.

-Les monts Jerada sont caractérisés par une certaine dislocation, due à une série de failles engendrant une structure en touche de piano (succession de horsts et grabens). Cette structure, d’âge liasique et dogger, est connue par les gisements plombozincifères de Touissit, et est limitée au sud par le bassin houiller de Jérada[3]. En plus de ce patrimoine minier, cette chaine est caractérisée par la diversité des paysages et de son remarquable site touristique « Gueffait », aux sources à écoulement permanent, et qui peuvent faire de ce site une destination de choix.

La variété spatiale de l’oriental et l’individualisation des montagnes, dans cet espace allant de la mer au nord jusqu’au désert saharien au sud, donnent à cette région une certaine originalité caractérisée par des valeurs écologiques et biogéographiques très diversifiées. Cette variété offre aussi aux populations humaines, des ressources économiques considérables, dont l’exploitation est si ancienne que ces habitants ont développé un savoir-faire, des cultures de valeur patrimoniale inestimable, qui peuvent constituer un facteur attractif pour les visiteurs.

1.3. Tourisme culturel

La région de l’oriental renferme un nombre important de grottes à travers son espace. Ce patrimoine culturel est d’importance internationale comme la grotte des Pigeons (grotte de Tafoghalt), qui constitue un site archéologique, du fait qu’il a été occupé par l’homme depuis le néolithique. Parmi les autres grottes de la région, on peut citer la grotte du chameau (Bni-Znassen), la grotte d’Ifri n’Amar (Afsou), GharZebbouj à Guenfouda (Jerada) comme on peut le voir sur la figure suivante.

Fig. 2 : Quelques éléments du patrimoine culturel dans la région de l’oriental

Photo : 5 – la grotte des Pigeons Photo : 6 – la Grotte d’Ifri N’Amar

Pour les archéologues, la grotte des Pigeons est une véritable mine d’or témoignant de l’histoire de l’humanité. La grotte a été signalée pour la première fois en 1908, elle a livré 180 squelettes d’hommes préhistoriques et de nombreux outils lithiques variés.

Située dans la commune d’Afsou (Nador), la grotte d’Ifri N’Amar est l’endroit idéal pour les amateurs d’archéologie. Des vestiges de la civilisation atérienne (175.000 ans), y ont été découverts par des archéologues marocains et allemands.

La région abrite des monuments historiques, comme les Kasbahs, qui ont été construites en différentes périodes pour maintenir la paix et l’unification du pays, durant toutes les dynasties que le Maroc a connu. Parmi ces Kasbahs, on peut citer celle d’Oujda, de Laayoune, de Kerarma à Taourirt, de Mrada, Haddajia, Rchida, Taddert et M’soun dans la province de Guercif, d’où l’appellation de cet axe « la route des Kasbahs »[4]. D’autres monuments de ce genre se trouvent à Saidia (Kasbah Ajroud), à Taouima (Kasbah Selouane), sans oublier de citer les tours à Figuig (photo 9).

Photo : 7-Kasbah Krarm à Taourirt Photo : 8- Kasbah de M’soun Photo : 9- La tour millénaire multiformes à Figuig

1.4. Patrimoine hydraulique

Le patrimoine hydraulique est un autre atout qu’il faut prendre en considération dans toute stratégie de développement et de valorisation des ressources territoriales, surtout lorsqu’il s’agit du thermalisme. En fait, la région de l’oriental dispose d’un fort potentiel en matière de sources en eau chaude, qui diffèrent par leurs caractéristiques physico-chimiques (températures comprises entre 14° et 60°) et leur chimisme très variable d’une source à l’autre[5].

La répartition spatiale de ces ressources est cependant très inégale sur l’espace régional (fig. 2), dont la plus importante est celle de Fezouane (province de Berkane), dont le rayonnement est national.

Quant aux zones steppiques et oasiennes, l’utilisation de l’eau tient une place importante dans la société du fait de sa rareté. Ainsi, pour comprendre le partage complexe de l’eau dans ses régions désertiques, arides ou semi-arides, il faut avoir recours aux données historiques, archéologiques et ethnographiques pour pouvoir cerner les modes de mobilisation, de distribution et de partage adoptés, ainsi que les codes sociaux qui y sont attachés. En ce sens, Figuig constitue un exemple caractéristique, montrant les facultés d’adaptation de l’homme face aux fortes contraintes imposées par l’aridité du milieu physique et la rareté des terres, qui peuvent être mises en culture. En fait, tout le système hydraulique de l’oasis de Figuig, peut être considéré comme un patrimoine, qui nécessite des études particulières pour comprendre les rapports entre le système technique d’irrigation de Figuig et les types d’organisation sociale.

Le réseau hydraulique de l’oasis de Figuig est un bon exemple des transformations imposées par l’homme à son environnement, en réponse aux contraintes d’un milieu aride hostile. La répartition de l’eau est assurée par un réseau complexe, alimenté par des galeries drainantes et des sources, et constitué de multiples séguias et bassins de stockage et de régulation[6].

Fig. 2 : Réseau hydrographique et sources thermales dans la région de l’oriental

Réalisation : les chercheurs

  1. infrastructures touristiques et Impacts du tourisme

Essentiellement montagneux, le massif des Bni-Znassen, malgré ses potentialités touristiques, ne peut connaître un développement de l’activité touristique sans de meilleurs moyens de communications et d’infrastructure d’accueil. Depuis longtemps, cet espace est resté enclavé, et son aménagement routier a souffert d’un grand retard, et par conséquent, il n’a pas encouragé les gens à se déplacer. Aujourd’hui, les choses ont changé, mais les infrastructures d’accueil souffrent d’un retard accusé.

2.1. Infrastructures base et d’accueil

L’attention prêtée à la région de l’oriental par le Roi Mohammed VI et le gouvernement marocain, depuis le début de ce siècle, a prôné cet espace d’une nouvelle stratégie de développement reposant sur une démarche globale et intégrée, comprenant l’approche de désenclavement et d’équipement en infrastructures de base. Ainsi, bénéficiant d’un nouveau contexte économique et politique, la région s’est trouvée ouverte sur l’intérieur du pays comme sur l’extérieur, par la mise en place d’infrastructures stratégiques et de qualité (autoroute, rocade Méditerranéenne Tanger-Saïdia, dédoublement des plusieurs axes routiers, 3 aéroports, 2 ports de grandes envergures).

Ce développement de l’oriental a créé certainement une grande dynamique spatio-économique, caractérisée par l’implantation des pôles de compétences et de compétitivité (technopole, pôle maritimo-industriel, pôle agro-industriel, pôle d’attraction touristique, pôle logistique et agro-pastoral, pôles éco-touristique oasien et de développement participatif et pôle de développement d’énergies alternatives). La promotion de ces secteurs socio-économiques est le fruit d’une vision dynamique, concrétisée par une stratégie de développement intégré et durable, et par conséquent, elle a permis à la région de renforcer son attractivité et de devenir plus compétitive.

Pour profiter de cette infrastructure d’encadrement territorial et de ces pôles de compétences, le tourisme se présente comme principal levier de croissance et de valorisation des ressources régionales dans le domaine de l’activité touristique. C’est dans ce sens, que se sont lancés les projets ambitieux de « MediterraneaSaïdia », et « Marchica », méga projet lancé en 2010 autour de la lagune de Nador, et qui est encore en cours de réalisation (7 sites sur 4000 ha).

Le développement d’un véritable complexe touristique autour de la station de Saïdia avec des ramifications (pôle touristique autour de Saïdia et du tourisme «d’arrière-pays » à Figuig, à Bouarfa, à Tafoghalt, à Zegzel, à Jerada, tourisme culturel, tourisme de montagne, tourisme rural, etc.), et celui de « Marchica », qui s’appuiera sur le développement rural du gourougou, constituera, sans aucun doute, un levier pour la relance de l’activité touristique. Il permettra par la suite à la région de devenir progressivement une grande porte du Maroc sur les pays de l’est et de l’Europe Méditerranéenne.

Cette stratégie a permis aux infrastructures d’accueil (offre d’hébergement) de connaitre un développement en matière d’hôtels classés et non classés, qui permettent à toutes les catégories touristiques de s’héberger avec une grande disparité spatiale, puisque la préfecture d’Oujda-Angad détient à elle seule 39.6 % des établissements classés dans la région de l’oriental.

Quant à la capacité litière, elle aussi a enregistré une bonne croissance puisqu’elle a atteint 11.266 lits en 2017 soit une progression de plus de 320 % par rapport à 2008 (fig. 3). Toutefois, elle n’a pas atteint la taille suffisante pour booster le PIB régional (21.000 lits). Ceci nous permet de dire que l’activité touristique ne bénéficie pas encore à la population locale puisqu’elle n’est pas arrivée à assurer les 48.000 emplois directs et 40.000 indirects prévus lors du lancement du plan Azur.

Fig. 3. Evolution de la capacité litière (2008/2017)    Fig. 4. Capacité litière par province en 2017

Source : Haut-Commissariat au Plan (2008 et 2017) Annuaire Statistique du Maroc. P. 233. 237.

2.2. Impacts économiques du tourisme dans la région de l’oriental

Du point de vue économique, nous n’avons pas des statistiques officielles, qui nous permettent d’évaluer l’impact du tourisme sur l’économie de la région, mais notre connaissance de terrain nous a aidée à faire un constat plus ou moins réel. Le Maroc oriental a bénéficié de la vision 2010 et de celle de 2020 puisque le secteur s’est doté d’une stratégie ambitieuse, qui a donné une certaine dynamique en attirant des touristes de l’intérieur du pays et de l’étranger. Quoique, l’attractivité de l’offre touristique demeure toujours limitée, malgré les efforts déployés pour la relance de cette activité, du fait que le tourisme est resté concentré sur le littoral, alors que le reste de la région « l’arrière-pays », est non intégré dans les circuits touristiques, malgré ses multiples atouts et ses sites, qui sont inexploités, et qui nécessitent l’engagement de tous les intervenants pour diversifier l’offre touristique.

Ceci nécessite la mise en place, des plans d’action pour la valorisation de toutes les potentialités touristiques dans le monde rural, et définir une typologie du tourisme construite autour d’axes porteurs de connaissances et d’innovation, pour chaque lieu ou chaque province. La mise en relief de ces potentialités et leur valorisation, ne peut se faire qu’à travers la définition des sites touristiques, qui sont bien répartis dans l’espace oriental. Ainsi, on peut développer le tourisme de montagne (faune, flore, spéléologie…), le tourisme agricole (exploitation des produits de terroir), le tourisme de santé autour des sources thermales (Ben Kachour, Fezouane, Sidi Chafi, El Hammamat…), et le tourisme culturel très diversifié et très riche, et qui méritent d’être exploré (kasbahs, grottes, folklore, cultures…).

De cette manière, on peut développer tout l’arrière-pays du littoral, d’où l’intégration des différents sous-espaces touristiques, ce qui donnera l’occasion à une large portion de la population rurale de bénéficier de cette activité, dont les retombées étaient accaparées par la population côtière. Le développement du tourisme rural, diminuera la problématique de la saisonnalité de l’activité touristique régionale et permettra aux paysans de valoriser leurs produits de terroirs, et par conséquent, diversifiera les activités génératrices de revenus et améliorera leurs conditions de vie.

2.3. Impacts sociaux du tourisme dans la région de l’oriental

Sur le plan spatial, l’apport du tourisme est très frappant du côté positif comme du côté négatif. Pour Saidia, le tourisme avait enregistré un développement considérable du bâti, qui a envahi tout l’espace compris entre les monts Ouled Mansour au sud et la mer au nord.

Photo : 8 – développement du bâti à Saidia

Cette croissance et ce développement de l’espace bâti à Saidia, s’est fait certainement sur le compte de l’environnement, qui a perdu beaucoup son originalité (dégradation de son environnement naturel). Le couvert végétal a été remplacé par des constructions en béton (immeubles, maisons individuelles, cafés, restaurants…), d’où la disparition totale des dunes consolidées, ce qui risque de fragiliser la ligne du littoral.

De l’autre côté, les plans d’aménagement qui ont concerné la « marchica », ont été très bénéfiques sur le plan environnemental, puisqu’ils ont transformé un espace qui a tant souffert de plusieurs maux, dont les principaux sont la pollution, le manque d’infrastructures, en un espace structuré touristique, qui érige le site de la lagune en un pôle touristique de grande renommée, surtout après l’achèvement des projets en cours.

Quant aux impacts sociaux, il est difficile de séparer les aspects économiques des aspects sociaux, qui sont souvent liés. Pour cette raison, mesurer l’impact social du tourisme n’est possible que dans une vue d’ensemble. Toutefois l’influence positive du tourisme sur la société est multiple, on peut la constater sur l’emploi en tenant compte du nombre d’infrastructure d’accueil (53 établissements classés). Toutefois, le développement de l’activité touristique génère un état de dynamisme et de prospérité, dont tout le monde peut en profiter. La mise en tourisme des espaces ruraux, est un atout pour la population locale, qui bénéficie des infrastructures bien développées, et qui sont nécessaires pour le tourisme. Pour les agriculteurs, c’est une occasion pour garder et entretenir leurs exploitations, de contribuer au maintien des paysages naturels et culturels et créer des emplois saisonniers, qui génèrent un revenu complémentaire.

Conclusion 

Compte tenu de l’importance du tourisme en termes de création d’emplois et de poids économique, le développement de l’activité touristique nécessite la mise en marche de plusieurs programmes et projets viables et commercialisables, pour relancer la dynamique touristique dans cet espace aux multiples atouts non encore valorisés. Cette perception, une fois accomplie, soutiendra les projets générant la création d’emplois et de la valeur ajoutée, la valorisation des richesses régionales, la complémentarité entre le littoral et son arrière-pays, et par conséquent, prolonger la durée de séjour des touristes (résolution de la problématique de saisonnalité).

La problématique du tourisme dans l’oriental, ne réside pas dans le manque de potentialités, mais dans leur mise en valeur de ses richesses, via la mise en place d’une stratégie ou d’un plan touristique cohérent, opérationnel et adapté au contexte régional, afin d’en faire un levier de développement économique et social. Pour ce faire, il faut rendre cette région une destination visible à l’échelle nationale et internationale, à travers la mise en cohérence de tous les sous-espaces, pour diversifier l’offre touristique et établir une vraie relation, entre les potentialités touristiques et le tourisme, caractérisée aujourd’hui par sa faiblesse.

Bibliographie

  • Dakki M. Diagnostic pour l’aménagement des zones humides du nord-est du Maroc : 5. JbelGourougou. Rapport définitif. 2003
  • Haut-Commissariat au Plan. Annuaire Statistique du Maroc 2008 et 2017
  • Ministère de l’énergie, des mines de l’eau et de l’environnement. Le secteur des mines dans la région de l’oriental,p. 3. In www.oriental.ma/upload/MoDUle_1/File_1_95.pdf. 2008
  • Observatoire du tourisme. , Annuaire Statistique du Tourisme. Panorama des Performances Touristiques au titre de l’année 2015
  • Zerouali Ad. Tourisme, patrimoine et développement territorial du massif des Bni-Znassen. Master :   tourisme   et   Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Oujda. 2017.
  • Zerouali S. 2018. La route des kasbahs entre dégradation et espoir de développement. Mémoire de Master. Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Oujda
  • Zerouali Ad., Bouberria A.et Hammimi A., SIG et valorisation du patrimoine naturel du massif des Bni-Znassen (Maroc oriental). Revue Espace Géographique et Société Marocaine, N°. 27, pp. 259-265. 2019.
  • Zerouali Ad. Atouts et potentialités touristiques à Figuig. (Livre commun sur les changements climatiques et mutations spatiales ; état des lieux et perspectives). Publication de la Faculté des Lettres d’Oujda, pp. 96-102. Imprimerie : Houdayfa. Oujda. 2019

[1] – Dakki M. Diagnostic pour l’aménagement des zones humides du nord-est du Maroc : 5. JbelGourougou Rapport définitif, p.2. 2003,

[2] – Zerouali Ad., Tourisme et patrimoine dans le massif des Bni-Znassen. Mémoire de Master. (Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Oujda), p. 48. 2017.

[3] – Ministère de l’énergie, des mines de l’eau et de l’environnement, le secteur des mines dans la région de l’oriental. P. 3. In www.oriental.ma/upload/MoDUle_1/File_1_95.pdf. 2008.

[4] – Zerouali Sanae. La route des kasbahs entre dégradation et espoir de développement. Mémoire de Master. Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Oujda 2018

[5] – Zerouali Ad., Bouberria A.et Hammimai A. SIG et valorisation du patrimoine naturel du massif des Bni-Znassen (Maroc oriental). Revue Espace Géographique et Société Marocaine, N°. 27, p. 264-263. 2019

[6] – Zerouali Ad. 2019. Atouts et potentialités touristiques à Figuig. (Livre commun sur les changements climatiques et mutations spatiales ; état des lieux et perspectives), p. 99

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